olivia

Bonheur de retrouver la plume fine et délicate de l’auteur qui s’attaque au portait d’une femme Jeanne Hébuterne. Avant d’ouvrir ce livre, je ne connaissais absolument pas cette femme, ni la vie de Modigliani et je me suis retrouvée transporter au début du siècle entre 1916 et 1920.

Dans un contexte mortifère en pleine guerre, Jeanne la bonne fille, sage, respectable est terriblement troublée par un homme Modigliani alors qu’elle se rend à un cours de dessin à l’académie. Elle, qui jusque là, s’effaçait  pour que sa mère ne la gronde pas, que son père soit fier,  que son frère l’aime décide de vivre.

Outre les relations compliquées avec sa famille et la relation très ambigüe avec son frère, l’auteur brosse aussi l’arrière fond comme sur une toile. Elle retranscrit bien le contexte de l’arrière, de la guerre, la vie bohème et maudite d’artiste dont Modigliani est le centre. Les beuveries, la misère, la maladie, les dessins contre de la nourriture, les tromperies tout est analysé par Jeanne à travers ses carnets intimes.

Dans ceux-ci se mêlent sa rancœur, ses pensées, ses folies, ses espoirs autour de cet amour fou. Cette plongée de l’enfance à la vie de femme, à la découverte de la sexualité, cette envie irrépressible de liberté quitte à sacrifier son honneur, son nom, sa respectabilité. Quitte à souffrir du froid, de la faim, des humiliations comme le souligne la narration à la 1e personne qui renforce l’indentification.

Cette trajectoire comme un feu follet, une explosion de lumière, suit cet amour fou et ses conséquences sur Jeanne et sa famille. De  coloré, l’histoire se teinte d’un  ton plus sombre, plus pâle, la vie rêvée, la passion fait face au quotidien.

Jusqu’à la fin du roman, on vibre, expérimente, voit le monde à travers les yeux, la folie, l’amour de Jeanne, on prend fait et cause pour elle. L’auteur lui restitue une vie, une identité, réhabilite son nom en quelque sorte. J’ai apprécié la construction du récit, ses pensées éparses, les mots du frère, la précision des descriptions. J’ai été embarquée dans cette vie comme Jeanne et j’ai tourné avidement les pages. Un portrait fort, par touche, vibrant, émouvant, une belle réussite que ce livre.

J’avais déjà énormément apprécié le précédent livre de l’auteur et cela se confirme, donc découvrez et rendez vie à Jeanne Hébuterne et vous  ne le regretterez pas.

PS: un de mes gros coup de coeur de la rentrée 2017.