20191001_075426

Dans ce récit l’auteure fait un hommage à son frère, elle essaye de comprendre pourquoi Alex qui semblait avoir une vie de rêve a céder à la mélancolie, rendue les armes et s’est suicidé. A travers son enquête sur lui, en miroir, l’auteure s’interroge sur sa famille, son éducation, la difficulté de dire ses sentiments. Elle parle sans fard, décrit le parcours tortueux de son frère, l’espèce de malédiction qui s’attache aux mâles de sa famille.

En fil rouge, son amour inconditionnel pour lui, son admiration, sa passion pour les livres transpirent des lignes. Des passages sont aussi délicieusement ironiques quand elle décrit son milieu, les sollicitations liées à son métier ou l’absurde d’une salle d’hôpital psychiatrique.

J’ai apprécié le fait que l’auteur ne joue pas un rôle, replace son histoire de manière plus large. Elle arrive à nous faire oublier son image de papier glacé ou de télé, à nous plonger dans l’intime sans tomber dans le pathos.  J’avais peur d’être dans une position nombriliste ou voyeuriste mais ça n’a  pas été le cas. Au fil des pages, comme l’auteur, on essaye de comprendre et le  récit devient plus universel sur la maladie de notre époque qu’est la dépression, sur la difficulté de se sentir à sa place aussi.

Ce qui ressort du livre c’est l’amour, la façon dont on peut petit à petit se reconstruire et habiter avec ses fantômes, comment les défunts restent en nous sous la forme d’un corbeau ou d’un signe. Ce récit m’a touché car il est à la fois pudique et direct et finalement quand on referme le livre, on se dit que le pari de l’auteure est réussi .Elle a fait un bel hommage de mots et de papier à son petit frère. Elle a réussit à le faire exister auprès de nous, à nous faire réfléchir différemment sur le deuil.Et on le quitte aussi à regret , donc découvrez cet amour fraternel qui résiste, répare et aide à vivre dans avec toute mes sympathies.