kaleidoscope

 

Il y a des auteurs dont ont apprécie les mots, qui vous parlent instantanément. Il y a une manière de les agencer, une complicité qui s’établit dès les premières phrases. A la lecture de ce 3eme roman de Michael Uras, je peux dire que j’apprécie son style.

La construction est originale comme un kaléidoscope, avec une multitude de couleurs, on entre dans la mémoire du narrateur Jacques. Il nous livre dans le désordre une série de madeleines de son enfance, de l’âge adulte, de sa famille. Des portraits drôles ou tristes selon les moments, ce père maçon discret, sarde fier de ses origines italiennes. Le frère Pietro amical et dingue de mode, la mère protectrice vis-à-vis de sa famille. La grand-mère figure à part sur l’île. Les premiers amours, la paternité, les vacances, les secrets de famille, les petites déceptions. Mais aussi des sujets plus sérieux sur la mort, le racisme, le déracinement, la fierté de ses origines.

Un récit difracté mais tellement cohérent, comme une suite de perles autour d’un collier qui racontent une histoire touchante et émouvante. Mêlant récit à la 1ere personne, évocation des années 1980 et d’aujourd’hui, entre fiction et réalité, l’auteur nous balade avec lui. A la fois dans sa rêverie nostalgique et dans une belle ode à sa famille et ses racines. L’auteur est tantôt lui enfant, adulte, son père, un membre de sa famille qui recompose la fresque d’une vie, de ses apprentissages, du quotidien et des moments importants. L’exil, l’amour de la terre aussi est présent au travers des lignes. La transmission du conteur avec ce père faiseur d’histoire.

Un récit poétique ; où l’amour de la littérature est présent avec les références nombreuses, l’humour aussi qui dépeint son héros du quotidien sans fioriture dans des situations comiques ou plus tristes.

 Un récit qu’on dévore rapidement, qu’on n’a pas envie de finir ou d’oublier comme le très beau titre du roman. Un peu de magie, de mystère autour de ces lignes comme l’avertissement du départ. Un petit bonheur à lire au fil des pages.