le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Dans l'intimité d'une famille au coeur de l'histoire: Par amour de Valérie Tong Cuong

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Lire un livre d’un auteur dont on apprécie l’univers est toujours un privilège, il y a un peu plus de 2 ans, j’ai eu la joie de découvrir un livre de Valérie Tong Cuong, un peu par hasard c’était l’atelier des miracles au cœur de l’été. J’avais aimé et retenu son nom, en janvier 2015, j’ai lu pardonnable impardonnable qui je pense est le livre que j’ai le plus offert depuis 2 ans, mes amis et ma famille peuvent l’attester. Ce livre m’a fait grandir et il est aussi le premier que j’ai pu lire après les attentats de Charlie Hebdo donc il est associé à une forte émotion humaine et littéraire.

Du coup,quand j’ai eu entre les mains par amour j’ai eu un peu peur au début et si je n’appréciais pas cette nouvelle histoire, si la magie n’opérait plus ?

Et puis, j’ai ouvert le livre et toutes mes craintes se sont envolées. J’ai adoré ce livre, de la première à la dernière ligne. Je n’ai jamais été aussi lente à la lecture car je ne voulais pas quitter son univers. Je suis un peu longue pour le préambule, car j’espère que vous me pardonnerez si je ne suis pas à la hauteur des mots de l’auteur, et d’employer autant de superlatifs. Je vais essayer d’être le plus juste possible sur mes émotions et les qualités littéraires de ce roman. Dès le départ, on peut savoir qu’on lit un grand livre et c’est ce qui se passe avec celui là. Pourquoi me direz-vous ?

Il y a des livres comme des rencontres, et celui là en est une, comme si l’histoire vous attendez et qu’elle était là pour vous cueillir. Par amour semble avoir été écrit pour le lecteur. La construction magistrale en chorale, une fois de plus maîtrisée par l’auteur donne de la force et un rythme puissant au récit. Une seule et même famille à plusieurs voix. On passe de cerveau en cerveau, d’âme en âme sans qu’il y ait aucune impression de lourdeur.

 Un couple Emelie et Joffre, fou amoureux, fusionnel et leurs 2 enfants : Jean boulimique de savoir et Lucie discrète et pleine de vie , ainsi que Muguette, la soeur cadette d’Emelie mère raide dingue de ses enfants, Joseph le rigolo et Marline la taiseuse. Les caractères bien dessinés les rendent très vivants.

Ces familles de havrais sont ballotées par la 2nde guerre et on les accompagne pendant plusieurs années. L’équilibre est parfait, il n’y a pas un personnage qui prend plus de place qu’un autre, chacun dans la cellule familiale a sa place. Des aînés aux plus jeunes, on suit les espoirs, peurs, sentiments de chacun d’eux. Les caractères sont différents, chacun a ses failles, ses angoisses, ses espoirs, ses choix, ses doutes. Ils en deviennent terriblement attachants. Une alchimie vraiment bluffante liée à cette construction particulière.

La qualité de la restitution historique à travers les évènements, les mentions des chansons de l’époque  font qu’on a vraiment l’impression de faire un voyage dans le temps. Ce n’est pas un roman historique mais plutôt une famille qui se retrouve au cœur de l’histoire et qui tente de continuer à vivre. Les recherches et la précision des détails  font que le lecteur à l’impression d’être comme eux au cœur de l’histoire.

On est captivé dès la première page par les atmosphères, à travers les descriptions réalistes ou poétiques .La puissance évocatrice des mots de l’auteur nous happent instantanément. On est projeté dans cette époque. Une mélodie à la fois grave et légère, toute une palette d’émotions nous accompagne au fil des mots.

J’ai vibré, été émue par les personnages et leurs aventures. Je me suis retrouvée dans chacun d’eux. Comme dans une fresque familiale, on s’attache à chaque membre et on espère pour eux, nous qui savons avant eux ce que l’histoire leur réserve, on a envie de les prévenir.

