le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

29 août 2016

le pouvoir des mots aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras

uras

Roman qui fait du bien, répare qui s’attache aux pas d’Alexandre, Alex bibliothérapeute, qu’est ce que c’est me direz vous ? Un thérapeute qui soigne en vous donnant des livres comme remèdes. Un bien beau métier mais il n’est pas de tout repos, comme on le voit à travers les aventures du personnage principal. Il n’est pas toujours payé, sa copine Mélanie l’a laissé tombée car il est véritablement obsédé par les livres. Il ne cesse de faire des analogies avec des auteurs et des livres à chaque moment de sa vie.

Cette histoire est touchante, on perçoit l’amour des livres à travers les nombreuses références littéraires et la fascination du personnage pour les mots. Lui qui soigne grâce à eux, semble enfermer dans sa solitude, ses problèmes d’argent. Narration qui alterne ses pensées, sa vie et son aide à ses patients. Une jolie réflexion sur la nature humaine, une belle analyse des grands lecteurs, de l’importance que la lecture peut avoir. La réflexion sur la famille, l’amour et le travail sont abordés avec ses patients et les péripéties de sa vie quotidienne.

Ses patients sont pour le moins atypique un jeune garçon défiguré Yann, un footballeur de haut niveau, un vendeur de montre de luxe. Cette galerie de personnages secondaires permet au lecteur de s’interroger sur la douleur, la vieillesse, le regard des autres. Drôle mais aussi touchant dans les émotions ressentis par le narrateur, les analogies entre les livres et les patients.  Les passages sur la librairie, les blogs, sur sa logeuse m’ont bien fait sourire. Surtout il donne envie de rouvrir des livres, de partager encore plus les auteurs et les livres qu’ont apprécie. Le pouvoir de l’imaginaire, sa capacité à nous faire avancer, à nous faire du bien est bien illustrée dans ce livre.

Un récit bien construit et original qui met en avant les pouvoir des mots sur les maux. Le style est enlevé, les citations et extraits bien choisis. J’ai apprécié les réflexions d’Alex, ses ballades sur les toits. Il m’a donné envie de découvrir ou de replonger dans certains textes donc merci pour ce beau moment de lecture. Idéal pour se sentir bien avant la rentrée.

PS : merci à Frédérique pour le conseil lecture.

Posté par eirenamg à 13:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Disparition: atelier bric à book numéro 33

la-fille-du-brouillard-donato-carrisi

Se sentir partir avec le courant, glisser, tranquille en écoutant les flots. Elle ressent chaque sensation avec acuité, de plus en plus légère au grès des minutes. Se laisser bercer comme ça c’était plutôt apaisant Oublier les tracas, les traces, la lourdeur, tout paraissant plus futile la tête dans l’eau et si loin. Même le bruit disparait dans un silence ouaté.

Fermer les yeux et attendre patiemment, le bon moment, pour se laisser aller. Finalement, rien n’avait plus d’importance comme ses colères, chagrins, déceptions lui paraissaient dérisoire maintenant. Comme si en s’éloignant de la rive, elle s’éloignait aussi du monde extérieur pour se recentrer sur elle-même. Apprendre à mieux s’écouter, à faire attention à ce qui ne parait plus important, ces petits riens comme la sensation de la chaleur à travers ses yeux clos.

Cette sensation d’apaisement de déconnexion si rare dans sa vie toujours en mouvement, en anticipation. Pas de sonnerie intempestive, de bruit de fond, personne pour lui parler ou la déranger. Il était encore tôt et elle avait l’impression d’avoir le monde pour elle seule. Cette sensation que tout est possible, qu’elle peut encore changer les choses, repartir en arrière, réécrire l’histoire. Sa respiration devient plus lente.

Ses pensées s’éteignent peu à peu au fur et à mesure qu’elle dérive ; pour ne devenir plus qu’un murmure. Elle n’a pas envie de se remettre en marche, de mettre ses muscles en mouvement. Allez encore quelques instants planants, hors du temps, d’écoute attentive.

