plage

© Vincent Héquet

Avoir une multitude de sensations, fourmillements comme avant le départ d’une grande course, on sait que le moment important arrive.

Que c’est maintenant, qu’il ne faut pas rater le coche, après les faux départs, les croches pattes de la vie.

Et pourtant, on n’a pas envie forcément d’y aller, on a envie de rester spectateur comme là au bord de la mer, sur cette plage, sans but, sans stress, sans envie. A regarder les traces de passé défiler comme les empreintes de pas là sur la plage.

Attendre et que ça se fasse tout seul, attendre et ne pas prendre de risque, attendre pour éviter de se casser la gueule.

Etrange sensation d’avoir à la fois 2 envies contraires, d’être tiraillée, d’un côté tout lâcher partir sur une autre voie, changer tout, détruire pour mieux reconstruire.

De l’autre persévérer, attendre que l’orage passe, de recouvrer assez de force, être patiente droite dans ses bottes

Finalement, le calme ressac comme tous les ans l’apaise, lui fait prendre de la hauteur, détend ses muscles et ses ligaments pliés par la nervosité et le stress.Les rendent à nouveau souple et opérationnel.

Attendre et qui sait elle trouvera peut être la force d'avancer, vers le fond là-bas vers l'horizon. Rejoindre ce monde des vivants comme cet homme avec son chien. De construire une nouvelle brique sur son chemin, de monter à l'assaut de la plage comme les vagues inexorablement. De trouver son chemin tout simplement.

©eirenamg