Le bouleversement dans leur vie quotidienne, la dureté de l’occupation, de la maladie sont bien retranscrites au fil des pages, sans mièvrerie ou pathos. Le supplément d’âme de ce livre est qu’il réussit vraiment à donner corps à cette famille, on a l’impression de les connaitre, on n’a pas envie de les laisser partir. Ils sont unis par les liens du sang, par cette histoire qui bouleverse, renverse les codes et la donne pour cette famille qui détruit et saccage leur quotidien.

Pour l’intrigue je ne vous en dirais pas plus car l’intérêt est que vous le lisiez !

Prenez un moment pour lire ce livre. Vous aurez l’impression comme moi, de glisser, d’être à l’aise dans les mots de l’auteur, de trouver votre place au cœur de ce récit et de ces pages. Je n’ai pas eu envie de quitter ce livre, j’avais envie de prolonger au maximum pour ne pas revenir à aujourd’hui, pas envie de savoir ce qu’on ferait nous à leur place mais par contre la tendresse, le lien , l’idéalisme, la capacité de résister aux épreuves ,on peut leur envier.

La précision, la délicatesse ; l’humanisme, l’intelligence, la bienveillance transpiraient dans cette histoire comme un beau chant d’amour à la famille à l’intime qui devient peu à peu universel. Et il m’a amené à me rappeler des souvenirs personnels liés à la guerre, à ma grand-mère, à cette histoire familiale dont finalement on est héritier sans le vouloir.  Cette capacité de l’auteur à nous plonger dans son univers tout en nous faisant par ricochet réfléchir à nous, à notre vie est étonnante.

Il y a un équilibre, une beauté, une fragilité, une profondeur dans ce texte qui se déploie, un livre à offrir, à partager, apprécier, à aimer. Donc n’hésitez pas, achetez ce livre, posez vous, respirez un grand coup ce vent d’amour et d’histoire. Lisez le !

 PS: n'hésitez pas à me laisser vos commentaires sur ce livre. Bonne lecture et pour vous convaince allez voir la chronique de Virginie ma compatriote de lecture 

" Par amour " de Valérie Tong Cuong - LES LECTURES DU MOUTON

J'ai été très heureuse de renouer avec Valérie Tong Cuong quand j'ai eu le livre entre mes mains. J'ai aussi un peu appréhendé la lecture, pas par peur d'être déçue - ce n'était même pas envisageable pour moi - mais parce que je savais qu'elle portait cette histoire en elle depuis longtemps.

http://www.leslecturesdumouton.com

 

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01 mars 2017

Hommage aux femmes du camps de Gurs les Indésirables de Diane Ducret

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Stupéfaite par ce roman et cette découverte de l’internement de ces femmes célibataires sans enfants étrangères au camp de Gurs dans les Pyrénées dont je n’avais jamais entendu parler. On partage l’amitié de 2 femmes  Eva et Lise toutes les 2 emportées par la folie de la 2nde guerre mondiale. Entre 1940 et 1942, on les suit de leur internement au Vélodrome d’Hiver à celui de Gurs.

Les descriptions, les conditions de vie déplorables, l’inhumanité et la déshumanisation sont bien retranscrites contre ces femmes coupables seulement d’exister. Mais au travers de cette noirceur  l’amitié entre Lise et Eva, de Suzanne la française amoureuse, d’Ernesto le bel espagnol apportent des lueurs d’humanité. La solidarité de ces femmes comme la folie des chansons de Suzanne, la force de Bianca montrent que même au cœur de l’horreur l’espoir luit. Eva et Lise vont veiller l’une sur l’autre, sur leurs secrets, leurs espoirs.  Elles vont même apporter de l’art, de la musique avec la création d’un cabaret : le cabaret bleu. A travers le chant, la musique, le théâtre avec Shakespeare exprimer leurs conditions et redevenir le temps de quelques spectacles humaines. L’évocation de la poésie d’Hanna Arendt sont très émouvantes, elle que je ne connaissais que comme historienne, l’évocation du songe d’une nuit d’été aussi.