Elle entend au loin, comme dans un mirage, le bourdonnement d’un avion, elle doit avoir une drôle d’allure vue du ciel, un petit point, une étoile de mer, un vague reflet dans l’eau, une tête qui surnage encore.

Elle a vraiment l’impression de faire partie d’un tout, au moment même où l’eau commence à la submerger, elle ne s’est jamais sentie aussi détendue.

 Ps:

Et voilà le retour de l'atelier d'écriture de Leiloona n'hésitez pas à aller lire les autres textes à cette adresse:

Ne cherchez plus la dévoreuse de livres, c'est moi. Chaque semaine, j'écris aussi. Sinon je suis museogeek.

Ne cherchez plus la dévoreuse de livres, c'est moi. Chaque semaine, j'écris aussi. Sinon je suis museogeek. Hyperactive, moi ?

http://www.bricabook.fr

 

 

Posté par eirenamg à 07:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

26 août 2016

Au commencement du 7eme jour: voyage intime et vibrant de Luc Lang (rentrée littéraire 2016)

luc lang

Thomas a tout pour être heureux, une place enviable dans une société informatique, il est marié à Camille et à 2 beaux enfants Anton et Elsa. Mais en une nuit, sa vie se fissure, sa femme Camille a un accident de voiture sur une route de campagne et tout bascule. Le voilà hébété qui essaye de comprendre et de faire face à ce drame.

Le récit alterne les conséquences de l’accident et le passé du personnage principal (son enfance, la vie avec Camille). Le choc, les émotions contradictoires sont bien retranscrites par l’auteur à travers une langue riche et détaillée. Au-delà de l’histoire du narrateur c’est aussi celle de sa famille, son rapport au travail, à la nature qui est évoqué. Une véritable quête pour le personnage qui essaye de retrouver sa place, des raisons d’avancer, de surmonter ce drame. La première partie est surtout centrée sur l’accident et sur sa relation avec Camille, son travail. Dans les 2 parties suivantes ; l’auteur s’interroge sur ses choix de vie, son enfance et voyage des Pyrénées à l’Afrique. 

Le style est poétique, précis j’ai vraiment eu l’impression d’être la compagne de voyage du personnage. J’ai été happé dans l’univers de ce roman, à la fois ultra réaliste quand il parle du monde du travail et très poétique, presque spirituel dans la façon dont le personnage voit le paysage, le monde lors de ses voyages. J’ai eu l’impression d’être dans un immense tableau dont chaque détail recèle un élément qui éclaire l’ensemble, j’ai apprécié l’évolution du personnage au fil des pages et j’ai été touché par ce personnage dont la vie bascule. Le personnage de Camille est plus mystérieux, avec la méconnaissance autour de son passé et de ce qui s’est passé avant l’accident.

L’autre élément central du récit est la nature notamment dans la 2eme et 3eme partie, avec de très belles descriptions. Celle-ci contraste avec la laideur et la pluie de la région parisienne dans la 1ere partie. Une nostalgie se dégage de ces pages, notamment de l’enfance pour le narrateur. Les difficultés des éleveurs sont évoquées avec la figure de Jean le grand frère qui a repris la fromagerie. L’aide humanitaire et les difficultés quotidiennes de l’Afrique sont présents avec la sœur Pauline qui travaille dans un dispensaire.  L’auteur évoque aussi la cruelle rivalité du monde du travail à travers les déboires du personnage principal et les dérives des logiciels qui permettent de tout contrôler et de fliquer les salariés. Ce récit sur plusieurs années est totalement addictif et envoûtant car l’auteur réussit à nous questionner sur l’enfance, l’amitié, la famille. Les interrogations du personnage font écho, chacun d’entre nous a déjà tenté de retrouver sa part d’enfance, s’est remis en cause après un drame. C'est un récit entre ombre et lumière, sur le pouvoir de la vie, de la résilience et j'ai été touché par son message.

