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Il était une ville a pour cadre Détroit, une ville ravagée par la crise qui ressemble à une ville fantôme La ville est un personnage à part entière dans l’histoire. C’est là que débarque le personnage principal, Eugène français qui travaille pour une grande entreprise d’automobile américaine qui débute et clos le récit. Après un échec en Chine, il se retrouve parachuté dans cette ville brisée. Il découvre la société américaine, la réalité de la crise avec les magasins, les quartiers déserts, les banlieues identiques et sans âme.

A côté de lui, Charly un jeune ado tout maigre et sa bande d’ami traine dans la ville, ils aiment le sport. C’est un gentil garçon élevé par sa grand-mère. La ville est leur terrain de jeu.

La misère, le désespoir mais aussi l’appétit de vie pointe à travers ses pages, la description des personnages, l’atmosphère d’apocalypse est bien décrite. Comme les conséquences de la crise économique, du chômage, de l’abandon de cette ville qui semble s'éteindre et renaître à la fois.

La déshumanisation du monde de l’entreprise avec les décisions absurdes, la taylorisation chère à Eugène, la corruption généralisée, l’effondrement du système bancaire sont bien analysées. La blague qui court dans la ville est que le dernier qui parte éteigne la lumière en partant, fait froid dans le dos et se matérialise par les friches qui grandissent.

Des personnages secondaires surnagent comme le rayon de soleil Candice serveuse au bar qui essaye de garder le sourire. La grand-mère de Charlie prête à tout pour le protéger en souvenir de sa fille disparue du jour au lendemain.

Une tendresse se dégage de ces déclassés, cette classe moyenne d’ouvriers, de flics qui s’enfoncent dans la pauvreté. Le personnage de la Grand-mère qui se bat pour retrouver son petit fils, qui se rappelle le quartier d’avant la crise est très émouvant. Elle reste debout malgré les embûches. La crise a un visage humain à travers ces destins croisés.Une poésie emprunte de nostalgie se dégage autour de ses enfants perdus, Charly ,Gros Bill dans ce monde urbain devenu un vaste terrain de jeu. Le passage sur la découverte de la Zone et la comparaison avec le far west est magique.

C’est un magnifique chant d’espoir malgré la ruine, la catastrophe, le règne de l’argent et les conséquences sur la population, le monde survit. Ce livre n’est finalement pas triste mais avec de jolie teintes comme un tableau impressionniste qui mélange les couleurs vives, les émotions, les relations d’amitié, d’amour et le noir, le gris avec l’effondrement de la ville ou la violence.J’ai vraiment aimé ce livre qui n’est pas un énième livre sur la crise mais un bel hymne à la vie, à la beauté des petites choses, à l’humanité.

Donc découvrez une autre facette de la ville américaine et les destins bouleversants de Charly, Eugène, Candice et Brown. Allumez une lueur d’espoir et laissez vous envahir par cette histoire.

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