On se retrouve dans ces destins de femmes, seules, abandonnées mais aussi guerrières, rieuses et finalement coquettes quand elles essayent de tenir tête à la folie en s’habillant une fois de manière hyper féminine à leur arrivée au camp.

La plume de l’auteur passe de la poésie de ces moments, de ces espoirs à la description de la sombre vérité : la difficulté de se nourrir, le froid, les rats, la boue. Les choix cornéliens à faire pour espérer, survivre. Très émue par cette lecture qui fait découvrir l’histoire de ces Indésirables, ces victimes méconnues de la guerre et de l’Occupation en France. Elle redonne une identité et une dignité  à ces êtres broyés par l’histoire. Une réflexion sur la femme qui doit être une mère, à celles qu’ont sauve parce qu’allemandes et les autres ? Sur l’amour des 2 côtés du camp entre les hommes et les femmes. Sur  la noblesse de certains comme l’infirmière, le commandant du camp qui se laissent attendrir et continuent d’être humain malgré les risques.

L’alternance du récit, des espoirs et des pensées des 2 jeunes femmes par leurs lettres donnent un magnifique écrin à ce livre témoignage qui même s’il est de fiction s’inspire de personnes et d’évènements bien réels.

Un devoir de mémoire on ne peut plus nécessaire dans nos temps de relativisme, de racisme décomplexé et de dangereux populistes.

A lire pour se sentir humain, à lire pour se souvenir, à lire pour retrouver un peu d’espoir, à lire pour redonner un nom, des visages à ces Indésirables qui loin de l’être nous font sentir définitivement humains. En laissant quelques larmes aux passages en refermant ces pages.

Lisez ce livre et rendez hommage à ces femmes anonymes de Gurs ; à ces Indésirables fauchées par l’Histoire.

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27 février 2017

Une femme libre Marguerite de Jacky Durand

 

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Marguerite est un premier roman émouvant, l’héroïne est une jeune femme amoureuse, jeune mariée pleine d’espoir en septembre 1939.  Mais la guerre va lui enlever son Pierre. Alors sa vie bien rangée d’épouse heureuse, au foyer, se retrouve confrontée à la solitude au quotidien, à l’absence. Seule Germaine la voisine, vieille dame qui l’observe comme une vigie et Raymonde la postière qui fait fie du qu'en-dira-t'on peuple sa vie. Raymonde dans laquelle Marguerite voit un modèle, son opposé une femme moderne et libre.

Le premier chapitre d’entrée nous capte en commençant par la fin du livre et le récit de la vie de Marguerite de 1939 à 44 la rend de plus en plus attachante pour comprendre ce début. Le récit par des descriptions à la fois simple et réaliste, une belle galerie de personnage secondaire comme André le jeune Gitan, le cheminot ami de son mari , Frantz l’officiel allemand donnent de l’épaisseur au récit. La vie de cette jeune femme qui peu à peu grandit, s’interroge sur sa place, l’amour, la vie et sur la guerre. Cette guerre honnie, ennemie qui fait du village des moutons.

Un portrait de femme à la fois moderne, fragile, terriblement troublant jusqu’à la dernière ligne. Un roman efficace qui nous fait voir la guerre au quotidien au travers de la vie del'héroiïne qui se poursuit comme une mécanique. Avec de belles rencontres mais aussi la mesquinerie et la violence des hommes et des femmes. Les questionnements moraux, le doute, la dureté de la vie sous l’Occupation sont au cœur des réflexions du personnage. Le récit est bien construit et met en valeur les personnages et la complexité de la période. Elle met en lumière aussi la vision de la femme à l’époque , une femme vue comme une épouse ou comme une proie quand elle est sans soutien. L’apprentissage de la liberté, de l’amitié sont aussi des bouffées d’oxygène dans un quotidien gris, sans pathos mais avec minutie, l’auteur tisse et déroule le destin de Marguerite.  Il n’épargne pas la lâcheté des hommes et  dépeint aussi les ombres de cette période.

