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De cauchemar et de feu est le 4e volet des aventures de Mehrlicht et ses acolytes, les voilà confrontés à un tueur étonnant en plein weekend de Pâques.

Mehrlicht avec sa tête de grenouille est toujours aussi irascible mais évolue, conséquence des dernières enquêtes qui ont laissé des traces. On découvre un peu plus son fils Jean Luc, celui-ci a d’ailleurs mis à son père un nouveau type de sonnerie ( élément fil rouge comme le fait d’avoir un nouveau stagiaire à chaque enquête) qui pose des questions de Julien Lepers du jeu question pour un champion.

Latour, la rousse bretonne est toujours folle amoureuse de Djibril, Dossantos est toujours aussi borderline et accro au code pénal. L’humour est encore présent mais cette fois ci la stagiaire est plus fragile, adepte de philosophie, ce qui va amener à des situations cocasses avec Mehrlicht. On découvre une autre face de Carrel le médecin légiste et de Matiblout.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le fil des histoires personnelles des enquêteurs en parallèle à l’enquête principal. Les personnages évoluent, les différentes enquêtes ont des conséquences sur leurs choix actuels et chacun prend une nouvelle voie. Par contre, cette fois ci j’ai moins apprécié le personnage de la stagiaire, un peu trop fragile pour moi.

L’enquête est addictive et mise en scène de manière originale, en plus du déroulé chronologique avec les jours,  heures qui était le mode de narration habituel des précédents opus, l’auteur s’est rajouté une difficulté dans la construction : la diachronie. En effet, en parallèle aux événements parisiens de 2016, on a le récit d’évènements qui se déroulent en Irlande du Nord et plus précisément à Derry au cours des années 1960-70.

  Le lecteur passe d’une histoire à l’autre, de manière fluide et les événements du passé éclairent d’une autre manière l’enquête et ses impasses, j’ai apprécié d’en savoir parfois plus que les enquêteurs.

Les réflexions de l’auteur sont toujours pertinentes sur la violence de la société, son évolution face à l’état d’urgence, aux attentats post 13 novembre. Il n’épargne pas non plus les guerres intestines, les difficultés de la police, le buzz des médias. Le tout avec des incursions dans l’histoire de l’Irlande et les légendes celtiques.  Précision, rythme enlevé,  analyse sociétale un très bon cru encore que cet opus.

Il est mon préféré de la série avec un juste dosage, d’enquête, de réflexion, d’humour et de triste réalité, des personnages qui gagnent en profondeur. J’ai aimé également avoir cette plongée historique dans un pays qui m’est cher.

En bref un très bon roman noir, donc foncez découvrir le far darrig, l’Irlande et prendre des nouvelles de Mehrlicht et de son équipe parisienne.

Ps :il n’est pas obligatoire d’avoir lu les autres pour comprendre ce polar car il y a des incursions dans la vie des personnages qui sont rappelées mais si vous aimez celui là lisez également les autres pour comprendre comment ils en sont arrivés là.