le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

26 septembre 2016

Lucarne atelier bric à book numéro 37

chateau

© Leiloona Bric à Book

Il la contemplait de toute sa hauteur, c’est ce qu’elle voyait avachie sur le sol. Roulée en boule après la pluie de claques qui lui était tombée dessus et les mots qui l’avaient transpercé. Ce déferlement de violence  si soudain qui lui était tombé dessus tout à l’heure.

Pourtant, elle n’avait rien vu venir, la journée se déroulait normalement, avec la légère fatigue de fin de semaine. Mais le samedi était ensoleillé, ils allaient partir faire les courses et là tout s’était détraqué.

Pour un détail, un infini détail, elle n’avait pas rangé les clefs à la bonne place, elles étaient restées sur la desserte et pas dans coupelle pour les clefs. Après les insultes d’usage d’un coup, son regard était devenu glacial et la main avait jaillit comme ça subitement. Elle s’était pris les pieds dans la table basse et s’était retrouvée au sol.

Le choc, la douleur cuisante et la paralysie, elle n’avait pas su quoi dire sur le coup et il était parti en claquant la porte. Le moteur avait vrombit et puis plus rien le silence.

Elle qui s’était toujours dit que jamais elle ne se laisserait marcher dessus, n’avait pas réagi. Rien, elle avait l’impression de n’être plus qu’une poupée de chiffon honteuse, abandonnée là dans l’entrée par un gamin capricieux.

Son cerveau s’était remis à fonctionner, elle avait revu tous les petits signes avant coureur qu’elle avait feint d’ignorer, les remarques soi disant drôles, la manie de toujours  la rabaisser, le fait que ça n’allait jamais. Puis les cadeaux, excuses pour se faire pardonner et ça avait marché. Mais là, c’était bien plus qu’une petite remarque blessante, il l’avait frappé. Certes, ce n’était qu’une gifle mais ce n’était que des clefs ça serait quoi la prochaine étape?

D’un coup, elle se remit en mouvement, marcha en direction la chambre, pris la valise, vida à la hâte quelques tiroirs. Il fallait qu’elle parte maintenant, vite, sans quoi elle allait encore se faire avoir, se dire que c’était de sa faute. Qu’elle ne le méritait pas, qu’il avait sans doute raison de la trouver désorganisée, maladroite, imbécile. Comment en était elle arrivée là  à se laisser marcher dessus comme ça sans réagir ? Elle avait pourtant un travail, des amis, et peu à peu elle s’était laissé effacer. Parce que ses amis n’étaient pas assez bien, parce qu’ils étaient trop ceci ou pas assez cela. Par contre, il fallait toujours recevoir les siens et ne rien dire être une jolie poupée parfaite pour recevoir.

Après un passage éclair dans la salle de bain, elle récupéra son sac dans l’entrée, les clefs étaient toujours là sur le meuble. Qu’importe qu’ils les gardent, elle claqua la porte derrière elle et monta en voiture. Elle laissa défiler les km sans but d’un coup elle aperçut un petit hôtel. Elle se gara et s’aventura vers l’accueil, éclairé par une lucarne qui laissait filtrer la lumière.

Une petite  lucarne comme une lueur d’espoir, éclairant le comptoir et laissant dans l’ombre la pierre. La fraicheur la fit frissonner, une jeune personne s’approcha du comptoir, au même moment elle sentit son téléphone vibrer.

C’était sans doute lui qui l’appelait, elle ne répondit pas et se tourna vers l’hôtesse bien décidé à rester pour cette nuit à l’abri dans cet endroit.

©eirenamg

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :


23 septembre 2016

Face sombre de la nature humaine: le magistral la mésange et l'ogresse d'Harold Cobert

20160923_114954

Harold Cobert est un auteur dont j’apprécie particulièrement l’univers (si vous suivez le blog vous avez dû vous en rendre compte). Quand j’ai su qu’il allait sortir un nouveau livre j’étais contente, quand j’ai vu le sujet je me suis dit mince les faits divers même « fictionnés »ne sont pas mon genre littéraire de prédilection. Et j’avais tort car j’ai apprécié ce livre. Je dois dire que j’ai été bluffé par l’écriture de l’auteur, ce livre est très différent de ses précédents romans.