Un portrait de femme vibrant lors de la 2nde guerre mondiale à découvrir d’urgence.

PS une belle lecture dans le cadre du prix orange

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Progrès atelier bric à book numéro 59

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© Fred Hedin

Le progrès !

 On nous bassinait avec le progrès, que notre époque était celle du progrès, que depuis des siècles la société avançait vers lui. Le progrès de quoi ?

Celui de ne plus être capable de se rappeler un numéro de téléphone tout ça parce que maintenant on l’enregistre direct dans son téléphone. Le progrès de pouvoir programmer sa machine à laver, de recevoir des mails à n’importe quelle heure et jour. Le progrès de l’onglet vu sur les réseaux sociaux qu’on ne peut même  pas dire qu’on a raté le message. Génial ! Le magnifique fil à la patte avec les téléphones, la géolocalisation qui n’est plus de la science fiction, la collecte de données publicitaires oui un grand pas pour l’humanité c’est clair !

Le GPS, invention du progrès, magnifique le GPS si on le suivait vraiment jusqu’au bout parfois on se retrouverait gentiment dans un mur, la mer, un no man’s land qui n’existait pas avec la petite voix qui nous dit :"nouveau calcul".

Enfin bref, avec les futures voitures intelligentes, les montres connectées etc. ils ne savaient plus quoi inventer comme gadget et tout ça au nom du sacro saint progrès.

Et pour le reste au fur et à mesure, les objets qui avaient été considérés comme vitaux, comme ici les machines à écrire,  les vieux téléviseurs, les radios cassettes remisés au grenier. Au rebut à ne plus savoir quoi en faire.

 Objets obsolètes ancienne image du progrès qui font doucement sourire comme quand on voit un ancien film. On se rappelle des téléphones fixes, des monstrueux ordinateurs et des minitels. Le minitel création française qui avait disparu définitivement il n’y a pas si longtemps et qui n’avait pas résisté à l’ogre internet. Internet des années 1990 où il fallait des heures parfois pour afficher une page, où on pouvait surfer sans payer, ça faisait très ancien combattant tout ça, vieux con limite mais c’était le cas. A l’époque elle n’aurait jamais pensé utiliser les réseaux sociaux en instantané, se guider avec son téléphone et être joignable tout le temps. Et dire qu’elle avait résisté jusqu’à ses 17 ans pour ne pas avoir de portable et que ses parents puissent la joindre  à n’importe quel moment. Maintenant dès le primaire les mômes se baladaient avec un téléphone et leurs querelles de bac à sable se transformaient en harcèlement virtuel un grand progrès.

Mais à côté de ça, à côté de tous ces objets à recycler, de ces obsolescences programmées pour nos derniers Smartphones ou télé. On n’était pas capable de choses toutes simples comme dire bonjour dans la rue, tenir une porte, laisser sa place dans les transports. Prendre des nouvelles de ses voisins, regarder les gens dans les yeux sans se sentir agresser, baisser le volume de sa musique, ne pas parler à tout bout de champ dans son téléphone. Pollution sonore quotidienne, incivilité érigée en loi dans les grandes villes et qui ne choquait quasiment plus personne. Mais on pouvait être alerté du résultat du foot en temps réel, jouer avec what’s ap et se faire une tête animale ou marcher pour chercher des créatures imaginaires donc tout allait bien. On pouvait inventer des vérités alternatives, ériger les excuses publiques comme remise à zéro de toute malhonnêteté politique, bel esprit critique lié à toute puissance de l’image, du matraquage, du buzz. Par contre utiliser les nouvelles technologies pour haïr, déverser son fiel, des horreurs sous couvert d’humour, de liberté d’expression  no problème. Est-ce vraiment un progrès de réduire sa pensée à 140 caractères et de suivre comme un mouton la mode?