C’est un énorme coup de cœur, je vous conseille fortement de le découvrir, un véritable voyage littéraire avec une magnifique écriture. Bonne lecture.

PS: merci Valentine pour la découverte.

Posté par eirenamg à 09:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 août 2016

Bronson: un roman mélancolique et atypique d'Arnaud Sagnard ( Rentrée littéraire 2016)

20160824_192647

C’est un récit atypique à la fois de la vie du célèbre acteur mais pas seulement, de l’histoire hollywoodienne mais aussi de la face industrielle de l’Amérique. Le récit fait à la fois la part belle à l’enfance de Bronson et à sa famille de mineurs qui sont littéralement dévorés par cette activité. L’auteur s’attache aussi au caractère de l’acteur, c’est un taiseux, à sa carrure monumentale qui le fascine. L’auteur cherche à comprendre celle-ci et se met en scène dans son enquête sur les lieux où Bronson a vécu. Il évoque aussi les films même les plus obscurs de sa filmographie, notamment un qui va servir de fil rouge à l’histoire. Son écriture est tellement réaliste qu’on a l’impression d’assister avec lui au visionnage, il réussit de manière efficace à transmettre sa passion et ses interrogations autour de l’acteur.

Au-delà de l’acteur, l’auteur tisse aussi une réflexion sur la violence de la société américaine mais aussi de l’industrie cinématographique à travers le portrait d’acteurs et d’actrices oubliées. Notamment la figure de Wallace Beery qui est un modèle pour l’acteur ou de sa jeune épouse Gloria Swanson. Cette fascination intrigue le lecteur tout comme le portrait par petites touches réalisé par l’auteur. On s’interroge avec lui sur cette usine à rêve qui broie certains destins.

Le récit est aussi intimiste car à travers sa quête, l’auteur s’interroge sur lui-même comme le souligne la belle couverture où l’auteur nous regarde et on aperçoit le reflet de Bronson derrière lui. Cette place de l’autofiction est intéressante car l’auteur évoque sa vie, ses blessures en filigrane. J’ai été très touché par cet aspect personnel.

L’écriture est très imagée, poétique pour nous faire entrer dans les pensées de Bronson. Il souligne le paradoxe entre son physique hors du commun et le peu de paroles dans ses films, il n’a jamais été hors la loi, lui qui a un physique de voyou. L’auteur réussit à retranscrire les silences, mais aussi la présence omniprésente de la mort, de la violence au cœur de sa vie.

L’auteur de manière poétique réussit à nous capter en nous emmenant dans l’univers de Bronson, ses choix, ses autres activités de peintre et de dessinateur et son intimité. Mais c’est avant tout le portrait d’un homme, d’une certaine époque et d’une vision de l’Amérique. L’auteur s’interroge sur le thème récurrent de la vengeance. J’ai été peu à peu phagocyté et capté par l’obsession de l’auteur qui devient peu à peu la notre. J’ai été fasciné par les analyses de films, des détails et des personnages de Bronson.

Un puissant chant mélancolique se dégage de cette œuvre que j’ai beaucoup apprécié. Donc partez à la découverte du fils de l’ombre (Bronson),cette figure hollywoodienne,terriblement humaine et plongez dans l’obsession muette de Bronson, un beau voyage littéraire.

Posté par eirenamg à 19:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 août 2016

Détente légère tu me trouveras au bout du monde de Nicolas Barreau

20160819_165930[1]

C’est un roman d’été, un feel-good où on suit les aventures pour une fois d’un homme Jean Luc Champollion, galeriste qui est le destinataire de curieuses lettres d’amour d’une certaine principessa. Lui l’homme à femme, se retrouve désespéré de ne pas savoir qui est celle qui lui envoie ses lettres.

