le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

17 août 2018

Dans la toile de Piégée de Lilja Sigurdardottir : un roman psychologique efficace

 

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Pendant longtemps, je n’ai lu que du polar, des auteurs anglo-saxons, puis à partir de Millénium des auteurs venant du froid. J’ai alterné roman noir, thrillers, policier old school et beaucoup de série ça a duré du lycée jusqu’à il y a 5 ans. J’avais trop lu souvent les même ficelles, les même bandeaux accrocheurs si vous avez aimé un tel, vous aimerez cet auteur du coup, je me suis un peu éloignée du polar, et maintenant je n’en lis que quelques uns par an, en général d’ailleurs plutôt du roman noir ou psychologique, les sérials killers j’en ai soupé.

Cette petite intro pour vous expliquez pourquoi aussi j’ai mis du temps à lire ce roman car j’avais un peu peur que le roman surfe une fois de plus sur la mode auteur nordique après Mankell, Indridason, Jussi adler olsen, Läckberg qui sont des auteurs que j’apprécie énormément. Mais heureusement ,ça n’a pas du tout était le cas, Lilja Sigurdardottir est une auteur islandaise certes, ce roman est le premier volet d’une trilogie intitulée Reykjavik noir.

C’est un roman psychologique efficace qui met en lumière Sonja, une mère folle de son petit garçon Tomas , elle est divorcée et ferait tout pour obtenir une vraie garde alternée et elle est totalement dévouée à son petit garçon.

Elle se retrouve prise au piège d’un sombre trafic que je vous laisse découvrir ( d’où le titre de ce premier opus piégée). A côté de ce personnage principal, son amie Agla, banquière est aussi empêtrée dans un scandale financier qui secoue l’ensemble du pays. Enfin, on suit aussi les pensées et la vie d’un inspecteur des douanes proche de la retraite Bragi, fou amoureux de sa femme et dont le travail est la seule porte de sortie.

Chaque chapitre est une plongée dans la vie et la psyché des personnages, leurs motivations, leurs zones d’ombre, chacun est attachant et j’ai apprécié ce côté introspectif du roman. Il permet aussi d’explorer le monde des trafiquants, des douanes, de la banque. Il met un lumière un microcosme particulier tout en évoquant des sujets plus universels comme le divorce, l’amour maternel, l’évolution de la société, le fait de s’assumer. Le récit est fluide, bien rythmé et maintien le suspense les personnages vont ils s’en sortir et casser ce qui les engluent dans leur vie ?

Véritable course contre la montre, avec des personnages attachants et crédibles sur fond de scandale, ce premier volet tient ses promesses et curieuse de savoir comment vont évoluer les personnages.

Donc laissez vous prendre dans la toile de l’auteur et de ses personnages et préparez vous à une nouvelle bouffée de suspense nordique.

Ps : merci à Geneviève du blog memo émoi pour la découverte, le conseil et le prêt du roman.

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11 août 2018

Polar celtique brûlant: de cauchemar et de feu de Nicolas Lebel

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De cauchemar et de feu est le 4e volet des aventures de Mehrlicht et ses acolytes, les voilà confrontés à un tueur étonnant en plein weekend de Pâques.

Mehrlicht avec sa tête de grenouille est toujours aussi irascible mais évolue, conséquence des dernières enquêtes qui ont laissé des traces. On découvre un peu plus son fils Jean Luc, celui-ci a d’ailleurs mis à son père un nouveau type de sonnerie ( élément fil rouge comme le fait d’avoir un nouveau stagiaire à chaque enquête) qui pose des questions de Julien Lepers du jeu question pour un champion.

Latour, la rousse bretonne est toujours folle amoureuse de Djibril, Dossantos est toujours aussi borderline et accro au code pénal. L’humour est encore présent mais cette fois ci la stagiaire est plus fragile, adepte de philosophie, ce qui va amener à des situations cocasses avec Mehrlicht. On découvre une autre face de Carrel le médecin légiste et de Matiblout.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le fil des histoires personnelles des enquêteurs en parallèle à l’enquête principal. Les personnages évoluent, les différentes enquêtes ont des conséquences sur leurs choix actuels et chacun prend une nouvelle voie. Par contre, cette fois ci j’ai moins apprécié le personnage de la stagiaire, un peu trop fragile pour moi.