Le côté humain, respectueux, honnête devenait une denrée rare, comme la bienveillance plutôt associée à la moquerie, la bêtise la naïveté, triste époque glacée et technologique qui n’entendait pas les signaux d’alarme de plus en plus perçant obsédée par son nombril, son petit confort et son téléphone.

Mais comme l’histoire est cyclique en regardant ces objets porteur d’espoir d’une époque, elle se demandait qu’est ce qu’il allait arriver après ? Vers quoi l’homme se dirigera après avoir fini de jouer avec ses gadgets quand il regardera  enfin la vérité en face ?

© eirenamg

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23 février 2017

Effet démultiplié jeux de miroirs E.O Chirovici

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Jeux de miroir est un roman d’ambiance plutôt noir. Sa construction est originale comme dans une poupée gigogne, on suit 3 protagonistes autour d’une même affaire de meurtre non résolue celle du professeur Wieder.

Au départ, on a la narration d’un personnage de ce fait divers Flynn étudiant dans les années 1980 fou amoureux de Laura Baines qui travaille pour un éminent psychologue Wieder. Dans la  1ere partie, on apprend à connaitre les protagonistes, l’ambiance estudiantine, les recherches sur la mémoire sont intéressantes à suivre. Le narrateur qui veut devenir écrivain et qui a fait parvenir une partie de son manuscrit à un agent littéraire Katz, 30 ans plus tard est touchant.  L’agent littéraire Peter Katz est le fil rouge de cette partie et il va tout faire pour avoir la suite du roman car celui-ci est incomplet.

La 2eme partie change de point de vue, un journaliste John Keller entre en scène, l’enquête, les interrogatoires et les jeux de piste pour dénicher les infos sont au cœur de cette partie. En parallèle, son histoire d’amour compliquée avec une star de la télé est évoquée, j’ai été moins convaincue par ce fil rouge . J’ai été un peu déçue par la fin de cette partie et l’évolution de ce personnage .

La 3eme est centrée autour d’un ancien flic Roy Freeman que cette histoire a miné pendant toute sa carrière, il veut définitivement connaitre le fin mot de l’histoire. Ses déboires, sa pugnacité en font un personnage attachant et intéressant. Plus qu’un polar c’est un tableau de l’Amérique, d’une société de faux semblants et d’interprétations qui nous est donné à voir. L’auteur par une multitude de détails sait créer une atmosphère, malgré une baisse de régime à la fin de la 2eme partie, le livre est agréable à lire. Un roman qui fonctionne mais qui n’est pas réellement un polar et n’est pas révolutionnaire mais dont j’ai apprécié l’atmosphère et les personnages.

Donc découvrez ces jeux autour de la vérité , du mensonge, de la mémoire pour découvrir ce qui se cache derrière l’affaire.

Merci aux Escales pour la découverte.

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20 février 2017

Evolution atelier bric à book numéro 58

gare ribot© Julien Ribot

Longtemps cette gare avait été un échappatoire, le seul lien qui la maintenait en interaction avec les autres. La course pour arriver à l’heure, composter, trouver sa place et enfin se poser une fois la valise rangée dans le compartiment. Ensuite, sortir le livre ou envoyer le sms d’usage pour dire qu’on était bien dans le train, l’heure d’arrivée. Visser les écouteurs dans ses oreilles et programmer la playlist pour 3h30 de voyage.

Des milliers de minutes, d’heures pendant 5 ans, 5 ans  de course, d’espoir, d’échappatoire de la région parisienne. 5 ans d’attente pour retrouver un chez soi, une vie normale, des amis, la famille et son home sweet home.

