le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Concours automnale des livres à partager 3 ans déjà.

Bonjour à tous

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Alors voilà comme le but du blog c’est de partager des émotions littéraires, autant le traduire littéralement, je vous donne l’occasion de gagner 4 livres ce mois ci pour fêter la bougie de plus sur le blog: 3 ans.

Le premier ouvrage est un 1er roman multi primé Petit Pays  c'est un très beau livre et un joli coup de coeur , il est à gagner grâce au partenariat avec le Livre de Poche.

Fin d'enfance poétique Petit pays de Gaël Faye - le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Petit pays est un premier roman sensible où on suit Gaby et sa famille au Burundi. Son père est français et sa mère rwandaise, il a une petite sœur Ana. Sa vie se résume à sa bande de potes les jumeaux, Armand, à piquer des mangues et faire les fous.

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Le 2e ouvrage est un énorme coup de cœur, un livre qui fait du bien idéal en cette saison tristoune où on passe du rire aux larmes : Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi, c'est avec cet ouvrage que j'ai découvert l'auteur et quelle belle surprise.

Une petite douceur: Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi - le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Tu comprendras quand tu seras plus grande est un roman agréable. Son héroïne Julia est psychologue. Elle a perdu en peu de temps son père, puis sa grand-mère Maminou dont elle était très proche. Une rupture sentimentale s'ajoute à son désarroi.

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Le 3e ouvrage est le dernier ouvrage de Virginie Grimaldi plus sombre que le précédent même si on retrouve sa jolie manière de flirter avec les émotions et de sauver la face avec une situation drôle, je remercie les éditions Fayard pour celui-ci que je me ferai une joie de vous envoyer. Bon vous aurez compris j’apprécie l’univers de Virginie Grimaldi!

Sur le fil le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie Virginie Grimaldi - le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Ce livre est au bord, au fil du rasoir des émotions. J'ai été surprise au départ par l'écriture moins légère, avec un léger soupçon de gravité qui affleure dès le prologue cruellement efficace.L'héroïne Pauline est une jeune mère qui se retrouve célibataire et qui a du mal à l'accepter, elle n'arrive pas à passer à autre chose malgré les injonctions de ses amis, de sa famille.

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Enfin le dernier ouvrage est un très beau souvenir de lecture la veillée de Virginie Carton, avec une plume délicate, une réflexion sur le temps, l’amitié, ses choix de vie et un souvenir de lecture partagée avec une sacrée bloggueuse Erika et une délocalisation sur un autre blog pour la chronique celui  de Grégoire Delacourt qui ressort en format poche et que vous aurez la chance de dévorer.

Un récit touchant: la Veillée de Virgine Carton - le blog d'eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Petite intro une fois n'est pas coutume: cette chronique c'est avant tout l'histoire de rencontre: la 1ere celle avec Erika avec qui je papote virtuellement et qui est une super bloggeuse comme vous pourrez le constatez en allant sur son site : http://pageaprespage.fr On a des auteurs qu'on apprécie en commun mais on n'arrivait jamais à ce voir au salon du livre pour prendre 1 café.

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Donc pour gagner rien de plus simple:

Vous laissez un commentaire en dessous de ce billet pour me dire lequel vous tente et abonnez vous si le coeur vous en dit vous aurez plus de chance de gagner, n'hésitez pas à partager le concours. Pour les livres de poches, ils seront envoyés par la maison d'édition et je vous enverrai le livre fayard de Virginie Grimaldi. 

Bonne chance. 

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17 novembre 2017

Transformer la noirceur en littérature: le livre que je ne voulais pas écrire d'Erwan Larher

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J’avais peur de lire ce livre, c’est bête des pages ça ne peut rien faire me direz vous, mais comme je suis une grande empathique dès fois c’est compliqué certaines lectures même quand elles sont fictionnées.

Ce 13 novembre comme tout le monde a changé irrémédiablement ma manière de voir les choses, les gens, comme le 7 janvier, je me suis interrogée quel intérêt en tant que lectrice, personne à lire ce témoignage ?

 Au départ, je n’avais vraiment pas prévu de lire ce livre, je me trouvais plein d’excuses, d’autres lecteurs m’en avaient parlé favorablement mais je ne me sentais pas prête à le lire. Le hasard faisant bien les choses, j’ai assisté à une discussion de l’auteur à Nancy et il m’a convaincu en expliquant que ce livre n’était pas un témoignage mais un objet littéraire.

Et c’est vrai, certes l'auteur parle de son expérience du 13 novembre mais il parle aussi d’autres choses. Des souvenirs de son passé, de ses proches, de ses histoires d’amours, de son amour du rock, des santiags. Il réussit à faire de ce qui aurait pu le briser, le rendre craintif, une force en alternant les points de vue et en faisant de la littérature.