J’ai trouvé l’écriture particulièrement dense, ciselé avec un phrasé particulier notamment dans la tête de Monique Fourniret. Avec ses longues phrases cadencées par ses virgules, à l’inverse ses silences, hésitations, des premiers interrogatoires magnifiées par les points de suspensions.

La construction en monologue est brillante, on alterne, la plongée dans la tête étrange de la mésange qui nous parle aussi bien du quotidien, de son passé que des horreurs qu’elle a fait avec Fourniret. Son vocabulaire est froid, précis comme si elle nous parlait du temps qu’il fait. Puis, on suit les pas de l’inspecteur Jacques qui s’interroge sur cette femme est elle un bourreau ou une victime ? Est-elle encore un être humain qu’on peut comprendre ou juste un monstre ? Et heureusement qu’il est là pour retrouver un point de vue plus humaniste. On suit les ravages qu’opèrent peu à peu cette enquête sur son quotidien, sa vie privée comme sur celles des autres enquêteurs.

Le livre nous interroge sur la perversité, comme un cliché surexposé et expose la partie la plus tortueuse et malade de l’âme humaine. Sans voyeurisme ni côté glauque, avec un style sobre et efficace l’auteur ne juge pas mais nous donne à voir d’une manière quasi chirurgicale cette affaire.

L’affrontement psychologique entre les deux protagonistes, les évocations des différents crimes et agressions sont intéressants. On a l’impression d’assister aux interrogatoires. Peu à peu et c’est la réussite de l’auteur, on oublie la véracité des faits pour se plonger dans ce récit dont on ne peut se sortir. Au fil des pages, on essaye d’appréhender à défaut de comprendre cette femme, cette mère de famille qui est capable de livres des MSP (abréviation horrible que vous comprendrez en lisant le livre) à son homme. J’ai apprécié la manière dont l’auteur réussit à nous embarquer, en faisant de ce fait divers un vrai objet littéraire. Le travail sur la langue, le rythme soutenue, cette course contre la montre pour trouver des preuves sont une réussite. Il réussit à garder une cohérence en alternant les points de vue, il n'y a pas un mot de trop ou à enlever de ce roman.

J’avais apprécié les précédents livres de l’auteur mais là il m’a surprise car réussir à m’embarquer dans la tête d’un personnage que je n’apprécie pas, sur des faits divers que je ne suis jamais chapeau bas. Dépassé le simple questionnement simpliste et manichéen pour s’interroger sur la nature humaine ça c’est le signe d’un excellent roman. En résumé, j’ai énormément apprécié ce roman comme vous l’aurez compris.

Donc allez chez le libraire le plus proche et lisez-le !

PS : même si le sujet vous fait un peu peur, faites moi confiance, je vous assure plongez vous dans ce livre vous ne le regretterez pas.

Posté par eirenamg à 12:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 septembre 2016

Le pouvoir des mots atelier bric à book numéro 36

28804058933_f0ccb9e7fc_b© Romaric Cazaux

Il avait décidé de passer par le parc pour rentrer chez lui, histoire de se dégourdir les jambes et surtout d’évacuer la tension du boulot. Ce petit trajet quotidien d’une dizaine de minutes lui permettait de couper, faire une césure entre le boulot et la maison. Prendre un peu de temps pour lui, avant d’entamer sa deuxième journée et d’aller chercher les enfants. Il savourait ses instants tranquilles, en profiter pour observer autour de lui et c’est là qu’il les aperçut.

Scène surréaliste, un couple, assis tranquillement dans une chaise longue le nez vissé sur leurs téléphones portables, étranger, en dehors de cette journée d’été. Quelle idée de se déplacer, de se poser et de ne pas se parler. Dans quel monde vivons nous toujours plus présent dans la réalité virtuelle, à scruter, réagir à la seconde pour n’importe quelle émission ou à la moindre photo et incapable de se poser tranquille à l’extérieur. Triste époque où on préfère être seul même à 2 ; où le téléphone devient notre doudou, où on est complètement paumé, affolé quand il ne sonne pas ou si on ne met pas tout de suite la main dessus.

Comment en quelques années avons-nous pu devenir aussi dépendants de cette petite chose? Quand il était plus jeune, il avait lutté de toutes ses forces pour ne pas avoir un téléphone portable. Il n‘avait pas envie que ses parents le saoulent pour lui demander pourquoi il n’était pas encore rentré où il était. Maintenant dès le début du primaire des gosses se promènent avec, bizarre. Comme quoi on aime bien avoir des fils à la patte et s’auto-abrutir.