Le principe des lettres est vraiment sympa même s' il est rapidement eclipsé par les tentatives maladroites du personnage principal pour forcer le destin et voir sa belle. Le voilà parti dans une quête parfois assez drôle( la scène de la gare de Lyon notamment) pour découvrir la vérité.

Un roman léger qui se lit facilement, optimiste. Un peu lent au départ, la deuxième partie avec ses réflexions de plus en plus dingues sur l’identité est plus dynamique. J’ai bien aimé le personnage de Soleil, la belle plasticienne mais certains personnages comme Marion sa collaboratrice ou Bruno l’ami raisonnable sont un peu trop caricaturaux à mon goût.

Même si ce n’est pas un coup de cœur, car j’aurai aimé plus de profondeur pour le personnage principal et plus de folie dans les lettres et les situations, il n’est pas désagréable et idéal en cette période pour se détendre au soleil.

A vous de vous faire votre avis sur ce livre et bonne lecture.

Posté par eirenamg à 17:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


17 août 2016

Moka délicat et intense: film de Frédéric Mermoud, adapté du roman de Tatiana de Rosnay

moka_2016

Exceptionnellement, je vous parle d’un film de Fréderic Mermoud, mais rassurez vous  d’un film adapté d’un roman de Tatiana de Rosnay : Moka.

L’histoire se concentre autour d’une femme : Diane incarnée par Emmanuel Devos. Elle est obsédée par celui qui a renversé son fils en voiture. Le seul indice qu’elle a,c’ est le modèle de la voiture et sa couleur Moka.

 Emmanuelle Devos est impressionnante dans ce rôle, le début totalement silencieux où tout passe dans le regard et dans ses gestes qui expriment son désespoir notamment est magistral. Et au fil du film, son jeu renvoi bien les désirs contradictoires de son personnage qui veut savoir et utilise l’amitié, la violence pour parvenir à ses fins. On est profondément émue par ce personnage qui pense que seule la vérité pourra l’aider à tenir. Les questions de la responsabilité, de la loi du talion sont au cœur du récit.

Face à elle, Nathalie Baye incarne Marlène. Elle est la patronne d’une parfumerie et d’un salon esthétique, elle s’occupe d’elle, de son apparence et se ressource uniquement dans la marche. On la trouve attachante, elle est très positive. Elle ne comprend pas pourquoi Diane se rapproche d’elle, même si elle remarque bien qu’elle est étrange.

Le suspense est bien distillé et on assiste à ce duel entre les 2 personnages, soutenus par une belle galerie de personnages secondaire, le mari de Diane, la famille de Marlène. Ce drame psychologique nous embarque dans l’aventure dès le début du film et ne nous lâche plus, comme le personnage principal on se met à douter du bien fondé de cette vengeance. Les magnifiques paysages rajoutent de la magie et donne un cadre idéal à cette histoire de vengeance mais surtout d’amour, de cette mère pour son fils passionné de musique.

J’ai bien aimé ce film qui avec une mécanique efficace, par le jeu des acteurs  met en lumière cette histoire et j’ai adoré la fin. Pour une fois je n’avais pas lu le livre avant d’aller voir le film donc je vais remédier bientôt à cette lacune.

Un film que je vous conseille donc pour passer un bon moment au cinéma et après faites un tour à votre librairie pour lire le livre, il vient d'être réédité au livre de poche.

PS : autre conseil d’adaptation de film de Tatiana de Rosnay Boomerang (j’ai adoré le film et le livre et pour une fois j’ai ressenti les mêmes émotions à la lecture et au visionnage du film). Bonne séance.

Posté par eirenamg à 11:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 août 2016

Métissage: les grandes et les petites choses de Rachel Khan

20160718_202355[1]

 

 

Ce premier roman sur le métissage, l’identité est très intéressant. L’héroïne Nina  est le fruit de 2 histoires: son père est africain et musulman et sa mère française d’origine polonaise et juive. Comme elle le dit elle porte un lourd héritage qui va des calles des navires d’esclaves aux trains de la déportation. Elle est métisse et noire de peau et doit donc aussi gérer cette identité.