La construction du livre, alterne sa voix d’écrivain, de personnage et la voix de ses proches, amis. Il s’amuse aussi avec beaucoup d’ironie et de second degré sur lui-même, lors de sa convalescence, même quand il décrit cette soirée au bataclan en se traitant de « super lavette ». Il alterne cette soirée et des souvenirs plus anciens ou ce qui se passera dans les mois suivants.

Il déconstruit son souvenir, le rejoue, le met sur pause, accélère, fait des zoom ou parfois ne dit rien comme certains blancs sur la page ou des majuscules aux mots hurlements ou l’évocation du caillou qui font comprendre, file des frissons sans voyeurisme juste dans l’ellipse.

Cette distanciation que l’auteur met avec son expérience fait qu’on arrive à sourire dans ce livre, de ses anecdotes, de ses obsessions à savoir s’ il va retrouver toute ses mâles capacités. A l’inverse, même si c’est de manière pudique, notamment quand il parle de l’hôpital, des réactions de ses proches, on ressent sa force de vie, l’amour qu’il a pour son entourage, son amie.

Et c’est cela qui ressort de ces lignes: cet amour de la vie, des autres, cette volonté de ne pas rester emprisonné dans sa chair, dans ses souvenirs, dans sa douleur. Cette volonté de ne pas traiter l’autre en ennemi même les terroristes du 13 car à un moment il leur donne une voix( ce qui est d’ailleurs assez perturbant mais qui montre qu’on est dans un récit et pas un témoignage).

Même s’il parle de l’intime, il ne reste pas focaliser sur sa personne, en laissant la parole à ses proches mais aussi en évoquant les autres avec qui il a vécu ce drame ; les soignants qui l’ont aidé il met la focale sur l’humain.

J’ai été touché par certains témoignages comme l’un d’entre eux où la jeune femme évoque son malaise de s'être endormie ce soir là ,(d’ailleurs ça m’a fait un point commun avec elle ce vendredi là je dormais comme un loir car j’avais tenté de séparer 2 élèves et j’avais le poignet en vrac. Du coup avec les médocs et l’arrêt de travail je me suis couchée hyper tôt et ça a évité des sueurs froides à mes proches car sinon j’aurais été sur Paris au mauvais endroit au mauvais moment aux terrasses).

J’avais peur en lisant ce livre d’être voyeuriste, d’être mal à l’aise et même si parfois j’ai lu sous apnée, même si certains détails intimes m’ont questionné il m’a surtout fait réfléchir sur ce qui fait de nous des humains.

Sur le fait que nous sommes avant tout nos choix, nos erreurs, nos rencontres, notre attention qu’on porte aux autres. Et finalement comme me l’avais souligné une amie libraire Delphine on finit le livre apaisé et émue.

J’ai apprécié à la fois l’humain derrière la plume et l’auteur, son cabotinage pour masquer la douleur, le traumatisme qui a réussit à faire de la littérature avec l’horreur et à insuffler de l’humanité là où il n’y en avait plus. Je ne regrette pas d’avoir ouvert ce livre et même si ce texte restera une suite de sensation, un ascenseur émotionnel, de réflexions comme le "et si" , il sera surtout associé à la découverte d’une plume, d’un humaniste et d’une belle bulle d’émotion qui fait du bien à l’âme.

Ce livre est en tout cas la découverte aussi d’un auteur, d’un style, d’un écrivain qui avec du noir fait de l’arc en ciel, avec de la violence fait de la force, joue avec le hasard, joue avec les mots et reconstitue à travers ce moment son identité d’auteur et d’humain qui heureusement n’a pas été détruite par cette fichue balle.

 Donc respirez un grand coup et lisez !

PS: dédicace aux bloggueuses et bloggeurs bienveillants qui m'ont encouragés amicalement à lire ce livre et qui se reconnaîtront, vous aviez raison. Et à la super libraire Delphine Poussin.

 

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09 novembre 2017

Conte poétique #MRL17#PriceMinister le camp des autres de Thomas Vinau

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Thomas Vinau nous dessine un conte moderne, avec son personnage principal Gaspard qu’on trouve en mauvaise posture au début du récit avec son chien. Ce jeune homme cherche refuge dans la forêt, celle-ci semble vivante, animée sous ses yeux. L’auteur avec une écriture très poétique est capable de nous ramener à nos peurs d’enfants quand on tremblait à l’écoute du Petit Poucet, de Blanche Neige ou de Hansel et Gretel. La force, le courage de ce jeune homme et son amitié pour son chien sont extrêmement touchant. Le personnage de Jean Le Blanc à la fois paternel et protecteur est un personnage lumineux, un espoir pour le jeune homme.