Mais bon, il fallait qu’il soit honnête lui aussi se laisser contaminer peut à peu par instagram, le réflexe de prendre une photo et de la partager. Il fallait vraiment qu’il se surveille s’il ne voulait pas devenir comme ce couple avec leur solitude à 2. Qu’y avait il de si intéressant sur ce petit écran lumineux qui les empêchait de parler, de se regarder, de s’écouter.

A la limite, ils auraient été plongé dans un livre il aurait compris mais là. Sa femme aurait encore dit qu’il était vieille France en quoi lire qui était aussi une activité solitaire était elle meilleure que consulter son fil twitter ?

Il avait du mal à lui faire comprendre que non la lecture d’un livre n’avait rien à voir avec la consommation passive d’infos en ligne ou les conversations rapides en mp.  Le fait d’évoluer à travers les pages, de découvrir d’autres univers, pays, mentalités faisaient qu’on en ressortait grandit, bouleversé, agacé mais forcément changé. On ne grandissait pas en regardant des vidéos débiles de chat ou des hashtags surréalistes du genre on hait le lundi.

Alors qu’un livre parfois ça pouvait changer votre vie, il se rappelait de ce livre qu’il avait acheté un peu par hasard pour sa couverture verte.

Ca n’allait pas fort à l’époque, même plutôt mal, il cumulait comme on dit, ennui de santé, pression au boulot et il était en train de se refermer comme une huitre. Ses amis avaient essayé de l’inviter pour lui changer les idées, mais il n’arrivait pas à se détendre. Un soir alors qu’il faisait une énième insomnie, il s’était dit qu’au lieu de se retourner dans son lit, il ferait mieux de lire. Il avait attrapé ce livre et il avait commencé, au début tranquillement, puis peu à peu il avait tout oublié, le silence de l’appart, la journée pourrie du lendemain à venir.

Il avait compatie, rit, tremblé pour les personnages. Il s’était  retrouvé dans le personnage désabusé qui finalement décidait de continuer à vivre. Quand il avait relevé la tête, le réveil affichait 4h, dans 3 h le réveil allait sonner mais pour la 1ere fois depuis un moment il se sentait bien. Il avait dormi d’une traite ce jour là et avait décidé de se reprendre. Peut être que s’il n’avait pas ouvert ce livre, il se serait laissait couler ou aurait fait une connerie, mais grâce à cette lecture, ce livre en ouvrant une petite lucarne d’espoir même lointaine, lui avait permis de sortir la tête de l’eau. A partir de ce moment là, il se mit à lire tous les soirs, pour essayer d’embellir son quotidien.il avait remonté la pente et repris le contrôle de sa vie.

Comme quoi quelques mots couchés sur le papier pouvaient avoir une grande force. Sans s’en rendre compte ses pieds avaient pris la destination de la librairie. Il était en avance il avait largement le temps de demander conseil auprès de son libraire, et de prendre un nouveau livre  avant d’arriver à l’école.

©eirenamg

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

12 septembre 2016

Prendre de la hauteur atelier bric à book numéro 35

roue-concorde-atelier-231-1

© Leiloona

Une petite brise lui caressait la peau dans ce fauteuil perché, c’était si agréable de se mettre sur pause. D’expirer l’air lentement de ses poumons comme l’angoisse et la peur insidieuse tapie dans le fond de son cerveau.

 Instant propice avant le grand saut, juste quelques instants avant que la vitesse reprenne ses droits. D’habitude cet arrêt involontaire lui aurait fait automatiquement des palpitations, mais là pour une fois rien. Juste l’attente sans but, sans stress. Anormalement calme.

D’ici rien n’était pareil, les lumières prenaient un autre éclat, comme de minuscules lucioles, tout reprenait sa juste place. Rien n’était grave, les oublis, les erreurs. La course permanente pour alterner des moments de plaisir et le travail.  Prendre la juste mesure, arriver à un équilibre comme en ce moment suspendu. Finalement prendre de la hauteur, ça lui faisait du bien. Cela lui permettait de souffler un peu, de prioriser et de prendre son temps. De prendre cette distance qu'elle n'arrivait pas toujours au quotidien.

