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Jérôme Attal a le don de transformer la réalité comme les supers héros, de faire de l or avec de la boue, de transformer la laideur d une ville assiégée en terrain de jeu pour Tommy son narrateur de 13 ans.

Il vit à Londres en plein Blitz avec son père Ernie: inventeur prolifique, sa mère ouvrière modèle qui chantonne tout le temps et sa sœur Jennie qu’il adore  détester. C est l ado rêvé intelligent, téméraire, fan de comics mais aussi de timbres. Il  a une magination débordante et rêve d être écrivain. Il est aussi amoureux de la plus belle fille de Londres Mila. Le personnage est terriblement attachant avec ses colonnes plus et moins pour voir la vie du bon côté, sa fidélité à ses amis, son humour.

 A travers son récit tantôt réaliste sur les bombardements, les abris, le rationnement de la 2nde guerre tantôt poétique avec les réflexions sur la vie, la mélancolie. L auteur nous délivre une fois de plus un monde musical et imaginaire,  quand Tommy invente ses futurs romans, où il intercalle des rencontres avec des personnes ayant existées comme Lee la reporter américaine ou ses références à Churchill ou Clark Gable.

Il montre le courage de son personnage pour ses amis, l importance de garder son âme d enfant comme Peter Pan pour survivre au pire. J ai aimé l importance de la famille, de fixer les souvenirs de ceux qu’on aime comme la mère ou la grand-mère Granny Rose. J ai apprécié ce moment suspendu de Noël, revoir la vie à hauteur d enfance. Par périphrase, par petite touche on côtoie la destruction, la peur, la mort. Mais la poésie ou l imagination survie à chaque fois, la mélancolie alliée à une fausse désinvolture, un humour british et flegmatique font alterner douceur, humour et gravité.

L importance de l art, de la musique en temps de guerre comme avec le transistor, la lutte contre la barbarie réelle ou fantasmée font cruellement écho avec notre monde. Les personnages sont attachants parfois haut en couleur comme le père, tendre et lumineux comme la mère, chipie comme la sœur, avec une beauté intelligente comme Mila. La bande d amis de Tommy est aussi craquante Oscar le timide et peureux, Anto plus sur de lui.

Jérôme  Attal délivre une vision du monde alternative à la fois romantique et désabusée, faite d idéal et d absence.

Je ne verrai plus jamais les jonquilles d un même œil et je penserai à Green Park et Tommy. Et le mot Shazam aura une autre connotation que musicale. Découvrez la poésie élégante londonienne de l auteur, elle fait du bien au cœur.