Mais le camp des autres questionne aussi sur la norme, avec la mise à l’index de ceux qui ne suivent pas les règles sans dévoiler trop de l’intrigue, le jeune homme va faire la rencontre d’un autre monde dans cette forêt. Il va voir différemment les laissés pour compte, ceux sur qui courent des légendes, sur lesquels les journaux font déjà leurs choux gras. J’ai apprécié cette galerie de trogne avec Capello le général, Sarah la belle gitane, Zo’ et de voir l’envers du décor de la société du XX e siècle où le conformisme, la morale, l’argent fait loi. Cette inversion des valeurs, cet autre monde un peu comme dans la cour des miracles chez Hugo fait réfléchir. J’ai apprécié le travail sur la langue, le jeu sur le regard de l’autre, le regard que la société porte sur ces autres, ces monstres qu’elle fuit ou qui la fascine comme lors des marchés.

Le personnage de Gaspard qui peu à peu, mue, fait l’apprentissage de la liberté, par la découverte de la forêt, de la lecture et de ce monde particulier. Un beau récit initiatique, léger au départ et qui devient de plus en plus critique dans les dernières parties. Qui nous font prendre fait et cause pour les métèques, les déserteurs, les maquignons, les voleurs, les anarchistes, les Roms. Un récit que j’ai dévoré comme un long chant poétique, un jeu d’ombre et lumière,  jusqu’à la dernière page. Le thème de l’exclusion est traité de manière originale comme celui du racisme, des préjugés vis-à-vis des Roms.

Donc plongez avec Gaspard loin des masques et des faux semblants pour découvrir cette bande de renégats, de parias finalement attachants et appartenir au camp des autres beaucoup plus sincère que la société qui les exclue.

PS : les hasards sont étonnants, j’ai participé à une recherche d’une amie prof Aurore qui avait réalisé une séquence de géo et de français sur les Roms que j’ai faite à mes élèves. A cette occasion, j’avais pu constater la force des clichés sur les voleurs, mendiants etc et l’image extrêmement fantasmée de la population qu’on qualifie de Rom, sans faire la distinction entre tsiganes, roumaubs, les origines des populations. A cette occasion, le vocabulaire, les clichés racistes étaient fort, on se rend compte finalement avec ce livre qu’ils partent de là, le carnet de circulation, l’ostracisme et ça fait réfléchir. Et je suis contente de lire le nom de Raymond Guerème dont mon amie prof m’a tellement vanté la gentillesse et l’action auprès de ses élèves.

PS2: Merci à priceminister de la découverte grâce aux matchs de la rentrée littéraire #MRL17, aux marraines Leiloona et à Moka pour le choix de ce livre.

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07 novembre 2017

Voyage apaisant et humain: Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull Claire Barré

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Ce livre est particulier, sans la mise en lumière par des amis bloggeurs Nicolas, Virginie, je serais sans doute passée à côte, ne connaissant pas du tout l’univers de l’auteur.

Du coup ,j’y allais tranquille tout en ayant il est vrai un a priori favorable sur l’ouvrage car ayant des sensibilités proches des leurs,  je savais que j’y trouverai un intérêt. Et là d’entrée de jeu, l’auteur réussit un pari fou nous faire adhérer à son propos dès les premiers chapitres, pages, on la découvre, elle, sa vie, ses aspirations et sa découverte du chamanisme.

Du jour au lendemain, elle se retrouve à se documenter et s’informer sur ce sujet, elle qui ne s’est jamais considérée comme croyante, qui n’a jamais été attirée par le monde des esprits. Elle a longtemps eu du mal à trouver sa place, s’est toujours sentie un peu à l’écart.

Là, effectivement on ne peut que se reconnaitre quand l’adolescence n’a pas été un long fleuve tranquille et qu'elle a été souvent  synonyme de danse avec les ombres. L’alternance entre ses recherches, ses voyages, ses interrogations et sa volonté de comprendre pourquoi d’un coup, une autre manière de voir les choses,  une autre vision de sa vie a emergé m’a touché.

Ce qu’elle dit sur la vie, les sensations, les questionnements sur l’humanité, la nature sont pleines de bon sens. Ses réflexions intimes sur les traumatismes de l’enfance, de la violence, sur la difficulté à prioriser ses choix, se donner les moyens de réussir aussi. Peu à peu de Paris au Dakota, on la suit, on chemine avec elle entre réalité et voyage, entre incompréhension et acceptation.

Avec une écriture précise, une volonté d’introspection, d’être au plus près des étapes et des conséquences de ce bouleversement dans sa vie, l’auteur réussit à nous faire tourner les pages pour comprendre l’énigmatique titre du début. D’expériences, de signes , de coïncidences à des visions finalement personnelles et qui font écho à son paradis intime l’auteur se dévoile à la fois pudique et sincère et je crois que c’est ce qui m’a touché.

Oser dire la volonté de bienveillance, l’envie de voir autrement, son amour pour ses proches, sa découverte du génocide indien. Oser assumer le « je » et cette expérience folle dans notre monde rationnel sans avoir peur du regard du lecteur.