J’ai apprécié les interrogations sur l’héritage, les assignations identitaires. Elle est noire donc elle est forcément étrangère,  il est normal qu’elle court vite. Elle montre bien les préjugés, le racisme ordinaire et le fait qu’être métisse est presque suspect. Elle ne peut pas être juive et noire par exemple. De plus, sa féminité est aussi attaquée. Se pose alors la question comment se construire avec ces identités quand on ne voit pas le problème. Comment gérer les non dits de son histoire, son identité, assumer qui elle est.

Au-delà de ces questions toujours cruellement d’actualité, on a une jeune fille qui se cherche une place, à travers ses études de droit à Assas, ses compétitions sportives. Elle porte un regard drôle sur la vie et sur la minorité visible de gosse de riche qu’elle côtoie à Assas. Sa rencontre avec Karim médecin de son club l’amène aussi  à se poser des questions sur l’amour et sur la place de la religion dans sa vie.

Le rythme est alerte, rapide, on suit avec facilité les aventures de Nina, sa vie quotidienne, la vie de sa famille. On s’interroge avec elle sur les injustices, les préjugés dont elle est victime. Mais c’est surtout un roman plein d’espoir, lumineux, sur la beauté des mélanges et un bel appel à la tolérance. Malgré les difficultés, les interrogations, elle montre à quel point son histoire multiple est enrichissante. Elle ne met pas en concurrence ses origines mais les mélange.

Un livre qui a eu une forte résonnance en moi et qui défend de belles valeurs. A l’heure du manichéisme, des raccourcis stupides, des réponses toutes faites, un livre qui fait réfléchir, bouleverse, émeut à lire d’urgence et qui rend fier de son identité métissée. Un premier roman qui a  fait écho à certaines expériences personnelles et qui m'a émue.

Posté par eirenamg à 19:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 août 2016

Dérangeant: le carré des allemands de Jacques Richard

le carré

Le carré des allemands est un roman dérangeant, déroutant. On suit un narrateur, un homme à travers ses écrits des carnets. On a des bribes de passé, des relations familiales complexes. La violence, la disparition du père est évoquée et on comprend que ce père a un poids particulier dans l’histoire de son fils et dans la grande histoire.

Récit de la culpabilité, de la violence, de l’animalisation. Des descriptions difficiles, monstrueuses qui nous mettent dans la tête du bourreau mais aussi de son fils qui en porte la culpabilité. Epoque trouble de la 2nde guerre, des exactions à l’Est, de la justification de l’innommable. L’auteur nous pose la question de manière indirecte comment fait un monstre pour survivre, peut il redevenir un homme, avoir une vie de famille. Connaitre son passé, assumer le poids des choix de son père ici pour le narrateur qui n’arrive pas à avancer. Ce décalage entre le fils et le père comme un miroir déformé est une construction intéressante car peu à peu, on ne sait plus qui parle. Réflexion sur la part sombre de la nature humaine à travers une construction à la fois simple et difficile.

Roman qui remue, pose question, à l’écriture impeccable qui jongle entre réalisme, horreur, violence et réflexions plus générales sur la vie.  Au bord de la folie, sur le fil du rasoir mais qui garde en otage le lecteur toute la lecture.

Je ne dirais pas que c’est un coup de cœur car vu le thème c’est compliqué mais par contre ; la construction, la réflexion, le sujet difficile est très bien traité. Donc si vous voulez comprendre les liens filiaux et le poids du passé, entrez dans ce roman dont vous sortirez forcément différent.

68

Posté par eirenamg à 15:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

05 août 2016

Jeux sur les J.O: Spiridon superstar de Philippe Jaenada

spiridon-superstar

Histoire à la fois drôle et instructive. On suit l’histoire de la réouverture des Jeux Olympiques avec Coubertin en 1896, les athlètes qui ont participé à cette refonte des J.O à Athènes. Et un en particulier Spiridon ( prénom très répandu à l’époque) qui se retrouve par hasard dans l’épreuve reine qu’attende tous les grecs le marathon. L'auteur s'amuse avec son sujet en étant à la fois hyper pointu et très drôle.