L’enquête est addictive et mise en scène de manière originale, en plus du déroulé chronologique avec les jours,  heures qui était le mode de narration habituel des précédents opus, l’auteur s’est rajouté une difficulté dans la construction : la diachronie. En effet, en parallèle aux événements parisiens de 2016, on a le récit d’évènements qui se déroulent en Irlande du Nord et plus précisément à Derry au cours des années 1960-70.

  Le lecteur passe d’une histoire à l’autre, de manière fluide et les événements du passé éclairent d’une autre manière l’enquête et ses impasses, j’ai apprécié d’en savoir parfois plus que les enquêteurs.

Les réflexions de l’auteur sont toujours pertinentes sur la violence de la société, son évolution face à l’état d’urgence, aux attentats post 13 novembre. Il n’épargne pas non plus les guerres intestines, les difficultés de la police, le buzz des médias. Le tout avec des incursions dans l’histoire de l’Irlande et les légendes celtiques.  Précision, rythme enlevé,  analyse sociétale un très bon cru encore que cet opus.

Il est mon préféré de la série avec un juste dosage, d’enquête, de réflexion, d’humour et de triste réalité, des personnages qui gagnent en profondeur. J’ai aimé également avoir cette plongée historique dans un pays qui m’est cher.

En bref un très bon roman noir, donc foncez découvrir le far darrig, l’Irlande et prendre des nouvelles de Mehrlicht et de son équipe parisienne.

Ps :il n’est pas obligatoire d’avoir lu les autres pour comprendre ce polar car il y a des incursions dans la vie des personnages qui sont rappelées mais si vous aimez celui là lisez également les autres pour comprendre comment ils en sont arrivés là.

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26 juin 2018

Indispensable pour buller cet été : conseils à emporter.

 

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Photo plage dans les environs de Dublin par eirenamg

Voilà quelques indispensables pour buller cet été au soleil, à la mer, à la montagne, chez vous à une terrasse, à l'heure de la sieste, où vous voulez. Des romans doux, vibrants, drôles ou nostalgiques, durs, des sagas, des écritures originales il y en a normalement pour tous les goûts, sans classement, juste dans ma mémoire de lectrice, de cette année ou plus anciens avec pas mal de mes auteurs favoris et des petits nouveaux.

 hier encore c’était l’été et danser encore, une bande de jeunes qu’on suit de l’adolescence à l’âge adulte. Julie de Lestrange réussit à faire le portrait d’une génération et à nous faire redécouvrir les années 2000, l’amitié, les premiers amours, job et la maturité qui gagne peu à peu cette joyeuse bande. Donc plongez dans son univers cet été.

Cœur naufrage, le splendide dernier roman de Delphine Bertholon deux ados qui se rencontrent en été, ellipse à l’âge adulte, comment cette histoire les a marqué ? réflexion sur les répercussions de nos failles et de nos blessures une fois adulte, un des romans les plus aboutis de l’auteur pour devenir accro à la plume de l’auteur sur la plage !

Une saga historique par amour, de Valérie Tong Cuong : 2 sœurs et leurs familles au cœur de la tourmente pour un voyage prenant et humain au cœur du Havre pendant l’Occupation. L’histoire à taille humaine dans ce roman choral croqué avec maestria par l’auteur.

Une autre saga qui nous fait voyager mais cette fois dans l’univers de  la cristallerie les années Cristal  avec le tome 1 le fondateur de la saga de Stéphane Nolhart, une plongée dans le 19 e vive, éclatante et qui fait du bien. Où on côtoit Napoléon III et les grands évènements du siècle à dévorer en terrasse autour d’une bonne bière.

Vous prendrez bien un peu de poésie avec le magistral roman de Gaëlle Nohant : la légende d’un dormeur éveillé  où elle fait revivre Desnos et sa bande, pleurer, découvrir l’engagement, la fougue et revivre ce poète hors normes.

Un belle fable, une réflexion sur la différence et sur l’amour avec un funambule sur le sable, avec la magie réaliste de Gilles Marchand et ce formidable Stradi et son violon dans la tête, qui fait vibrer la corde sensible.

Le caillou de Sigolène Vinson, un voyage en Corse particulier à la découverte de soi ; de la solitude, avec cette femme de pierre, cette poésie si particulière qui vous fait décoller pour la Corse.

Je suis jeanne Hebuterne d'Olivia Elkaim pour ressentir intensément la vie de la muse de Modigliani un récit poignant à découvrir pour vivre intensément son été.