C’était un peu dingue aussi, d’avoir sur un coup de tête acheté ce billet pour pouvoir s’évader, crier tout son saoul et se libérer de la pression. Quand elle marchait de l’autre côte de la rue elle avait vue que la grande roue était toujours là place de la Concorde. Et elle s’était dit pourquoi pas ?

L’ascension avait été lente et bringuebalante et là une pause, elle savait ce qui allait suivre et savourer ce dernier instant immobile. Avant que le tourbillon ne reprenne.

Un dernier moment de grâce avant la reprise de la vitesse, du train train , des choix raisonnables.  Un petit coup de folie en ce dimanche soir pour ressentir à nouveau l’adrénaline dans ses veines dans cet abri multicolore. Un dernier tour de roue devant la ville endormie.

©eirenamg

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

08 septembre 2016

Enfermement religieux: Lucie ou la vocation de Maelle Guillaud 1er roman captivant

CVT_Lucie-Ou-la-Vocation_657

C’est un 1er roman sur un sujet qui m’étais totalement inconnu le parcours d’une femme qui souhaite devenir religieuse. On suit Lucie, brillante étudiante qui a fait Khâgne et hypokhagne mais qui ne se sent pas bien dans sa vie. Elle cherche un défi, une place dans la société et suite à des discussions avec une amie Mathilde, elle décidé de se consacrer à la religion. Sa mère et sa meilleure amie Juliette ne comprennent pas ce choix.

On suit les pensées, la vie quotidienne de novice puis de religieuse de Lucie, ses doutes, hésitations. La vie dans la congrégation est décrite sans concession, les coups bas, l’autoritarisme de la mère supérieure et le rôle ambigu du père Simon, le jésuite ami de son père. On s’interroge sur les rites, le côté sectaire de la foi. La narratrice se questionne sur le but de son existence, la difficulté de trouver sa place dans notre société moderne.

Le sujet est original et bien traité car comme dans une enquête on suit le cheminement de Lucie dont la vie hors du monde nous est décrite. On alterne son récit avec celui de sa meilleure amie et de sa mère qui à travers leurs visites espèrent qu’elle va rompre ses vœux.

La dureté de cette vie, le sentiment religieux de la narratrice, sa volonté de bien faire , d’honorer sa promesse sont disséqués. La vie quasi carcérale font qu’on ressent de l’empathie pour le personnage à défaut de comprendre ses choix . Sa vie en devient presque effrayante au fil des épreuves qu’elle traverse.

Le style de l’auteur est agréable, elle alterne pensées, références religieuses et montre à quel point Lucie garde des failles humaines. La dernière partie du roman devient plus sombre et on se demande quel sera son choix et la fin est étonnante. On tourne rapidement les pages pour savoir ce qui va lui arriver. Un bon premier roman et une auteur à découvrir.

Plongez dans l'univers de cette congrégation religieuse, vous ne le regretterez pas.

les 68

Posté par eirenamg à 10:33 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


06 septembre 2016

Gémélité diabolique Deux gouttes d'eau de Jacques Expert 1 polar à dévorer

20160906_115918

Un polar prenant, on suit l’équipe du commissaire Laforge et de son fidèle adjoint Brunet. Le  commissaire divisionnaire  irascible est tombé sur une affaire horrible. Une jeune femme est retrouvée décapitée Elodie, pourtant l’affaire semble rapidement se résoudre. Une vidéo identifie formellement le tueur et on retrouve l’arme du crime. Mais les choses se compliquent, le tueur a un frère jumeau qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, ils ont tous les deux une anomalie qui les privent d’empreinte et un ADN identique.Que faire? comment confondre Frank ou Antoine Deloye ?

L’originalité de ce polar est dans l’affrontement psychologique entre les suspects et les enquêteurs. Le divisionnaire bourru borderline qui ne veut pas se planter, son adjoint admiratif qui reste dans l’ombre et le jeune enquêteur Pauchon qui veut faire ses preuves. En parallèle à l’enquête et la garde à vue, on a l’histoire de ces jumeaux racontés par leurs parents à différents âges de leurs vies. Comment ceux ci s'interrogent sur la relation entre leurs fils.

Le suspense va crescendo et on ne peut lâcher l’intrigue comme les personnages, on essaye de deviner qui ment, d' être attentif aux contradictions, aux détails. Une vision noire de la gémellité et une réflexion qui s'opère sur la violence,la jalousie et les rapports familiaux.