Du coup, qu’on adhère ou non à ses propos, on se laisse porter. Personnellement, malgré mon côté hyper rationnel ( mon côté historien sans doute) je me suis laissée portée et j’ai réentendue mon côté intuitif ( mon côté littéraire). Me suis rappelée des jours plus sombre où mon intuition, la littérature, les rencontres, dont on sait qu’elles seront importantes changent une vie. Cette espèce de spiritualité, philosophie qui parfois ressort d’un tableau, d’un paysage ou cette sensation parfois de se sentir à sa place alors qu’on n’ a jamais mis avant les pieds à cet endroit sont remontées à la surface. J’ai aimé ce voyage spirituel et littéraire, côtoyer des figures de la littérature que je connaissais ou non, découvrir cette auteur à travers ce témoignage si humain et solaire finalement.

Un beau voyage qui fait du bien, apaise et fait réfléchir, donc découvrez le chamanisme à la suite de Claire Barré qui vous reconnectera avec votre humanité, vos rêves et votre cœur.

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02 novembre 2017

Libérées de Titiou lecoq: s'évader de l'image de la femme parfaite qui n'existe pas.

 

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Libérées est une réflexion argumentée de Titiou Lecoq sur la condition féminine,  à la fois sur la relation aux tâches ménagères, au travail, au couple, aux enfants. A partir d’exemples concrets, d’anecdotes personnelles souvent drôles, l’auteur amorce sa réflexion avec des titres accrocheurs à chaque chapitre. Mais ce livre n’est pas un roman de développement personnel ou un roman pour faire rire même  s’il a de l’humour qui est caractéristique de la manière d’écrire de l’auteur qui n’est jamais la dernière pour se moquer d’elle-même, de ses contradictions et qui ne se prend pas au sérieux.

Ce qui m’a plu c’est la véritable réflexion faite autour de l’image de la femme par la société mais aussi l’image que les femmes ont sur elles-mêmes et finalement le fait que souvent on est notre propre tyran domestique, notre ennemi intérieur. Elle replace l’évolution de la place de la femme à travers l’exemple d’études statistiques, d’enquête de sociologue,  et de données objectives pour réfléchir aussi sur l’éducation, la notion de genre,  le rapport au corps, aux remarques sexistes. Pour montrer que certains de nos comportements, de notre attitude est le fruit d’une longue éducation ou poids que l’on a sur les épaules imposés par l’histoire, les religions, les habitudes.

Ce livre est passionnant à lire, il amène à réfléchir sur cet impensé, cette assignation de la femme dans l’espace privée, cette volonté de toutes les époques de contrôler leur rapport à l’espace public, à leur corps, à la maternité, à la maison. Cette culpabilisation souvent même quand on est indépendante financièrement, qu’on travaille par rapport à l’image de la parfaite ménagère, la mère de foyer idéal.  Et effectivement, on se rend compte que pour changer les choses, il faut déjà modifier le regard qu’on a sur soi, que la réflexion sur l’éducation est primordiale pour que les choses avancent. Finalement, ce livre fait écho en ce moment, au débat où la société semble découvrir qu’il est difficile d’être une femme aujourd’hui, qu’on nous demande d’être indépendante, performante mais pas trop, de savoir rester à notre place, d’avoir des enfants, de savoir tout faire en somme sauf qu’à part dans les films les wonderwomen ça n’existe pas. Les réseaux sociaux découvrent les remarques blessantes, sexistes, la difficulté de se balader seule dans la rue en journée ou le soir si vous tomber sur des ânes qui ne voient que leurs pulsions à la place de vous.

Un livre à mettre entre toutes les mains pour mieux réfléchir, pour avancer et faire bouger chacun à notre échelle le combat féministe, qui n’est pas seulement pour les femmes mais qui est avant tout un débat sur l’humain, le respect,  la solidarité et qui est encore et toujours essentiel à l’heure où quelque soient  les arguments, les bords politiques, les pays on veut faire taire l’idée que les personnes peu importent leurs sexes  sont avant tout des personnes dignes de respect.

Donc a vous de poursuivre la réflexion et de continuer le combat avec Libérées.

PS : à la fin de la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus votre sac à  main de la même manière. Merci à Alexandrine, Marie Fé pour le conseil.

 

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31 octobre 2017

Rêve et vie l'appartement témoin de Tatiana de Rosnay

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L’appartement témoin est le 1e roman de Tatiana de Rosnay qui a été réédité en format poche, c’est toujours intéressant de repartir au début de l’œuvre d’une auteur. Comme beaucoup de lecteurs, j’ai découvert l’auteur avec elle s’appelait Sarah, c’est à partir de là que je me suis mis à relire de la littérature blanche avant je ne lisais que du polar. Puis j’ai lu avec plaisir Boomerang, ( et j’ai ressenti les mêmes émotions lors de son adaptation en film ce qui est rare),  puis à l’encre russe où pour la 1ere fois j’ai changé d’avis sur un personnage principal, le voisin qui m’a fait flipper,  ses recueils de nouvelles (Son carnet rouge, café lowendall) et le dernier en date la partition amoureuse que j’avais  apprécié.

