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J’avais beaucoup entendu parler de Françoise Bourdin, j’avais déjà lu deux ouvrages il y a quelque temps de cette auteur, un que j’avais apprécié pour la découverte du monde des marins pêcheurs la promesse de l'océan et l’autre qui m’avait agacé sur les querelles familiales à la campagne: au nom du père. Du coup, je restais sur une impression mitigée. Une amie lectrice me disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi je n’accrochais pas, se demandant si c’était une question de génération et trouvant que ses romans étaient bien. Comme je n’aime pas rester sur mes a priori, j’ai décidé de relever le défi cette année, de lire la dernière histoire de Françoise Bourdin Gran Paradiso.

L’histoire se déroule dans un parc animalier dirigé par Lorenzo Delmonte, on suit son quotidien, ses relations avec sa famille, compliquée avec son beau père Xavier, plus harmonieuse avec sa mère Maude, ses frères et sœurs Valère, Anouk et Laetitia. La partie familiale et notamment la relation avec le beau père m’a fait un peu peur au début, car je trouvais le personnage de Xavier caricatural, un peu trop jusqueboutiste mais finalement contrairement à ce qui s’était passé dans au nom du père je n’ai pas détesté le personnage au point de sortir de l’histoire. J’ai apprécié par contre les personnages secondaires que sont Valère et Anouk, le petit frère Valère fou d’admiration pour son ainé, Anouk la chef cuistot qui vit de sa passion.

Le personnage principal Lorenzo est aussi intéressant, il permet d’appréhender et c’est ce qui m’a intéressé dans l’histoire les raisons d’être d’un parc animalier. A travers le récit, on comprend mieux leurs fonctionnements, la relation du soigneur, du vétérinaire et le but de certains de ces parcs d’être le gardien d’animaux sauvages. J’ai retrouvé la capacité de l’auteur à se fondre dans les descriptions, de dépeindre un milieu de manière minutieuse. Sa description du parc, de ses aménagements, des animaux est criante de vérité. C’est ce qui fait sans doute la force de l’auteur. Un peu comme dans mes souvenirs d’Henri Troyat quand j’étais jeune, cette manière de dépeindre l’environnement.

Par contre, le côté plus sentimental de l’histoire, avec la présence de Julia, m’a moins embarqué, c’est un joli portrait de femme, passionnée par son métier, comme Anouk ce qui est intéressant. Mais je suis moins sensible au côté un peu fleur bleue de l’histoire.

 Les atermoiements des sentiments des personnages sont surtout un prétexte pour réfléchir aux choix, poids du passé, rapport à l’environnement. Donc si je suis honnête, je ne me suis pas ennuyée pendant la lecture, j’ai appris sur le monde des parcs, après j’aurais aimé être davantage encore immergée dans la philosophie du parc, et rester que sur la partie rapport à l’animal, à la préservation. Je comprends mieux l’intérêt que porte les lecteurs à cette auteur et même si je suis moins sensible au côté familial et sentimental, le livre réussit son objectif, divertir le lecteur.

Gran Paradiso est un roman populaire, dans le bon sens du terme, c'est-à-dire qu’il décrit un milieu, des personnages passionnés par leurs métiers. L’auteur a un don particulier pour être une sorte de photographe d’une époque et de son actualité (réflexion sur le côté zoo, commercial, problème de famille recomposée), avec une dose de bons sentiments. Donc même si ce n’est pas mon genre de lecture, un roman pour le lecteur et qui le fait s’évader.