Un livre qui redonne gout à la vie et envie de boire un pot avec ses amis et dire aux gens qu’on aime qu’ont les aime le livre que je ne voulais pas écrire  d’Erwan Larher

Au nom du père , du fils et du rockn’ roll un récit filial et une belle relation père fils sur fond de musique idéal pour l’été et avoir une bonne bande son et plonger dans l’univers caméleon de l’auteur Harold Cobert. J'en ai reparlé ce weekend ça m'a donné envie de le relire.

Un récit nostalgique qui vous donnera envie de découvrir la Sardaigne la maison à droite de celle de ma grand-mère de Michaël Uras et de partir à la découverte du capitaine et de Giacomo.

Un roman qui fait du bien , une fantaisie sérieuse je ne sais pas dire je t'aime de Nicolas Robin si vous restez à Paris ou pas.

Une folle équipée mère fille, un road trip nordique avec les supers héroines de Virginie Grimaldi il est grand temps de rallumer les étoiles, un roman humaniste et qui fait du bien.

Un récit léger et drôle comme une ombre  de Pascale et Gilles legardinier pour se marrer sur la plage avec ce duo de personnages improbables qui fait passer un bon moment.

Un sacré brin de femme : les aventures d’Ivana tome 1 (presque) jeune ( presque) jolie, (de nouveau) célibataire  quand elle est célibataire et tome 2  dans la suite de ses aventures (toujours) jeune ( toujours) jolie, maman ( mais pas seulement)  de Stéphanie Pélerin, conseil prendre un spritz avec idéal pour accompagner ces récits drôles et modernes.

Une magnifique ode à la vie le club des feignasses de Gavins Clemente Ruiz et sa joyeuse bande, un bel hommage, on passe du rire aux larmes,  on évoque l’amitié idéal pour la saison. L’émotion est toujours là en filigrane jusqu’à la fin magistrale et vous aurez envie d' adhérer en tant que membre honoraire des feignasses. Ma 1ere découverte cette année.

Un magnifique conte ne préfère pas le sang à l’eau,  de Céline Lapertot une plume découverte grâce à des amies chères, un univers original, une vraie réflexion une langue riche et sublime, ma deuxième grosse découverte de l'année.

Pour voyager dans la belle Bretagne là où s’arrête la terre avec la plume percutante et les héros particuliers de Sylvie le Bihan. Parce qu'il faut impérativement découvrir cette auteur si vous ne l'avait pas encore lu et ses 2 autres romans sont aussi magnifiques.

Bonne lecture, j’espère que vous trouverez votre bonheur dans "cette courte" liste, on y retrouve des membres de ma dream team d’auteur ( nouveaux et anciens), mes coups de cœur marquants de cette année littéraire et pour tous les autres n’hésitez pas à fouiner sur le blog. J'espère que ce concentré d'émotion, de voyage, de style vous fera passer un bon moment.

Cet été ça sera livre encore et un bon mojito. Je vous souhaite un bel été et à bientôt.

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16 juin 2018

Epopée moderne: les nouveaux anciens Kate Tempest

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Les nouveaux anciens est un long poème épique de Kate Tempest où elle réactualise les mythes antiques. En montrant que les dieux d’aujourd’hui sont les hommes et que chacun d’entre nous a sa propre quête On suit l’évolution des personnages au départ Jane Mary, Clive , Kevin mais aussi Tommy , Gloria et Spider, on les découvre dans leurs existences  pas forcément facile, avec leur mal être, leurs espoirs.

La vie dans la rue, la violence, les illusions, les nouveaux idoles que sont la réussite, le sexe, l’argent sont bien mis en avant. Le fait de lire à haute voix le poème renforce l’impression d’urgence, on veut connaitre ce qui va arriver aux personnages. Sorte de tragédie moderne avec comme toile de fond l’Angleterre, ses pubs mais aussi l’ailleurs.

Elle alterne cette histoire des personnages avec une réflexion sur la société, nous , nos préoccupations, sur le bien et le mal, notre besoin de changement, notre quête d’amour et de reconnaissance, d’appartenance, le fait de se laisser attirer par les sirènes de l’argent, de tomber au plus bas. A travers ces phrases, elle nous tend un miroir à la fois poétique et grinçant de notre monde de béton moderne. Elle nous renvoie à la solitude, à la violence comme seule arme quand on n’a pas les mots, quand on a été exclue, quand on a manqué de repères. Elle réussit à faire exister ce monde dans ce long poème.

