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Il y a des livres qu’on lit et d’autres qu’on ressent, celui là appartient à la 2nde catégorie. Au début quand j’ai commencé ma lecture j’étais plutôt tranquille puis je me suis rendue compte que par moment je lisais en apnée. Que je m’arrêtais pour relire des phrases qui me semblaient tellement fortes, belles, évidentes.

Et l’émotion a été crescendo, on s’attache à la narratrice Hélène célèbre écrivain qui à la veille d’un procès décide d’écrire une lettre à Léo. Primo romancier rencontré quelques mois plus tôt et dont elle veut lui expliquer pourquoi il n’y aura pas de suite à cette rencontre. Pour cela, elle lui raconte par bribes son enfance, adolescence, son incapacité à aimer, son fonctionnement, son rapport aux hommes et au sexe.

L’écriture forte, acérée, précise vous file une grande claque d’émotion au cours de la lecture. On a envie de prendre dans ses bras cette héroïne Hélène. C’est une histoire avant tout d’amour, de vie , comme on écoute une amie , une confidente on se laisse accompagner au cours de 3 nuits par la narratrice et son histoire.

Elle dévoile devant nous une à une ses cicatrices, failles mais aussi ses forces, mécanismes de défense et a un regard lucide et désabusée sur elle-même. Et pourtant Léo l’a touché et elle a envie de lui parler, de le retenir encore un peu à travers ses mots et cette confession qu’elle lui écrit.

L’alternance d’anecdotes, les références littéraires ; la description du quotidien banal comme de la monstruosité donnent une intensité au récit. C’est la force de cette femme, de son témoignage qui m’a marqué, sa tentative de se reconstruire morceau par morceau au dessus de ce vide qu’elle survole depuis 30 ans . Elle  se recompose pièces par pièces comme dans un puzzle.

Une écriture qui claque qui va droit au but et qui vous attrape et ne vous lâche pas. Elle met en valeur la complexité de la psyché humaine, d’une personnalité, un beau portrait de femme moderne et forte qui se réconcilie peu à peu avec elle-même. Une bien belle découverte de l’univers de l’auteur Sylvie le Bihan que j’aurais plaisir à retrouver avec ses deux précédents romans.

Donc  venez recueillir la vie de cette femme, partagez ses secrets et laissez là vous accompagner pendant votre lecture.

Ps 1 : quelques phrases glanées : « L’homme est ce qu’il croit ». Je suis persuadée que ce sont nos croyances qui attirent nos expériences et c’est peut être la raison pour laquelle je n’ai jamais aimé, puisque je me crois condamnée à être seule, à ce qu’on m’abandonne, incapable de donner ; en un mot pas « aimable », au sens propre du terme ».

« Je ne vis qu’à moitié mais je souffre moins, c’est mon choix ».

«C’est tellement effrayant  à 47 ans de découvrir qu’on a toujours su sourire mais qu’on ne l’a jamais fait »

« Juste nos mains qui se sont frôlées , se détachant lentement, glissant du coude jusqu’au bout de nos doigts, un corps chaud qui se retire doucement après l’amour parce qu’il sait que ces secondes scellent déjà l’éternité de l’adieu ».

Ps 2 : Merci à Nicolas de m’avoir donné envie de lire ce livre, ce que je ne regrette absolument pas !