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Pour la lecture de ce premier roman, j’ai fais une lecture musicale pour suivre son fil rouge, le concert de Patti Smith que l’auteur a vu en 2015. Au début, j’ai eu un peu peur car connaissant un peu l’auteur et ne connaissant absolument pas Patti Smith en dehors de la chanson because the night. J’ai eu l’appréhension de ne pas rentrer dans le livre, le début du récit a donc été marqué par l’hésitation, puis le fait d’écouter une chanson correspondant au titre du chapitre m’a fait peu à peu oublier l’auteur pour me concentrer sur ses mots.

Ce concert est le prétexte, le fil d’Ariane pour remonter dans les souvenirs, les profondeurs de l’âme de l’auteur son enfance, son adolescence, son rapport aux autres, à sa famille, à l’amour, la mort. Il décrit ses obsessions pour les poètes, la littérature, la musique sa sainte trinité. On retrouve des classiques dans son panthéon Rimbaud, Baudelaire, des modernes avec Sigolène Vinson (que j’ai d’ailleurs découvert grâce à lui et il a ma reconnaissance éternelle pour cela).

C’est un roman aussi sur le corps, ses empêchements, le regard que les autres portent sur lui, les peurs, la fragilité aussi. C’est un livre sur la finitude de l’âme humaine, sur l’art qui transcende et qui parfois peut vous faire prendre conscience de vous-même.

 De pensées intimes, introspectives, le roman déploie peu à peu ses ailes et touche car finalement ses questions sont universelles, ses douleurs, ses joies. Ce sentiment d’invulnérabilité de l’adolescence, de jeune homme, cette menace qu’on sent poindre parfois dès le début d’une histoire comme celle avec E : L’envie d’être quelqu’un d’autre pour plaire. Ces interrogations ont fait écho, comme celle sur la douleur intime, permanente, qui fait partie tellement intégrante que parfois on l’oublie. Qui pousse à aller de l’avant, à profiter au maximum avant que le corps ne nous emprisonne définitivement.

Cette force aussi des mots, les mots des autres qui ravissent, qui ouvrent des perspectives, les voyages et les grands espaces qui font oublier, une parenthèse dans notre vie.

J’ai retrouvé la pudeur, la folie, la force, l’érudition, la beauté des mots que j’aimais lire sur l’écran, j’ai vu peu à peu l’auteur prendre son essor avec en vigie, en protectrice, la figure tutélaire de Patti Smith. J’aurais bien voulu un rappel et que le livre se prolonge un peu. Mais comme tout concert, il faut bien une fin pour recommencer la fois suivante.

La construction comme celle du concert, pousse à se laisser aller, envahir, lâcher prise et peu à peu comme l’auteur on ressent la furieuse nécessité de vivre, l’envie d’être là au présent et de s’affirmer.

Ce roman est le début d’une aventure littéraire, j’avais peur d’être déçue de ne pas retrouver ce qui m’avait marqué en creux dans les chroniques qui m’ont amené vers tellement de livres. Mais je l’ai trouvé et j’attends avec encore plus d’impatience son deuxième roman, débarrassée de l’ombre de Patti que j’ai parfois trouvé un peu trop présente au début.

Donc découvrez l’Albatros, sa beauté et sa fragilité, le début d’un parcours d’un écrivain qui après avoir mis en valeur les mots des autres, leur musique, s’exprime enfin de sa propre voix. Bon vol à toi

Ps : ça valait vraiment le coup de t’attendre pour lire tes mots sur le papier, merci pour la découverte de Horses, pour avoir arrêté le temps cet après midi. Et une dernière photo pour la route, autour d'auteurs qu'on apprécie en commun et de certains qu'il m'a donné envie de découvrir 

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