Autant dire que j’aime l’univers de la romancière et j’aime me couler dans les pas de ses personnages, ici on suit un homme dont on ne sait pas le nom ; divorcé, père de Camille, la cinquantaine qui vient d’acheter pour la 1ere fois un bel appartement parisien. Celui-ci va bouleverser sa vie, par une série de circonstances qui vont l’amener de Paris à New York, Londres, Venise.

Cet homme à la mi-temps de sa vie , va tout revoir d’un œil neuf, son mariage, son rôle de père, ses envies, sa vie, son passé. Cette quête d’idéal, d’absolue, cette enquête qu’il mène sur les anciens habitants de son appart sont surtout une quête de lui-même. Alternant la narration à la 1ere puis 3e personne,  rêve et réalité, l’auteur joue avec les codes, le personnage et le lecteur.

J’ai aimé ce côté éthéré des rêves du départ, la réflexion sur l’amour, le sexe, la famille, la volonté du personnage d’aller jusqu’au bout de ses intuitions même si elles paraissent folles, irrationnelles. On est bercé par la musique de Mozart, la beauté des paysages  des grandes villes qu’il traverse, son amour pour les femmes, son amour absolue pour sa fille. Aussi à l’aise dans la description d’un couple qui se déchire que lors de la description de l’émoi musical, dans la description de New york et du monde faux de la mode à la beauté cachée de la Sérénissime.

L’auteur joue une belle gamme et nous fait aller loin des sentiers battus jusqu’à la dernière page. J’ai retrouvé ce que j’aime chez l’auteur la présence de personnages forts, ambigües, son don pour les ambiances parfois étranges, l’alternance entre profondeur et légèreté comme le personnage qui semblable à Fred Astaire danse entre les 2. Le personnage de Camille joli rôle solaire est touchant, comme Laetitia finalement l’ex femme qu’on découvre à travers les souvenirs du personnage. Les figures de cantatrice d’Adrienne Duval, de lady Hunter sortent d’idéal féminin sont couverts d’ombres, 1 quête impossible mais qui rythment le récit. J’ai apprécié ce personnage paumé qui se rend compte qu’il est temps de prendre sa vie en main et de se regarder en face.

Un roman agréable, rythmé, qu’on lit rapidement et qui laisse son empreinte, impressionnant pour un 1e roman, on retrouve les clés de l’univers de Tatiana de Rosnay et c’était une belle façon de reprendre mes lectures de cette auteur. Donc sondez les murs de l’appartement témoin, laissez vous envoûtez par la musique de Mozart.

Ps: merci au livre de poche pour la découverte.

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23 octobre 2017

Desnos vivant dans légende d'un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant

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Parfois, mes élèves me demandent l’intérêt de lire, des mots, à quoi ils servent ? Après tout ils ne nourrissent pas, ils n’empêchent pas les balles. Certes sur ce point ils ont raison, mais de temps en temps,  il y un livre, des mots, un auteur qui vous transperce, qui utilise les mots que vous aimeriez dire, qui vous fait voir la réalité autrement. Ces rencontres sont rares, précieuses, elles arrivent parfois, elles font tout oublier les soucis, le temps qu’il fait, l’étroitesse de la vie ; les mesquineries du quotidien et elles élèvent l’âme.

Là vous vous dites que j’y vais un peu fort mais non, ce n’est pas assez fort pour vous décrire l’état dans lequel je suis à la fin de cette lecture. Je ne suis pas très poésie, ma fréquentation des poètes se limite à Ronsard, Du Bellay, Hugo, Baudelaire, Eluard, René Char, Aimé Césaire pour les autres, c’est des poèmes de ci de là mais rarement des recueils entiers Car j’ai toujours pensé que j’étais hermétique à la poésie. Et Desnos à part une lecture marquante de Jean Louis Trintignant où il y a quelques années il lisait aussi Eluard et Aragon, Prévert et Vian en 2011 c’était tout. J’ai  découvert la poésie de Desnos comme tout le monde à l’école puis dans mon parcours professionnel, c’était des poèmes, une notice biographique, une photo, un exemple de poète engagé.

 Et puis j’ai ouvert les pages de Gaëlle Nohant et j’ai découvert Desnos. Elle a l’art de conter les histoires, déjà pour son précédent livre elle recrée le XIX e siècle. Ici elle restitue les ombres, l’alternance de lumière, d’espoir et la montée de la violence, de l’horreur, de la déshumanisation à travers le parcours du poète. Elle donne vraiment vie à ce Paris des années 30 à 50 à la fois dans sa folie de la 1e partie jusqu’à l’Occupation. Elle restitue une âme, une voix, une identité à Desnos en s’infiltrant à travers ses mots et en écrivant à  la 1ere personne. Et à chaque fois, elle cite des extraits de poèmes, ce qui donne encore plus de force au récit, à la voix du poète.

