26863767_161354944513747_5865696952804442112_n

Les loyautés est un court roman de Delphine de Vigan qui se présente sous la forme d’un roman choral où l’on suit 4 personnages : 2 adolescents et 2 adultes, on a Théo un ado de 12 ans, et son ami Mathis qu’il connait depuis la 6eme. Les 2 garçons nous replongent à travers leurs regards dans la peau d’un collégien, en passe de devenir adulte, qui découvre la réalité et la difficulté du monde.

 Ils sont dans la classe de Hélène, cette prof de science s’inquiète pour Théo qui semble être ailleurs, mal à l’aise. Cécile est la mère de Mathis, elle voit que son fils bascule dans l’adolescence et n’apprécie que moyennement son ami Théo. Elle raconte son malaise et son histoire à un psy qu’elle voit une fois par semaine.

 On alterne la vision intime de chaque personnage, les 2 femmes parlent à la 1ere personne contrairement aux 2 ados dont l’histoire et les pensées nous sont décrites par un narrateur omniscient à la 3eme personne. On bascule d’un chapitre à l’autre sur les sensations, flashbacks, introspections des personnages.

J’ai été touché par le personnage de Cécile, cette mère qui essaye de comprendre son fils, le personnage de la prof Hélène m’a laissé un peu sur ma faim, entre son obsession personnelle et sa volonté d’aider contre son gré Théo.

Les 2 adolescents sont paumés dans ce monde des adultes où ils essayent de trouver leur place. L’écriture de l’auteur est toujours aussi aigue pour décrire la société actuelle, ses travers, ses peurs. Elle est précise dans l’anatomie d’un couple, de la relation parents enfants, de la douleur, de l’absurdité de la vie. Elle décrit aussi la difficulté de renier ses origines, d’être quelqu’un d’autre, la difficulté d’être un enfant de divorcé, d’assumer une réalité qu’on ne veut pas voir en face.

Mais par moment, notamment pour les personnages adolescents j’ai trouvé que la narration fonctionnait un peu moins bien, que l’éclatement des points de vue ne permettait pas toujours une avancée fluide de l’intrigue.

Finalement, je suis restée sur ma faim , pas seulement sur la fin ouverte qui ne me m’a pas gênée mais j’ai eu l’impression qu’il me manquait quelques chapitres, un bout de l’histoire. Par instant, la construction chorale, m’a parue artificielle, les thèmes sont intéressants mais la mayonnaise n’a pas pris sur l’ensemble du récit alors qu’au début du roman j’appréciais. Le personnage d’Hélène est un peu trop caricatural selon moi et fait faute professionnelle sur faute professionnelle sans sanction et ses actions sont parfois incohérentes. Même si, on est d’accord on n’ est pas obligé d’être réaliste mais ça m’a gêné. Pour le coup, j’ai préféré le personnage de Cécile qui sombre peu à peu et veut casser le personnage qu’elle s’est construit pour faire plaisir à son mari dont elle n’arrive pas à accepter les ombres, la face cachée. Pourtant la plume de l’auteur est toujours forte pour disséquer les émotions et camper la maladie, la folie, la douleur et le mal être les thèmes récurrents dans son oeuvre.

Les deux ados sont touchants eux qui portent des sentiments et des responsabilités trop lourdes pour leur âge. Donc, ça ne sera pas un de mes préférés de l’auteur, sans doute mon attente était trop grande, je vous laisse vous faire votre avis.  Mais ces loyautés m’ont laissé un goût d’inachevé, de rendez vous manqué.