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Ce roman est celui d’un huis clos, comme dans un bon film noir, on commence par la fin. Le personnage principal  Martial est traduit devant un juge qui lui demande de s’expliquer. Il relate les évènements qui l’ont conduit à un choix radical envers Antoine Lazenec, un riche promoteur. On alterne ses souvenirs et cette confrontation avec le juge. La description de la vie en province, du petit port de pêche tranquille jusqu’à l’arrivée du promoteur, les relations père-fils, la vie politique sont décrites de manière minutieuse. La force de l’auteur est d installer une ambiance et une empathie avec le narrateur d’emblée, il ne cherche pas à se dédouaner, à esquiver les questions.

Le narateur reste fidèle aux faits, sans rien atténuer. Il essaye lui même au fil de son récit de comprendre comment comme dans un jeu de domino, il s’est finalement retrouvé face au juge au palais de justice. Avec un rythme lent et hypnotique, on est embarqué par ce monologue, on ne veut pas le lâcher et on veut savoir les raisons et ce qui va arriver au narrateur.Le juge est à la fois silencieux, une ombre tutélaire qui parfois fend l’armure mais qui reste dans son rôle en poussant le narrateur à se dévoiler. Comme une sorte de  double du lecteur qui assiste à ce face à face.

L’auteur se joue de nous ; fait réfléchir aux rêves, à la malchance, à la honte aussi et au destin qui s’écroule parfois sur une mauvaise décision. La violence ordinaire mais aussi celle des puissants quand il évoque le fils  Erwan du narrateur. Des passages poétiques sur le château ; les sensations du narrateur. Un perdant magnifique, tellement humain qui nous le rend quasiment héroique. Il devient le symbole d’une lutte entre David et Goliath. J'ai apprécié également la réflexion  sur la justice, ce que l’on doit punir, la loi du talion , un questionnement pertinent et nécessaire à la lumière de l’actu.

Donc prenez la place du juge et découvrez l’histoire de cet homme et vous que feriez vous ?