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Minute papillon est un roman sur la maternité et la famille, on suit les aventures de Rose, maman de 36 ans et demie, gaga de son fils Baptiste de 18 ans celui-ci fait des études d’hôtellerie. Rose est nounou et adore son job, elle adore son fils et se plie en 4 pour qu’il ait une belle vie. Elle est très proche de sa sœur ainée Lilie qui est avocate.

Mais le petit monde routinier de Rose est bouleversé par 2 imprévus : Rose se retrouve sans emploi et Baptiste décide de prendre son indépendance ce qui est un choc pour le personnage principal. Il quitte rapidement le nid familial et Rose doit réorganiser sa vie, ce qui est un véritable drame pour elle, car son existence a toujours tournée autour de son fils qu’elle a élevé seule.

Le personnage de Rose est très touchant en jeune maman, puis femme paumée qui se retrouve dans son petit appart vide et qui doit apprendre à vivre pour elle-même. Son humanité, sa bienveillance, en font un personnage solaire, qu’on aime suivre. Surtout que l’auteur outre ses actions nous donnent aussi à voir ses pensées qui sont savoureuses. Sa difficulté à dire non, à s’assumer car c’est une vrai gentille qui se fait notamment marcher sur les pieds par sa nouvelle employeuse Véronique Lupin. Véronique est une riche héritière, dingue de son chien Pépette qu’elle traite comme son enfant. Elle est obsédée par le paraître, son standing et ne se préoccupe absolument pas de sa mère Colette. Personnage antipathique, un peu dingue et qui par ses manies et ses obsessions amènent de la drôlerie à l’histoire. Enfin, on a Colette, vieille dame fantasque, folle de cuisine et de la propreté. Rose se retrouve au milieu de ce duo mère-fille qui se déteste et doit gérer leur quotidien.

Le choc des cultures, des différences de classe, la solitude, la vieillesse, la maladie, la difficulté de dire ses sentiments sont traités au fil des pages. Comme l’amitié, la difficulté d’être maman, le pardon sont au cœur des relations entre les personnages. Les personnages secondaires, avec les commerçants du quartier des Batignolles où habite Colette, la sœur de Rose , son fils sont aussi bien croqués. Et font de cette histoire un joli patchwork d’humains avec leurs qualités , leurs angoisses, les non dits qui tisse un joli récit.

J’ai été touché par cette histoire délicate et drôle sur la difficulté de vivre, de parler à ceux qu’on aime, sur la relation mère-enfant, les décisions qui au lieu de protéger agrandissent parfois le mur de l’incompréhension avec nos proches. On retrouve les expressions populaires chères à l’auteur dans les titres de chapitre, mais j’ai trouvé ce livre plus fouillé au niveau de la psychologie des personnages, plus mature que le précédent que j’avais lu.

Avec une tonalité moins légère, même s’il y a encore quelques scènes très comiques entre Véronique Lupin et Rose, la fameuse charlotte aux fraises. Le personnage de Véronique est finalement le plus outrancier mais pas que , car son mépris pour les autres,  son obsession de jeunesse et de contrôle sont aussi des obsessions bien réelles de notre société. Et elle cache, elle aussi en filigrane des blessures. J’ai adoré le personnage de Colette, la grand-mère un peu rêvée, bienveillante qui donne des coups de pieds aux fesses et de bons conseils à Rose qui évolue au fil des pages. J’avais apprécié en voiture Simone mais il ne m’avait pas émue contrairement à celui là. Elle m’a cueilli  car elle a su mettre en lumière les questions que tout le monde se pose sur sa vie, sur la maternité, sur ses choix. Et les jolis mots de l’auteur mettent un point final émouvant à l’histoire.

Donc découvrez Rose qui apprend une nouvelle façon d’être mère et change de vie à 36 ans  et découvrez le sans attendre sans perdre une minute.