On le découvre cabot, aimant jouer du coup de poing, fasciné par l’Amérique latine, et son métier de journaliste. On chemine avec lui dans les différents quartiers de Paris qu’on redécouvre, on relit l’histoire des surréalistes avec Breton, découvre son amitié avec Barrault, Picasso, Prévert, Eluard. Son engagement envers et contre tous, d’abord discret puis de plus en plus actif dans les réseaux de la Résistance. On apprend à connaître sa face d’homme avec ses amours tourmentés pour Yvonne puis Youkie, plus apaisée pour Bessie. Sa recherche de liberté dans la poésie, son goût pour les voyages, les rêves, la chiromancie. Ses amitiés indéfectibles, ses folles soirées à la rue Mazarine et son inconscience parfois.

Il semble tellement vivant, présent sous la plume de l’auteur qu’on n’a pas envie de le laisser et même si on sait que les ombres se rapprochent, on espère c’est ce qui est fort chez l’auteur instiller cet espoir. Cet espoir fou que tout passe, que ça va aller qui porte aussi  Desnos de sa vie de poète fauché à celui de journaliste établit qui fait de la radio, du cinéma. J’ai découvert toutes les facettes du personnage. J’ai aimé son intégrité, son insolence, sa verve. J’ai aimé découvrir Foujita, côtoyer Eluard, Barrault, Antonin Artaud.

Avec minutie, poésie, en alternant légèreté et gravité l’auteur redessine pour nous ce Paris oublié, ce Paris martyrisé sous l’occupation, cet affrontement pour des valeurs la liberté, l’intégrité, le courage d’aller jusqu’au bout. J’appréciais les poèmes de Desnos, je ne les lirai plus de la même manière, grâce à l’auteur j’ai découvert l’homme derrière l’artiste. Elle nous fait réfléchir aussi à notre époque, à la force des mots, de la littérature, au rôle qu’on veut jouer dans la vie. Desnos a toujours cru à son étoile, à aimé follement sa Sirène la belle Youki qu’on a volontiers envie d’étrangler dans les premières parties du livre.

On ne lit pas ce livre, on le vit, on ne découvre pas Desnos, on se prend d’affection pour lui, ce livre n’est pas un roman mais une ode, un hymne à ce poète. Gaëlle Nohant est une très belle passeuse d’émotions et de littérature, son travail remarquable, fait que son écriture elle-même devient poésie. Elle se fond totalement dans les habits du poète et lui restitue sa vie. Même dans la dernière partie, où ses amis parlent de lui où Youki prend une autre dimension.

On ne peut que lui dire merci, merci de le mettre en lumière dans ce monde qui a tellement besoin de visionnaire, d’éveilleur de conscience. Merci de nous faire vibrer jusqu’au bout, même si les larmes chaudes coulent à la fin et qu’on n’a pas envie de le quitter. Merci de nous l’avoir rendu intime, vivant et d’avoir permis ce voyage. Merci d’avoir fait la passeuse du pont au change, un pont entre nous et lui.

Ce livre n’est pas un roman, il est au-delà, Gaëlle Nohant est plus qu’une auteur dans ce livre, elle est une magicienne qui avec de l’ombre fait de la lumière, avec ses mots fait battre notre cœur. Donc, j’assume, c’est une véritable déclaration d’amour pour ce livre qui m’accompagnera longtemps, que j’ai pleinement envie de défendre car il le mérite en tout cas je lui décerne le prix du cœur et de l’émotion.

PS :  mes mots sont bien moins poétiques que Desnos et Gaëlle Nohant, ils sont très positifs, ils n’ont aucun bémol, aucune critique car cette émotion brute, poétique qu’elle a fait naitre finalement n’est pas facile à décrire. Pour me comprendre : Lisez-le !

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21 octobre 2017

Rendez vous manqué: Nos richesses Kaouther Adimi

 

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Nos richesses est un récit en 3 temps, celui d’aujourd’hui avec Ryad et Abdallah en Algérie, celui d’Edmond Charlot brillant éditeur de Camus, Dib, Roy entre autres et d’un narrateur omniscient, un « nous » collectif qui rappelle les grands évènements qui se sont déroulés en Algérie et à Paris pendant le conflit.