J’ai aimé la musicalité du texte, ses phases douces puis plus viscérales avec Gloria. J’ai apprécié les personnages féminins avec leurs ambiguïtés, leurs façons maladroites d’aimer.

Une écriture poétique et singulière, qui vous emporte, comme une scansion, un tam tam qui déroule son rythme jusqu’à la fin.

Donc partez à la découverte des nouveaux anciens et de la voix hypnotique de Kate Tempest.

PS: merci à Amandine de l'Ivresse littéraire pour la découverte et le prêt.

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08 juin 2018

Roman poétique et fantaisiste au coeur de Paris : l'équilibre du funambule de Céline Knider

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Roman poétique et historique en plein Paris, on suit notre anti héros au nom grammatical Ornicar. Couvreur de son état, bien uniquement sur les toits de Paris, qui ne connait pas le vertige, qui aime la solitude et le minimum d’interactions sociales. Il est marié mais ne se sent pas à sa place , il est un peu spectateur de sa propre vie et aime cette existence monotone et calme. Mais en une journée, tout bascule, alors qu’il est en repérage sur un toit il tombe et fait la connaissance d’une jeune femme Helle dans les souterrains de Paris. Au fil des jours, à sa suite, il découvre un autre Paris que celui des hauteurs.

Comme le personnage, le lecteur est bouleversé dans ses habitudes, à la fois réaliste et un peu fantastique, avec des références à la mythologie, on se balade de l’Opéra au Ritz, des catacombes au Panthéon, au Louvre . Au début, on se demande comme ce pauvre Ornicar ce qu’il va nous arriver et on se laisse prendre comme lui dans les filets du personnage de Helle.

Helle, jeune femme énigmatique, fascinée par Paris, ses profondeurs, véritable passe muraille, dont on questionne les motivations. De personnages hauts en couleur comme le cuisinier Michel, le vigile Cornelius, la femme Claude de la Tour Eiffel, l’organiste de Saint Eutache à Edmond l’amoureux fou des statues, les aventures des 2 personnages défilent rapidement. L’auteur retrace et redessine devant nous la France des cabines téléphoniques, des années 1990. Elle nous embarque aussi dans l’évolution de son personnage principal qui se découvre peu à peu et le livre devient un peu plus initiatique.

J’ai apprécié les descriptions fouillées, les rebondissements et surtout peu à peu les réflexions sur la vie, la solitude, l’amour, l’obsession.  J’ai aimé le ton à la fois sérieux et comique, l’amusement qu’elle prend à nous faire tourner en bourrique, à instiller peu à peu au fil des pages, une complexité un peu plus grande à ses personnages. Le couvreur zen et misanthrope ne l’est pas tant que ça finalement, comme la jeune écervelée.

J’ai passé un agréable moment de lecture, je me suis laissée prendre au piège de l’auteur et les personnages sont devenus attachants, comme ceux qu’ils croisent au cours de leur route et je les aient quitté à regret. Ce livre donne envie de lever la tête et de se balader sur les toits, d’observer tranquillement Paris la nuit ou à l’abri. De percer ses secrets comme ceux de Helle. Il donne en tout cas le sourire.

Donc respirez un coup et faites le grand saut dans les pages de l’équilibre du funambule de Céline Knidler.

Ps: merci beaucoup à Larousse roman pour la découverte de ce livre.

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28 mai 2018

Mélopée poétique et hypnotique cette nuit de Joachim Schnerf

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Ce roman est comme une petite poésie, un chant comme ceux déroulés lors de la cérémonie religieuse Pessah qui doit réunir Salomon et sa famille.

Salomon vient de perdre Sarah, sa femme, l’amour de sa vie, il ne sait pas s’il sera capable de tenir le rôle de chef de famille, s’il pourra gérer les affrontements de ses filles Denise et Michelle, les bizarreries de ses gendres Patrick et Pinhas.Le franc parler de ses petits enfants Tania et Samuel. Il ne sait pas s’il pourra assurer ce Seder sans elle.

Au fil des heures qui avancent, Salomon se rappelle, son mariage, les naissances de ses enfants, son amour pour sa femme. Mais aussi Auschwitz ;  les disparitions qu’il n’évoque jamais devant ses proches. Sauf en utilisant un humour féroce où il fait de l’humour avec la Shoah pour extérioriser son hypermnésie corporelle.

