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Harold Cobert est un auteur dont j’apprécie particulièrement l’univers (si vous suivez le blog vous avez dû vous en rendre compte). Quand j’ai su qu’il allait sortir un nouveau livre j’étais contente, quand j’ai vu le sujet je me suis dit mince les faits divers même « fictionnés »ne sont pas mon genre littéraire de prédilection. Et j’avais tort car j’ai apprécié ce livre. Je dois dire que j’ai été bluffé par l’écriture de l’auteur, ce livre est très différent de ses précédents romans.

J’ai trouvé l’écriture particulièrement dense, ciselé avec un phrasé particulier notamment dans la tête de Monique Fourniret. Avec ses longues phrases cadencées par ses virgules, à l’inverse ses silences, hésitations, des premiers interrogatoires magnifiées par les points de suspensions.

La construction en monologue est brillante, on alterne, la plongée dans la tête étrange de la mésange qui nous parle aussi bien du quotidien, de son passé que des horreurs qu’elle a fait avec Fourniret. Son vocabulaire est froid, précis comme si elle nous parlait du temps qu’il fait. Puis, on suit les pas de l’inspecteur Jacques qui s’interroge sur cette femme est elle un bourreau ou une victime ? Est-elle encore un être humain qu’on peut comprendre ou juste un monstre ? Et heureusement qu’il est là pour retrouver un point de vue plus humaniste. On suit les ravages qu’opèrent peu à peu cette enquête sur son quotidien, sa vie privée comme sur celles des autres enquêteurs.

Le livre nous interroge sur la perversité, comme un cliché surexposé et expose la partie la plus tortueuse et malade de l’âme humaine. Sans voyeurisme ni côté glauque, avec un style sobre et efficace l’auteur ne juge pas mais nous donne à voir d’une manière quasi chirurgicale cette affaire.

L’affrontement psychologique entre les deux protagonistes, les évocations des différents crimes et agressions sont intéressants. On a l’impression d’assister aux interrogatoires. Peu à peu et c’est la réussite de l’auteur, on oublie la véracité des faits pour se plonger dans ce récit dont on ne peut se sortir. Au fil des pages, on essaye d’appréhender à défaut de comprendre cette femme, cette mère de famille qui est capable de livres des MSP (abréviation horrible que vous comprendrez en lisant le livre) à son homme. J’ai apprécié la manière dont l’auteur réussit à nous embarquer, en faisant de ce fait divers un vrai objet littéraire. Le travail sur la langue, le rythme soutenue, cette course contre la montre pour trouver des preuves sont une réussite. Il réussit à garder une cohérence en alternant les points de vue, il n'y a pas un mot de trop ou à enlever de ce roman.

J’avais apprécié les précédents livres de l’auteur mais là il m’a surprise car réussir à m’embarquer dans la tête d’un personnage que je n’apprécie pas, sur des faits divers que je ne suis jamais chapeau bas. Dépassé le simple questionnement simpliste et manichéen pour s’interroger sur la nature humaine ça c’est le signe d’un excellent roman. En résumé, j’ai énormément apprécié ce roman comme vous l’aurez compris.

Donc allez chez le libraire le plus proche et lisez-le !

PS : même si le sujet vous fait un peu peur, faites moi confiance, je vous assure plongez vous dans ce livre vous ne le regretterez pas.