Avec une écriture à la fois précise, réaliste et parfois plus sèche, l’auteur nous décrit son Algérie, son histoire. Elle décrit aussi la ville véritable décor à la vie de ses personnages réels et de fiction. J’ai aimé cheminer aux côtés de Charlot même si le format journal avec juste des dates et des entrées m’a quelque peu décontenancé. J’aurais aimé passer plus de temps avec lui parfois. La partie contemporaine avec le poids du passé, de l’héritage et ce vieil homme Abdallah qui a consacré toute sa vie à la librairie et aux prêts aux vraies richesses est émouvante. Cette vie d’indigène à homme libre, qui voit ses souvenirs, ses fantômes disparaitre. Les descriptions sont poétiques ou drôles comme l’évocation de la bêtise de la bureaucratie avec l’histoire des livres, la vie sous surveillance aussi. Ryad m’apparait un peu plus falot à côté contrepoint de cette jeunesse qui a tout oublié, perdu juste là pour faire son travail vider ce lieu la librairie les vraies richesses, le rendre propre et peu importe les souvenirs, la vie du quartier.  Avec un sentiment de nostalgie, de fin de siècle qui déborde de ces lignes, de ce lieu qui perd un peu son âme, son histoire.

On découvre par contre le formidable travail d’éditeur, de découvreur de talents de Charlot, son envie de faire de ses éditions une bande de copains, son énergie, ses difficultés. Sa passion pour son métier, ses idées novatrices mais aussi les amitiés de part et d’autre de la méditerranée et ses tentatives parisiennes avortées. L’auteur s’est bien documentée sur lui, sa vie et cette partie est très intéressante. Je connaissais un peu cette histoire par mon libraire qui a donné ce nom à sa librairie mais j’ai pu en apprendre plus grâce à ce livre. Un joli livre sur un destin manqué, la malchance, sur l’Algérie en filigrane jusqu’à la violence absolue de Sétif et de Charonne. Sa passion, sa volonté d'être un passeur de livre, car il fait aussi du prêt, de découvrir et de publier les histoires sans tenir compte des risques, des conséquences financières sont bien mises en avant.

Il m’a manqué quelque chose pour être emportée, je ne sais pas quoi, peut être que le changement de narration les histoires imbriquées ont cassé ce fil dommage. Le récit sous forme de journal, la volonté d’en savoir plus sur les amis de Charlot, m’a laissé une impression d’inachevée sans doute parce que je suis intéressée par cette histoire, que la rencontre avec l’auteur avant la lecture de l’ouvrage m’avait fait imaginer autrement son récit.

Un livre agréable mais avec des bémols, sa magie n’a pas totalement opérée pour moi, ou seulement par moment (sur Charonne, le personnage d’Abdallah, le périple à Paris m’ont embarqué), mais pas assez pour que ça soit un coup de cœur. Mais le livre est intéressant donc partez à la découverte de la bande à Charlot et d’Alger la belle.

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15 octobre 2017

Jusqu'au bout du rêve les hautes lumières de Xavier de Moulins

les hautes lumières

 

photo de Virginie Vertigo.

Les hautes lumières sont ma 1ere incursion dans le monde de Xavier de Moulins, j’avais découvert lors de son dernier roman qu’il était écrivain. Plusieurs des mes amies lectrices m’avaient conseillé de le lire mais je n’en avais pas eu le temps.

J’ai réparé cette injustice pour celui-ci,  en lisant la 4e de couverture je me suis dis bon ça va être tranquille comme lecture et pas du tout. Dès le 1e chapitre, les 1eres pages, l’auteur installe un univers à la fois sombre et lumineux. Sombre autour des douleurs, des failles, du passé des 2 personnages principaux Nina et Tahar.

2 jeunes gens issus de la cité qui vivent à proximité de Bondy, ils ont quitté les tours pour s’installer dans un joli pavillon car leur rêve c’est de fonder une famille. Malheureusement, quand nous les découvrons depuis 10 ans toutes les tentatives médicales ont échoué et cette non parentalité fragilise leur couple.

Surtout Nina, Nina la belle qui a tout sacrifié pour ce désir là, son estime, son corps transformé par les hormones pour être dans la norme. Une mère comme les autres, c’est un personnage ambivalent Nina, fragile au départ, au bord de la rupture qui va évoluer au fil des pages et des épreuves. Nina et son amour fou pour son père, sa passion pour Tahar.

Tahar le taxi, fier de l’être, bon mari, bon fils qui obéit aveuglément à ses parents Abdela et Samira dont il est l’unique enfant. Il a toujours fait ce qu’il fallait, était là pour Nina pour l’aider à se relever. Il a mis ses rêves de gloire de foot en suspend et même s’il aimerait être père, pour lui l’essentiel: c’est Nina.

Leurs trajectoires vont être bouleversées par 2 personnes, 2 éléments du destin : le 1e un petit garçon vif, intelligent Abdekalrim qui vit au Maroc, la 2e Françoise une photographe qui va croiser la route de Tahar. Leur petit monde bien structuré va se fissurer. Viennent alors les ombres, les forces contradictoires, les embûches alors qu’ils sont si près de leur rêve. L’auteur nous questionne alors sur nos idéaux, nos valeurs , Sont-ils les nôtres? doit-on renier ses envies, ses désirs pour rester sur le droit chemin ? Doit-on écouter son cœur ? S’écarter sans penser aux conséquences ? Doit-on tout sacrifier pour devenir parents ?