Salomon est attachant, paumé sans le repère de la main de Sarah, de son corps, avec la prise de conscience de ses doutes, de ne pas assez rassurer ses filles. Cette famille qui comme toute famille a ses rancœurs, ses névroses qui ressurgissent au fil des fêtes juives.

On se laisse prendre dans le fil des pensées de Salomon, son amour, sa peine, ses souvenirs. La question de la transmission, du poids de la mémoire, de l’amour quand on a passé sa vie à 2 et que l’on se retrouve seul comme un inconsolable.

J’ai été touché par la poésie de l’auteur, par le côté mélopée hypnotique de son écriture. Par les personnages hauts en couleur des 2 sœurs, des maris. Par les grands et petits drames qui parcourent cette famille. Par ce vieil homme qui pourrait être notre grand père, par cette difficulté à vivre, cette recherche de l’absent. Par les questionnements que le livre aborde, par la mélancolie, la beauté mais aussi l’horreur, la nostalgie et la douleur qui déborde des pages. Par cette fin belle qui laisse un goût étrange au lecteur. Je n’oublierai pas cette nuit, ces détours, cette plongée dans cette famille, cette histoire qui marquera la découverte d’un beau roman.

Alors mettez vous en pause et écoutez la voix de Salomon et de cette nuit et laissez vous toucher par la musique des mots de Joachim Schnerf.

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20 mai 2018

Morceaux d'étoiles de vie : Mille Soleil de Nicolas Delesalle

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Mille soleils est un roman addictif, une fois commencé, on ne peut pas le lâcher. On suit la destinée de 5 personnages : 4 hommes et une femme en Argentine à proximité du désert. Un journaliste Simon et 3 scientifiques, Alex,  Wolfgang et Vadim spécialistes de l’univers. Une femme Mathilda croise leur route.

Leurs vies minuscules face à l’univers sont bouleversées en un instant. Pour les hommes, un accident de la route modifie leur trajectoire et  donne à  chacun l’occasion de revoir sa vie à l’aune de cet événement. Ce qui compte, ce qui reste, les grands et petits drames, les déceptions, la déveine s’invitent dans leurs récits.

Wolfgang, le doux rêveur, l’optimiste et qui est le plus malchanceux. Simon et sa vision fleur bleue de l’existence et son hypocondrie qui le poursuit. Vadim et ses silences qui sont au cœur de sa vie. Alexandre et son amour perdu Léna qui l’obsède . Les vies sont disséquées et examinées au microscope par l’auteur dans cet espace temps dilaté, cette journée particulière.

On a le avant l’accident et l’après. Chaque personnage réagit différemment, nous livre des parcelles de son âme, des morceaux d’ombre et de lumière.D’anecdotes drôles ou tristes, des tentatives désespérées en attitude stoïque, les pages défilent. Face à un paysage grandiose et indifférent.

En filigrane, les informations glanées par Simon sur l’univers, la lumière, la passion pour les étoiles donnent un cadre à la fois dramatique et relativise ces vies humaines. La toute puissance de la nature mais aussi le temps qui passe, la difficulté de s’accepter, la solitude sont évoquées par le personnage de Mathilda et sa folle traversée à vélo.

Les réflexions poétiques, philosophiques côtoient ce qui fait une vie, les doutes et les soucis du quotidien. L’impression de ne pas être à sa place, la douleur de l’enfance, la passion qui s’achève, l’habitude sont autant de thèmes présents dans les récits des personnages. L’auteur dissèque et nous offre ces morceaux de vie, comme des reflets d’étoiles courageux ou lâches, responsables ou fous. On se reconnait dans chacun d’eux, on s’auto-contemple, on réfléchit, on relativise. Que ferions-nous au bord de la route ? Avons-nous la vie dont on rêve ?

Une langue littéraire, une construction millimétrée, un rythme soutenu et émouvant. Un bien beau roman de Nicolas Delesalle qui déploie de plus en plus sa plume de romancier, s’éloigne de l’écriture journalistique même s’il s’inspire du réel.

Donc collectez ces morceaux de vie et découvrez ces hommes au cœur de Mille soleils. Un nouveau coup de cœur pour la plume de l’auteur.