L’auteur nous explique le contexte de la réouverture, la vie particulière de Coubertin, l’ambiance de ces JO comme si on y était. Les rôles des mécènes, les préparatifs et s'attachent à différents athlétes pour nous faire comprendre l'ambiance particulière de ces jeux.

Le style est agréable, dynamique, il parle du dopage, des victoires déjà des américains, de l’exotisme de certaines épreuves.Les réflexions sur le sport sont très drôles avec les digressions de l’auteur.Le parallèle avec le sport contemporain est savoureux.Un livre original et instructif qui colle parfairement à l'actualité sportive.

Autre avis sur ce livre tout aussi conquis :

 

Spiridon Superstar - Philippe Jaenada

L'avantage d'avoir fait partie du jury du Prix Orange du livre 2016, c'est d'avoir pu côtoyer des auteurs aussi compétents qu'abordables et sympathiques. Au détour d'une des 3 rencontres en Mai dernier, j'ai eu la chance de récupérer Spiridon Superstar qui m'a été dédicacé et offert par Philippe Jaenada.

http://alombredunoyer.com

 

Posté par eirenamg à 09:00 - Commentaires [4] - Permalien [#]

02 août 2016

une petite perle: l'heure bleue d'Elsa Vasseur

20160802_150113[1]

Un joli 1er roman à la fois léger et grave. On suit les pas de Zoé qui va bientôt avoir 18 ans. Elle malmène son corps depuis sa petite enfance suite à un drame. Elle accepte de partir en vacances avec une camarade de classe à Dolos en Grèce. Elle doit faire du baby sitting pour le neveu de celle-ci Ben.

Là voilà plongée au cœur d’une famille, pleine de faux semblants et passé l’émerveillement de découvrir la luxueuse demeure, elle se retrouve coincée au sein de cette famille. Avec Lise la gosse de riche égoïste, qui a oublié de lui dire qu’il y a aussi sur l’île Adam le père de Ben peintre en mal d’inspiration, sa mère Rose beauté glaciale qui ne sort quasi jamais de sa chambre. Les parents de Lise: Joseph  propriétaire d’une galerie d’art et Hélène qui s’occupent de sa fondation accueillent la jeune femme.

Le malaise de l’adolescente face à ce riche décor et les périphéries liées à ce séjour vont transformer l’adolescente définitivement. Ce n’est pas un récit de vacances, l’auteur évoque avec un style efficace, sobre  la maladie, les premiers émois amoureux . Elle évoque aussi l’importance des mots, de la littérature à travers le personnage de Guilia, la mère de Zoé ou certaines de ses lectures.

Zoé est le témoin d’abord fasciné puis gêné de cette famille et de ses secrets. Les paysages de la Grèce, d’Edimbourg puis de Paris donnent vie au récit et l’écriture imagée de l’auteur fait qu’on y est transporté. La personnalité de Zoé est attachante, elle se débat entre sa culpabilité, son envie de bien faire, , ses failles. Le personnage d’Adam, de Joseph évoluent au fil du récit devenant plus complexe qu’ils n’y paraissent. Le personnage particulier de Rose donne à voir un aspect plus sombre, dramatique à l’histoire. Enfin,  le personnage de Giulia est extrêmement touchant. D’un récit de vacances ; l’histoire bascule peu à peu jusqu’au très bel épilogue, et on ne peut lâcher le livre jusqu’à son dénouement. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, j’ai été captivé par l’évolution de Zoé, lors de l’été de ses 18 ans.

Un beau portrait de jeune femme qu’il faut découvrir dans l’heure bleue, un premier roman léger et vibrant à découvrir.

68

 

 

Posté par eirenamg à 15:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :