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Dernier volet de la trilogie Yeruldelgger, comme dans le 2e tome celui-ci s’efface un peu plus même s’il est présent dans le récit et les lieux d’enquêtes se multiplient en Australie, aux EU et bien sûr en Mongolie.

Yeruldelgger a pris sa retraite et s’est exilé pour reprendre le contrôle de lui-même et de sa vie, il espère rester à l’écart du monde et retrouver les traditions mongoles. Mais 2 femmes Tstseg et Odval interrompent sa retraite et le voilà embarqué bien malgré lui dans une nouvelle enquête qui va largement le dépasser.

Sur fond de destruction de la planète, avidité, capitalisme à outrance,mafia et  sexe, ce volet continue la descente aux enfers du personnage. Toujours colérique et drôle avec sa petite équipée de femmes au début du récit, il évolue au fil de l'histoire. L’alternance entre ultra violence et humour, entre la modernité laide avec les boîtes de nuit et triste des bidonvilles d’Oulan Bator, la loi du plus fort, la pollution sont au cœur de l’intrigue. L’auteur se joue des clichés, introduit plus d’humour, d’autres enquêteurs en Australie, à New York intrigués par une série de crimes. Les références aux films, séries sont toujours présentes, on a d’ailleurs par moment l’impression d’être dans une série avec des cliffhangers à la fin des chapitres et les titres de ceux-ci qui correspondent aux dernières phrases de la séquence comme dans un épisode.

Les descriptions des paysages de Mongolie, de New York ou d’Australie sont toujours aussi majestueuses et on les voit défiler sous nos yeux. Chaque personnage tient son rôle dans ce jeu d’échecs et de dupes. On retrouve la belle médecin légiste Solongo, seule personnage solaire du récit. Mais aussi Zarza, Bekter le flic des affaires spéciales et sa collègue Fifty. Ganbold le gamin des rues est attachant comme le destin des ninjas, ces chercheurs d’or des temps modernes.

 Enquête non conventionnelle, j’ai aimé le duo de flics new yorkais entre Mr je sais tout Pfiffelmann et le dingue de nourriture Donelli. La réflexion sur les destructions des grands groupes miniers, cette loi du plus fort et l’utilisation des médias.

Mais au fur et à mesure de l’enquête j’ai regretté par moment le décalage entre la violence forte, les morts en série qui parfois atténuent l’intrigue et la réflexion sous jacente sur la destruction d’un monde au nom de l’avidité. Certains personnages négatifs sont un peu trop caricaturaux à mon goût, comme certains personnages secondaires : la troupe d’artistes ou encore les enquêteurs australiens, ou la colérique Guersei pendant féminin et plus jeune de Yeruldelgger. La magie de la Mongolie disparait peu à peu, il y a moins de références à la culture sauf à certaines croyances de Yeruldelgger et la fin de l’enquête m’a laissé sur ma faim.

Un dernier rendez vous sombre qui alterne humour, violence, réflexion et tradition qui achève la trilogie. Mais il ne sera pas dans mes préférés, j’ai davantage apprécié la construction et les enquêtes des 2 premiers volumes même si j’ai dit adieu à regret à ce personnage complexe hors du temps et finalement attachant et au désert de Mongolie.

PS: merci aux éditions livre de poche pour l'envoi.