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15 mai 2018

Un roman agréable et féministe: (Toujours) jeune, (toujours jolie), maman (mais pas seulement) de Stéphanie Pélerin

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Voilà la suite des aventures d’Ivana, l’héroïne de( presque) jeune, (presque) jolie (de nouveau )célibataire, mais vous pouvez lire ce roman même si vous n’avez pas lu le 1er ( sinon vous retrouverez en bas de l’article le lien vers le 1er roman pour vous donner envie).

On la retrouve mariée à Bruno, mère et belle maman de Lola, elle a écrit son roman et elle est toujours prof mais en collège de région parisienne. Ivana est plus mature, elle a évolué et approche de la quarantaine. Elle mène de front sa vie de mère, de femme et s’interroge sur sa vie.

Le style est plus fluide que dans le 1er, moins romance, on est davantage dans le portrait d’une femme d’aujourd’hui en proie à ses interrogations. Comment assumer les différentes casquettes ? Est-on sûre de nos choix de vies ? Est ce plus facile de tout bousiller plutôt que de construire, en passant outre la routine ?

Les portraits de femme d’Ivana mais aussi de ses amies, sont bien croqués, comme celui de sa belle fille Lola. Le portrait des « tropmignons », surnom sympa aux 2 bouts de choux aussi. A la fois réflexion sur la maternité, sur la femme moderne, le couple, le célibat et les assignations que nous donne la société en tant que femme.

Le récit est centré sur l’évolution psychologique du personnage, campé dans un univers quotidien et qui s’interroge quand une nouvelle opportunité professionnelle pour elle mais aussi son mari se présente.

J’ai aimé les réflexions plus sociétales, l’absence de situations rocambolesques, l’humour présent encore même s'il est plus discret. J’ai apprécié les questionnements d’Ivana, ses doutes, crises, sa difficulté à verbaliser ses sentiments. La question de l’amour sous toute ses coutures est importante mais c’est plus une réflexion sur le fait de s’assumer ou pas dans sa vie, ses choix, moins par rapport au regard de l’autre mais par rapport aux montagnes parfois qu’on se fabrique. Il n’est pas question de séduction mais plutôt d’équilibre, on arrive au moment où Ivana est dans une période de doute et où elle peut dévier de sa route. J’ai apprécié aussi le tableau rapide sur la vie au collège. Le personnage masculin outre Bruno, le mari d’Ivana qui essaye de concilier vie pro et familiale, du présentateur radio Jérôme est intéressant aussi pour réfléchir sur les apparences et l’engagement. L’auteur évite les situations trop cousues de fil blanc et ne donne pas une réponse mais un éventail de réactions modernes et crédibles entre pardon, acceptation, révolte, avec ces portraits de femmes et d’hommes d’aujourd’hui. Elle distille aussi son récit d’un regard lucide sur la société d’aujourd’hui.

Un roman où on se sent bien, qui se lit rapidement,  et comme avec une vieille copine à qui on peut tout dire on est contente de retrouver Ivana et de la suivre dans ce moment de vie. Mais le roman s’adresse aussi aux hommes avec de sympathiques spécimens masculins et une jolie plongée dans la psyché parfois compliqué de la gent féminine.

Une suite agréable à lire, un joli coup de cœur  et qui fait du bien. Donc un thé, un bon bain ou tout simplement prenez du temps pour vous et lisez !

PS: le lien vers la chronique du 1er roman.

Un roman pétillant (presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire de Stephanie Pelerin - le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Un roman agréable et sympathique. Ivana est une professeur de français de lycée parisien qui se retrouve brutalement seule du jour au lendemain. Passé le choc, elle décide de tenter le tout pour le tout et de s'inscrire sur un site de rencontre ( be my boy).

http://eirenamg.canalblog.com

 

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11 mai 2018

Une mère dans tout ses états: la mère coupable de Caroline Fourment

 

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Une chronique légère d'un court récit, celui  d'une mère moderne de 40 ans, parsemé de hashtags drôles et une  réflexion sur le sentiment d'être une maman au delà du rire. L'auteur nous décrit cette volonté d'être une super mère, le quotidien ( repas ou activités) , avec un ton humoristique et léger. La culpabilité, l'anticipation qui fait le lot de toute maman qui se respecte sont aussi évoqués. C'est comme une sorte de journal de cette maman, qu'on suit à travers ses pensées.

