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Ce roman est vraiment étrange, on dirait une fable, un rêve un peu halluciné. L’écriture et la construction sont originales, c’est le moins qu’on puisse dire. On suit Hanna, une jeune fille trisomique seule, avec des fiches très précises. Elle croise le chemin d’un homme, Marius, on ne sait pas trop ce qu’il fait mais il décide de l’aider.

Au fil des pages, le narrateur gagne en complexité, on comprend qu’il fuit quelque chose mais quoi, il rencontre un antiquaire particulier, des hôteliers dont les noms des chambres sont celles de camps de concentration ; des artistes singuliers, un qui évolue dans l’infiniment petit, un photographe amateur de photos hors normes.

Peu à peu,cette galerie de portrait, les interrogations sur le temps, la violence, la folie, l’action s’étale au fil des pages. La gare, les affiches, les appels à la révolte dans cette époque indistincte post 1945, l’auteur nous laisse libre d’interpréter les symboliques des personnages, les enjeux de cette quête. Libre de juger ou non le narrateur, ses personnages cabossés. Finalement, la jeune fille est la seule véritable lumière du livre, qui apaise les tensions,c' est un fil rouge, à qui on fait confiance.

Le début du livre m’a dérouté, je ne voyais pas où l’auteur voulait en venir, puis je me suis laissée prendre au jeu, à l’alternance de passage court ou plus long, de réflexion philosophiques ou d’actions absurdes.

J’ai cheminé sans savoir en croisant des bouts de poésie, des douleurs, des folies, j’ai apprécié cette langue riche et étrange très bien rendue par la traduction du portugais. J’ai accepté de ne pas tout comprendre parfois, et d’interpréter certains personnages comme je le souhaitais.

Si vous êtes fan d’histoire linéaire, cadrée, milimitrée, à la mode ce roman n’est pas pour vous. Si vous aimez la littérature étrangère, le style, la symbolique que peut contenir une histoire et de vous laisser porter par un univers personnel alors sautez le pas et prenez la main d’Hanna et Marius.