Divisé en différentes parties, chacune de celle-ci se termine sur un retournement de l’histoire, une autre évolution d’un des personnages principaux. Et c’est la réussite de la construction du livre nous faire passer de l’intime au collectif du couple, de la douleur à la joie, du réalisme à la poésie, du désespoir à  la volonté d’un autre départ.

En alternant leurs points de vue, l’auteur fait grandir ses personnages qui en deviennent terriblement humains, faillibles. J’ai été impressionnée par le personnage de Nina, la retranscription de sa douleur puis de sa force. A l’inverse Tahar est de plus en plus émouvant, à mesure qu’il vacille, doute et veut écouter sa petite voix intérieure. Les descriptions du Maroc très poétiques, des virées de Tahar en taxi, l’opposition entre le monde de Françoise et celui de la banlieue sont prenantes. Les procédures médicales, administratives, le mal être de ne pas avoir d’enfant interpellent et touchent le lecteur.

J’ai aimé vivre à côté de ces personnages, être surprise à chaque partie, voir sous mes yeux les lumières des tours et la magie du Maroc. J’ai apprécié l’importance de la famille, l’amour qui lie Nina à ses beaux parents, à son père. Cette volonté de se relever à chaque étape, épreuve. Comme à la fin d’un bon film dont on n’a pas prévu le dénouement, on termine sonné et on relit différemment les cauchemars de Tahar.

Une plongée dans la vie de famille, l’identité, la transmission qui ne vous laissera pas insensible. Donc foncez lire les hautes lumières et vous garderez en vous des traces de ce voyage.

PS: merci à Virginie, Sylvie pour le conseil lecture. 

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12 octobre 2017

Sombre France une histoire trop française Fabrice Pliskin

une histoireLe roman nous conte l’histoire de 2 hommes :Jodelle et Louis.Le 1er est le grand patron adoré par ses employés d’une usine d’implants mammaires qui fraude à tour de bras.Le 2e est un journaliste littéraire qui essaye d’écrire un roman et n’y arrive pas et se retrouve empêtré dans une relation toxique avec Eudoxie une jeune rwandaise qui le tyrannise dans sa vie privée.

Jodelle est auréolé de sa suffisance, de son amour pour la grande littérature, il joue de ses origines modestes et de la gloire de son grand père, il a mis en place un système social excellent pour ses employés en échange de leur complicité.

On suit le destin de ce patron Jodelle qui a embarqué tous ses employés dans cette fraude dangereuse pour la santé, à coup de promotions, avantages, mise en scène de leurs vies dans l'entreprise. Il revendique la défense des salariés, un côté littéraire qui le pousse à envoyer chaque jour de la poésie à ses subordonés. Il ne se préoccupe pas de ses victimes, des doléances des commerciaux ou des appels qui signalent les soucis de santé des femmes. C’est ce qui est glaçant par moment, cette impression de grande mascarade, de foire qui fait que les employés lors de cérémonie accepte cela, où chacun de la directrice commerciale aux trempeuses a un rôle dans cette sombre histoire. La question de la responsabilité, du collectif est posé à travers ce récit sous couvert de la fiction.

Louis est paumé entre sa nouvelle maitresse qui veut un enfant, ses enfants d’un premier lit, son chômage longue durée et il essaye de redorer son image. Il accepte de travailler dans l’usine de Jodelle qu’il a connu sur les bancs du lycée pour retrouver une place. Il se retrouve confronté à un choix éthique lui qui doit répondre aux injonctions de sécurité, sa solitude, sa conscience en font parfois un personnage touchant mais souvent on a envie de le secouer, de lui dire d’arrêter de se regarder et d’agir.

Le ton est noir, ironique, très second degré pour décrire le système, les employés de l'usine et les prétentions de Jodelle, les tourments de Louis et de sa vie de couple, son racisme inconscient, sa volonté d’ouverture et sa passion dévorante pour Eudoxie. L’auteur utilise des évènements réels pour faire réfléchir et montrer les égos de ses personnages et de notre société dominée par le paraitre, l’argent, le besoin d’être heureux sans penser aux conséquences, en faisant des compromissions. Les nombreuses références à la littérature émaillent le récit et les chapitres se lisent rapidement.

J'ai bien aimé ce livre, même s'il n'est pas un coup de coeur. Il est méchamment drôle et ironique sur un fait divers glaçant. La démesure du personnage de Jodelle, les atermoiements de Louis vis à vis d'Eudoxie, de son travail, sont parfois agaçants et il y a quelques longueurs. Mais l'humour noir et la dénonciation de la corruption, de la lâcheté sont bien présents avec un parti pris original de l'auteur que vous allez soit aimer ou détester.

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