Une chronique décomplexée de la maternité où on retrouve la femme derrière la mère comme dans l'épisode du spectacle de chant d'une de ses filles, une visite à la pharmarcie qui sont très amusantes à lire. Elle ne nous brosse pas une mère idéalisée ou parfaite mais normale avec ses coups de blues,ses bévues, ses joies et ses doutes. Coincée entre une ado typique qu'elle ne comprend pas toujours, sa deuxième fille qui hurle et le petit dernier.

Le récit se lit facilement , comme on déroule un fil , une conversation entre amis, la 2eme partie du récit bascule plus dans le romanesque contrairement à la 1ere partie ( avec Bonnie Tyler, l'ancien amoureux) qui laisse libre court à l'imagination et à la folie de l'auteur.

Un récit qui permet de se vider la tête et qui vous fera sourire et qui fait passer un moment sympathique même aux non mamans comme moi. 

Ps: merci au livre de poche pour l'envoi.

 

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08 mai 2018

Voyage argumenté au coeur de la confiance : la confiance en soi, une philosophie de Charles Pépin

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Ce livre de Charles Pepin est intéressant, car il explique bien les mécanismes de la confiance en soi, en la replaçant dans une approche philosophique mais aussi à travers des exemples concrets.

Il cite aussi bien des artistes comme Madonna, les Beatles, des écrivains comme George Sand par exemple. Il utilise des témoignages aussi pour expliciter ses idées. Il  fait référence à Lacan, Cyrulnik, Anne Dufourmantelle pour démontrer les ressorts de la confiance. A travers des anecdotes précises de sportifs comme celle sur Noah, les sœurs Williams, d’un alpiniste Erik Decamp mais aussi en replaçant son propos en faisant référence à des classiques de la philosophie comme Aristote, Nietzche.

Il évoque notre intuition qui est une marque de la confiance, des situations où celle-ci est vitale comme pour les médecins urgentistes qui doivent rapidement prendre une décision en se faisant confiance, les commerciaux qui doivent trouver les bons arguments pour conclure une vente. Mais il aborde aussi l’importance de faire des choix aussi pour se donner du courage, d’agir, d’être fan pour nous pousser à aller plus loin et de rester fidèle à soi même. Enfin la confiance est aussi liée à notre entourage et à nos amis qui peuvent nous aider à être plus à l’aise.

Précis et argumenté, l’auteur nous montre comment on peut avoir confiance en nos capacités, en la vie malgré les embûches, sans méthode de reprogrammation ou conseils à suivre impératifs. C’est ce que j’ai aimé le fait qu’il ne soit pas injonctif mais au contraire dans la réfléxion, dans l’échange d’une certaine manière avec le lecteur.

Par ces exemples, ses explications, il nous amène à réfléchir en nous montrant comment on peut trouver notre confiance qui ne sera pas la même que celle de la personne à côté de nous. En observant la nature, en faisant quelque chose de ses mains, en étant moins dur avec nous même, on peut s’affranchir de nos peurs et donc avoir plus confiance.

 J’ai apprécié l’idée qu’elle s’acquiert, qu’elle évolue, qu’elle est multiple qu’elle peut être laïque ou teintée de spiritualité comme lorsqu’il évoque Bobin. J’ai aimé le côté didactique, les explications et le style clair de l’auteur. Les nombreuses références citées en annexe permettent d’aller plus loin si on veut continuer notre réflexion.

 C’est un livre intéressant pour réfléchir à soi mais aussi à la vie et notre façon de l’appréhender. Il permet de dédramatiser bien des situations et effectivement de trouver des moments où on se sent confiant.

Je me suis laissée porter par les réflexions de l’auteur, le récit n’est jamais ennuyant, il prend des exemples variés en développant de manière claire ses idées. Et peu à peu on chemine d’abord avec lui puis avec nous même ce qui est une belle réussite.

Donc pour commencer une réflexion, décupler votre confiance ou tout simplement pour réfléchir intelligemment n’hésitez pas à ouvrir cet ouvrage et à voyager au cœur de la philosophie et des mots de l’auteur. Vous en sortirez apaisé, un peu plus grand et en ayant envie de voir autrement le monde qui nous entoure, certes les problèmes seront toujours là mais vous ne les verrez plus de la même manière.

Donc callez vous confortablement et prenez une pause pour vous-même et faites moi confiance lisez !

Ps: merci à Netgalley et à la maison d'édition Allary pour la découverte

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