Ce polar est une réussite alors lancez-vous sur les traces de l’assassin et découvrez avec quelle maestria Jacques Expert  mène son récit.

Posté par eirenamg à 12:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 septembre 2016

Deuxieme chance atelier bric à book numéro 34

une-photo-quelques-motsPhoto Julien Ribot

La vie était vraiment bizarre quand elle y pensait en regardant défiler le paysage. Se perdre de vue comme ça sur un malentendu et se retrouver par hasard. 8 ans sans nouvelles, sms, coup de téléphone et là savoir que dans quelques minutes on allait se revoir.

Est-ce qu’ils allaient réussir à reprendre le fil de leur amitié, reprendre là où ils l’avaient laissé?Ou n’allaient-ils pas avoir plus rien à se dire, être gêné, obligé de faire appel à de vieux souvenirs histoire de meubler les silences ?

Bon niveau souvenir en même temps, ils en avaient pas mal en stock s’étant fréquenté depuis les bancs de la maternelle jusqu’à leur 25 ans. Et après que dire comment résumer 8 ans ? En taillant dans le vif mais qu’est ce qui est le plus important, les épreuves ? Les joies, les désillusions ? Comment mettre en mots ces instants de vie, ces parcours éloignés ? Comment retendre le fil entre 2 passé ?

Allez ce n’était pas la peine de flipper, elle verrait bien après tout, elle trouverait bien un sujet de conversation. Ca y est le rer ralentit, c’est la station. Regarder à nouveau le sms pour mémoriser l’adresse. Descendre l’escalator à la fois impatiente et anxieuse.

Bon ah voilà ça doit être là, le portail est entrouvert, elle s’arrêta quelques instants. Chercha la sonnette du regard ; il n’y en avait point, il allait donc falloir pousser un peu plus loin.

Beaucoup plus tard dans la soirée, en refermant le portail du numéro 124, elle se dit que l’amitié c’était définitivement un sentiment magique. Elle n’avait pas vu le temps passer et pas eu l’impression que des années s’étaient écoulées. Les vannes étaient revenues, les souvenirs aussi, les nouvelles de la famille. Fluide, agréable sans jugement c’était si agréable de retrouver ce regard bienveillant que seul un ami d’enfance peut porter sur vous. Car il vous a connu à toutes les étapes importantes de votre vie.  En s’éloignant le sourire aux lèvres, elle se promit de ne plus laisser passer autant de temps avant leur prochaine discussion. Car les vrais amis sont tellement rares et la vie n’offre pas toujours une 2eme chance à l’amitié.

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

31 août 2016

Album photo nostalgique Maures de Sebastien Berlandis

20160824_174433

Maures est un joli roman comme un album photo ou les herbiers d’antan. Avec une écriture basée sur les sensations, le narrateur qui est l’auteur se remémore des morceaux d’enfance, d’adolescence. Ses 1er amours, les filles sur la plage ; ses grands parents, les repas familiaux.

Le camping  est aussi un personnage à part entière, les paysages ; les dangers et le temps qui passe,  la mort rôde en filigrane. Ces instants qu’ont garde en mémoire et qui font du bien malgré les disparitions que le narrateur égrène au fil de sa mémoire. On se surprend à tourner les pages et à repenser nous aussi à nos souvenirs. Le fil conducteur du récit est les impressions, les souvenirs, les personnes qui réapparaissent au fil de sa plume.

Un récit à la fois solaire et délicat, comme une collection d’instants qui se déroule sous nos yeux.

Un joli moment de lecture que je vous conseille qui vous replongera dans vos souvenirs d’enfance, de vacances à la fois avec nostalgie et plaisir.

Posté par eirenamg à 07:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 août 2016

le pouvoir des mots aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras

uras

Roman qui fait du bien, répare qui s’attache aux pas d’Alexandre, Alex bibliothérapeute, qu’est ce que c’est me direz vous ? Un thérapeute qui soigne en vous donnant des livres comme remèdes. Un bien beau métier mais il n’est pas de tout repos, comme on le voit à travers les aventures du personnage principal. Il n’est pas toujours payé, sa copine Mélanie l’a laissé tombée car il est véritablement obsédé par les livres. Il ne cesse de faire des analogies avec des auteurs et des livres à chaque moment de sa vie.

