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Il y a des petits bijoux de lecture qu’on découvre comme ça par hasard, celui-ci en fait partie, sa couverture, son auteur et le bouche à oreille m’ont poussé à ouvrir ses pages. Et ça a été un choc, une écriture sensible, bienveillante et très évocatrice. Une fable, un conte moderne autour de la vie, l’injustice, les difficultés de comprendre les gens qu’on aime. En cassant les codes, en se laissant porter par un imaginaire et un partis pris presque onirique l’auteur m’a totalement embarquée. Pourtant le sujet semble plutôt triste à la base, la perte d’un enfant malade et les conséquences que ça a sur la vie d’un jeune médecin. Mais c’est une véritable ode à la vie, au voyage,au pouvoir des mots qui sont capables de sauvegarder la vie de ceux qui sont partis.

J’ai été touché par ce petit enfant gris No’, sa vitalité, son envie de croire , son amour immodéré pour Maria sa mère. Celle-ci mystérieuse qui se dévoile au fil de l’enquête et des écrits que découvre le jeune Jo qui veut comprendre son absence, ses actions. Les histoires qu’il raconte, les actions quotidiennes pour maintenir l’espoir chez le petit garçon sont touchantes. Les passages d’après « la déchirure » sont magnifiques aussi de Rome à Jérusalem, on traverse les interrogations, doutes  du jeune homme. La galerie de personnages avec les logeuses de la pension Lili, Noah sont extrêmement touchants avec leurs failles. Ce petit fantôme qui veille sur lui, qui l’aide à grandir, évoluer, accepter l’inacceptable, l’injustice face à la maladie, la mort.

Par moment, j’ai eu les larmes aux yeux ce livre a fait remonté des souvenirs , il m’a fait rire aussi, me révolter. Il donne une très belle vision de l’amour , de la passion mais aussi malheureusement de la bêtise crasse, de l’intolérance face à l’amour qui se conjugue au même sexe. Un bel hymne à la tolérance, à l’acceptation de l’autre, des valeurs humanistes qui traversent le livre au fil des rencontres du narrateur.

Comme dans un conte l’auteur nous prend par la main et alterne un récit classique et un autre totalement hors norme qui nous embarque dans cette quête folle et intime. Cette construction qu’il maîtrise jusqu’à la fin est subtile et efficace. Un voyage à la fois personnel et universel qui a touché une corde sensible.

La poésie, la douceur mais aussi la force de l’écriture sont présentes à chaque mot, il faut lire ce livre pour le comprendre. Une fois commencé on ne peut pas lâcher la main de Jo et No. On veut comprendre Maria, Noah et continuer la route avec eux.

Donc découvrez cette ballade poétique, onirique, humaine, cet hymne à la vie et au souvenir en lisant la ballade de cet enfant gris qui reste gravé après la fermeture du livre dans votre esprit.

PS : merci à Marie, Alexandrine pour votre confiance et cette belle couverture bleue va rester longtemps dans ma mémoire.