Et puis, un jour la mécanique se grippe ça commence insidieusement, la non envie de se dépêcher, le fait de retarder son départ, de partir plus tôt de province. D’être content de rentrer le soir et de ne plus avoir envie d’avoir un rythme de malade lors des congés. Et finalement cette gare qui était le lieu, la porte du paradis, de la déconnexion ,de l’oubli devient juste une gare. Un lieu de passage où comme là les gens vont et viennent sous ses yeux, se dépêchent d’aller reprendre leur vie ou de flâner en touriste à Paris.

Finalement,la solitude non souhaitée, non voulue devient une douce amie mais les proches restaient au loin ne comprennent pas. Quelle idée de vouloir rester dans le bruit, le stress au lieu de rentrer tranquillement à la campagne ? Comment expliquer que peu à peu on s’habitue à cette folie ambiante qui devient une partie de soi ?

C’est marrant la symbolique qu’on attache à un  lieu, les habitudes et les reflexes que l’on prend, ce lieu qui avait été à chaque fois le début d’un moment plus calme, pour se ressourcer devenant peu à peu mécanique et pénible.

Maintenant, quand elle se promenait tranquille comme aujourd’hui elle redécouvrait des détails que la fréquentation assidue de la gare de Lyon lui avait fait oublier, les lumières, la verrière qui donnait une autre dimension à l’espace.

Habituée à toujours courir ou regarder que le panneau d’affichage, elle ne faisait plus attention à ça avant. Là, elle avait le temps, de déambuler, de boire un café ou de craquer pour un livre au relais. Il n’arriverait que dans 50 min. Les choses s’étaient inversées, c’était lui qui faisait le trajet maintenant et plus elle, elle qui attendait tranquille dans un environnement familier.

Chaque vacances c’était un bonheur de le retrouver, finalement elle avait eu peur que les liens ne se distendent après la séparation avec son installation définitive en région parisienne. Mais à l’inverse, la distance les avaient rendu plus précieux, fragiles et surtout plus intense, la routine s’était estompée et une semaine de  vacances scolaires sur 2 elle était contente de retrouver la prunelle de ses yeux : son fils sur le quai de la gare.

© eirenamg

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18 février 2017

Conte majestueux Trois saisons d''orage de Cecile Coulon

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Ce livre vous emmène dans son univers dès les premiers chapitres, comme dans un conte on découvre cet endroit à part, sauvage : les Trois gueules. On y suit une famille sur plusieurs générations: André jeune médecin qui décide de s’installer là puis son fils Benedict, sa femme Agnès, la nouvelle génération sera celle de Bérangère et d’un jeune homme paysan Valère. Les personnages sont bien campés qu’ils soient principaux comme la famille ou secondaires comme le prêtre Clément, le maire Grégoire, la mère de Benedict Elise. Chacun a son caractère et sa partition à jouer au village, ce village de « fourmis blanches » des ouvriers des carrières de pierre qui ont fait la renommée du village et la fortune des entrepreneurs les Charrier. La demeure la Cabane est aussi un personnage à part entière où se noue le destin de la famille et indirectement du village les Fontaines.

Avec une écriture très imagée, quasi cinématographique l’auteur nous plonge dans ce monde entre 2 eaux, 2 époques au bord de la modernité et pourtant soumis à l’imprévisibilité de la montagne, de la nature. Les descriptions de la campagne, de la vie et de la transformation au fil des années de ce village est fascinante. L’opposition entre ce paradis perdu, cet Eden sauvage et la ville est bien retranscrite. L’avancée de la modernité, de la médecine est aussi au cœur du récit et de l’évolution des 2 patriarches André et Benedict. Sorte de tableau dont on voit évoluer la lumière, les contrastes, les envies avec les préoccupations des jeunes, les forces de caractère, les drames qui menacent la ville, la famille. L’auteur crée un suspense et on s’attache à ses personnages et à ce lieu. Comme dans un beau rêve, on n’a pas envie de quitter cet endroit, des sensations de solitude, de douleur mais aussi de joie, de communion avec la nature sont transmises au fil des lignes. Cet émerveillement face à la nature, cette poussière blanche, la manière dont l’auteur rend perceptible cet univers qui nous semble de plus en plus familier. Une histoire à la fois moderne, universelle et hors du temps comme un conte ancestral. J’ai été bluffé par la construction et la maîtrise de l’auteur, j’ai retrouvé mon émerveillement face à la nature à la pierre blanche (car étant auvergnate j’ai plutôt l’habitude de la pierre noire de Volvic).