Cette histoire est touchante, on perçoit l’amour des livres à travers les nombreuses références littéraires et la fascination du personnage pour les mots. Lui qui soigne grâce à eux, semble enfermer dans sa solitude, ses problèmes d’argent. Narration qui alterne ses pensées, sa vie et son aide à ses patients. Une jolie réflexion sur la nature humaine, une belle analyse des grands lecteurs, de l’importance que la lecture peut avoir. La réflexion sur la famille, l’amour et le travail sont abordés avec ses patients et les péripéties de sa vie quotidienne.

Ses patients sont pour le moins atypique un jeune garçon défiguré Yann, un footballeur de haut niveau, un vendeur de montre de luxe. Cette galerie de personnages secondaires permet au lecteur de s’interroger sur la douleur, la vieillesse, le regard des autres. Drôle mais aussi touchant dans les émotions ressentis par le narrateur, les analogies entre les livres et les patients.  Les passages sur la librairie, les blogs, sur sa logeuse m’ont bien fait sourire. Surtout il donne envie de rouvrir des livres, de partager encore plus les auteurs et les livres qu’ont apprécie. Le pouvoir de l’imaginaire, sa capacité à nous faire avancer, à nous faire du bien est bien illustrée dans ce livre.

Un récit bien construit et original qui met en avant les pouvoir des mots sur les maux. Le style est enlevé, les citations et extraits bien choisis. J’ai apprécié les réflexions d’Alex, ses ballades sur les toits. Il m’a donné envie de découvrir ou de replonger dans certains textes donc merci pour ce beau moment de lecture. Idéal pour se sentir bien avant la rentrée.

PS : merci à Frédérique pour le conseil lecture.

Posté par eirenamg à 13:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Disparition: atelier bric à book numéro 33

la-fille-du-brouillard-donato-carrisi

Se sentir partir avec le courant, glisser, tranquille en écoutant les flots. Elle ressent chaque sensation avec acuité, de plus en plus légère au grès des minutes. Se laisser bercer comme ça c’était plutôt apaisant Oublier les tracas, les traces, la lourdeur, tout paraissant plus futile la tête dans l’eau et si loin. Même le bruit disparait dans un silence ouaté.

Fermer les yeux et attendre patiemment, le bon moment, pour se laisser aller. Finalement, rien n’avait plus d’importance comme ses colères, chagrins, déceptions lui paraissaient dérisoire maintenant. Comme si en s’éloignant de la rive, elle s’éloignait aussi du monde extérieur pour se recentrer sur elle-même. Apprendre à mieux s’écouter, à faire attention à ce qui ne parait plus important, ces petits riens comme la sensation de la chaleur à travers ses yeux clos.

Cette sensation d’apaisement de déconnexion si rare dans sa vie toujours en mouvement, en anticipation. Pas de sonnerie intempestive, de bruit de fond, personne pour lui parler ou la déranger. Il était encore tôt et elle avait l’impression d’avoir le monde pour elle seule. Cette sensation que tout est possible, qu’elle peut encore changer les choses, repartir en arrière, réécrire l’histoire. Sa respiration devient plus lente.

Ses pensées s’éteignent peu à peu au fur et à mesure qu’elle dérive ; pour ne devenir plus qu’un murmure. Elle n’a pas envie de se remettre en marche, de mettre ses muscles en mouvement. Allez encore quelques instants planants, hors du temps, d’écoute attentive.

Elle entend au loin, comme dans un mirage, le bourdonnement d’un avion, elle doit avoir une drôle d’allure vue du ciel, un petit point, une étoile de mer, un vague reflet dans l’eau, une tête qui surnage encore.

Elle a vraiment l’impression de faire partie d’un tout, au moment même où l’eau commence à la submerger, elle ne s’est jamais sentie aussi détendue.

 Ps:

Et voilà le retour de l'atelier d'écriture de Leiloona n'hésitez pas à aller lire les autres textes à cette adresse:

Ne cherchez plus la dévoreuse de livres, c'est moi. Chaque semaine, j'écris aussi. Sinon je suis museogeek.

Ne cherchez plus la dévoreuse de livres, c'est moi. Chaque semaine, j'écris aussi. Sinon je suis museogeek. Hyperactive, moi ?

http://www.bricabook.fr

 

 

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :