talons-aiguilles

L’été cette folle envie de se dorer la pilule, d’être une plante verte en terrasse à rêvasser. De profiter du moindre rayon  pour buller, écouter le temps qui passe.

Raccourcir ses jupes et chausser ses hauts talons, les mirer comme là  dans la lumière. Se sentir légère et porté vers un avenir plus radieux.

Cette paire de chaussures, elle était rattachée à de très bons souvenirs, la première formation à laquelle elle avait assisté et qui avait changé sa voie professionnelle. Cette soirée où elle était allée sans y croire et où elle avait rencontré  des âmes sœurs, des amis à la vie à la mort.

Un sentiment si positif, remplie d’ondes et de regards bienveillants. Un autre monde parallèle où l’échange, les regards, l’amour de la littérature, des mots est privilégié. Des codes spécifiques à une communauté. Qui chaque année pouvait s’agrandir ou s’amputer. Elle permettait d’apprécier les petits bonheurs de la vie, un lever de soleil, un bon cocktail, un repas savouré à plusieurs. Ces chaussures étaient devenues ses portes bonheurs.

Le bonheur de rencontrer des gens qu’on admire, de comprendre qu’on appartient à la même humanité. De graver des fous rires, des regards,  des instants d’émotions, plus fort que de l’argent sonnant et trébuchant. Rassembler toutes ses paillettes d’émotions pour se forger une armure de bienveillance, une béquille pour les mauvais jours. Une lueur qui  restera accroché lors des jours de noirceur et de tempête jusqu’à la pointe des pieds.

©eirenamg