Un très beau livre qu’on quitte à regret, des personnages qu’ont laisse dans ce décor majestueux, partez à la découverte des Trois gueules vous ne le regretterez pas. 

PS: ce livre a été une belle découverte dans le cadre du prix orange 2017.

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14 février 2017

Début de l'aventure prix Orange 2017 jury

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Voilà une nouvelle aventure commence dans un jury celui d’Orange grâce au site lecteurs.com. le prix Orange qu’est ce que c’est me direz vous ? c’est un prix qui met en valeur la littérature contemporaine avec un jury composé pour moitié de lecteurs et pour moitié de professionnel du livre ( auteurs, libraires). Le prix c’est donc de la lecture, des échanges avec d’autres jurés et une belle liste de finaliste présentée en mai.

J’ai postulé cette année sans trop y croire et finalement fin janvier heureuse surprise j’avais été sélectionné. 1ere émotion, joie puis rapidement début de pression lecture de combien d’ouvrages, comment défendre ses coups de cœurs ?

Deuxième bonheur recevoir carton de livres avec des auteurs et des univers variés, savoir que l’on pourra parler mots, émotions, constructions. Etre à la fois dans la sélection et le vote final participer au processus de A à Z.

Une expérience qui sera forcément à marquer d’une pierre blanche, en tout cas prête et à fond dans la découverte comme une gamine dans un magasin de bonbons devant la pal.

Régulièrement vous verrez fleurir des avis sur ces livres qui vont constituer une bonne part de mes articles sur le blog dans la rubrique dédiée au prix et sur le site lecteurs.com.

Donc au plaisir de vous raconter cette nouvelle expérience que je partage avec Benedicte donc vous retrouverez les avis  ici :

Entre les lignes

Peu avant Noël, j'ai envoyé, pour la troisième fois, ma lettre de candidature afin de tenter d'intégrer le jury de ce prix de lecteurs et de professionnels du livre. J'insiste sur cette troisième fois, car être pugnace (ou " tenace " selon Olivier Bourdeaut mardi 7 février 2017 à la médiathèque Mélanie de Pourtalès) est la meilleure chance pour que nos objectifs se réalisent.

https://lectures2benedicte.com

et ça tombe bien comme lecteurs c’est une communauté je vous invite à découvrir les autres jurés lecteurs dans l'article suivant:

Les lecteurs membres du jury du Prix Orange du Livre 2017

Sous la présidence d'Erik Orsenna, écrivain et membre de l'Académie française, le jury du Prix Orange du Livre est, comme chaque année, constitué d'auteurs, de libraires et de lecteurs. Le jury devra d'abord sélectionner 30 livres parmi les romans écrits en français et publiés entre le 1 er janvier et le 31 mars 2017, puis, lors d'une deuxième réunion, sélectionner 5 livres finalistes qui seront soumis au vote des internautes.

http://www.lecteurs.com

A bientôt 

 

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13 février 2017

Musique atelier bric à book numéro 57

 

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© Julien Ribot

 

Et donner à bouffer à des pigeons idiots, cet air qu’elle commençait à avoir en tête tout ça parce qu’elle venait de croiser un type qui donnait à manger à un cygne en plus. Son cerveau en ce moment c’était vraiment n’importe quoi. Il faisait toujours de drôles d’associations d’idées au moment les plus inopportuns. Parfois au lieu de formuler des pensées cohérentes, une chanson lui emplissait la tête en ce moment c’était zen restons zen et je ne veux pas travailler. Pourtant elle était i m so excited par les projets à venir au printemps et même temps au bord de la crise de nerfs et de je suis malade.

Décidemment même cette petite marche pour s’aérer la tête n’arrivait pas à lui remettre les neurones en place. Mais il fallait s’y attendre à chaque décision c’était la même galère que ça soit un choix important ou non. Son cerveau se cabrait, il était pourtant très opérationnel pour le boulot mais bon pour des choses aussi futiles que les fringues, le choix des vacances, pour le plat à prendre boum rideau. Des hésitations à n’en plus finir alors qu’il n’y avait pas mort d’homme. Idem pour les vacances avec la peur toujours de se faire avoir, de ne pas prendre le bon lieu de destination, d’hésiter sur les dates. L’horreur qu’est ce qu’elle aimerait être quelqu’un d’autre. Une personne responsable, banale, normale sans trop d’hésitation contente d’elle-même. Mais bon ça ce n’était qu’un fantasme inaccessible, au lieu de ça elle trouvait le moyen de se paumer même dans les lieux qu’elle connaissait, d’oublier une fois sur 2 où elle avait rangé ses clefs. De procrastiner jusqu’au dernier moment et de stresser à la moindre décision. Une vie de rêve quoi, et plus ça allait et pire c’était.

Pendant des années, elle avait essayé de se discipliner, de se conformer au code, au moule mais bon à force de se faire des nœuds à l’estomac et de se détraquer le cerveau elle avait dit stop. Tant pis elle ne serait jamais la femme la plus organisée et la ménagère de l’année mais à un moment faut accepter ses défauts. Le seul remède contre son stress dans ces cas là c’était la marche, le seul moyen de faire le vide, avec une bonne bande son dans les oreilles. Là coldplay lui susurrait à l’oreille magic, après un petit happy de pharell, un freedom de pharell, turn auroud de justin timberlake. Avant d’écouter adieu tristesse, i love you all de zazie, pas toi de goldman ou encore un soir de Céline histoire de se calmer les nerfs. Elle jeta un œil sur son tél à venir dans la suite Dorian d’agnes Obel et sublime et silence de Julien Doré , elle commençait à avoir froid. Elle accéléra le pas, allez encore 30 min de marche en espérant prendre la bonne décision en rentrant chez elle.

©eirenamg

 

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10 février 2017

Variations sympathiques: les vérités provisoires d'Arnaud Dudek

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Livre étrange où le narrateur s’amuse avec nous et son personnage Jules. Jeune homme qui s’invente des histoires et qui n’arrive pas à oublier la disparition du jour au lendemain de sa sœur Céline. Chapitre courts, rythmés avec une bonne dose d’ironie qui nous fait suivre l’enquête de ce drôle de zouave. Le ton alterne entre gentiment moqueur et réflexion sur l’absence, connait-on vraiment nos proches ?

Le livre se lit rapidement et on a envie comme Jules de découvrir ce qui est arrivé à sa sœur ; savoir comment sa relation avec Bérénice la voisine du dessous va évoluer. J’ai apprécié la distance que met l’auteur entre nous et le personnage par ses commentaires tout en nous le rendant terriblement attachant.  Réflexion aussi présente sur la réalité, la vérite, quelle est elle vraiment ? Les ravages de l’absence aussi sur une famille sont évoqués à travers le personnage principal mais aussi les réactions de ses parents. Léger et grave, enlevé sur un personnage qui grandit peu à peu et évolue. On se laisse embarquer dans cet univers, cette narration particulière.

Une jolie découverte que ce livre, donc découvrez les variantes de la vérité et suivez Jules dans son enquête.

 

tous les livres sur Babelio.com
Ps: Merci à Babelio pour la masse critique

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