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L’auteur nous plonge à la fois dans un futur proche, les années 2040 et fait aussi référence aux années 1990, 2000 par le biais de flashbacks. On suit deux héroïnes cabossées : Lisa, une jeune ingénieure et sa mère : Laure. Lisa s’est toujours sentie rejetée, mise à l’écart par la mélancolie de Laure, pour essayer de la comprendre, elle a même lu ses carnets intimes qui redessine devant elle, l’adolescence, la rencontre avec son père.

Ces carnets, le lecteur y a aussi accès et comme Lisa, comprend les ressorts intimes de Laure. Véritable réflexion sur la société, ses rapports, l’écologie, l’auteur tisse sa toile de réflexion comme Lisa. Elle emprunte à la réalité les lieux comme Paris, Nantes mais aussi les catastrophes naturelles bien réelles qui ont ravagé différents endroits du globe.

Elle invente une société où on regarde la télé sur lentille connectée, où une voix nous obéit au doigt et à l’œil, où on cultive de manière verticale. Une nouvelle société basée sur la propreté, la faible empreinte carbone, le tourisme spatial. Une société dont on n’est pas si éloignée, qui est parfois menaçante avec cette chaleur omniprésente, ses collibris policiers qui vous scannent. J’ai retrouvé le don de l’auteur pour créer des atmosphères, de l’empathie avec ses personnages, ces deux femmes perdues, mais aussi le lien particulier avec la nature.Les paysages de Bretagne ou la balade dans ce Paris futuriste. J’ai aimé la quête pour comprendre comment Laure en était arrivé là ; quels sont ses secrets,ses douleurs.

J’ai apprécié d’être plongée dans un nouvel univers avec ses propres codes, moi qui ne suis pourtant pas fan d’habitude des romans d’anticipations. La réflexion sur la pollution, le laisser faire, l’absence de réelle politique environnementale, ;les conséquences du réchauffement climatique sur la planète et l’homme sont criantes de vérité. De même, l’omniprésence de la technologie, des robots, des puces, le fichage permanent est sous jacent dans le texte. Enfin, cette belle déclaration à la lecture, à l’amour des livres à travers la passion qui anime les 3 femmes de la famille pour Roal Dahl , pour les livres à l’ancienne est un joli clin d’œil.

L’auteur réussit avec maestria à nous faire passer de l’adolescence et sa joie, à la douleur, de la vie de jeune femme perdue à un semblant de normalité. J’ai aimé le personnage de Lisa, jeune femme dynamique qui veut comprendre, aime son travail mais se moque des codes et du qu’en dira –t-on , qui tente vraiment de reconstruire une relation avec sa mère, j’ai été touché par le personnage de la grand-mère et des salines. Belle ode aux femmes qui avancent coûte que coûte face à des personnages masculins commeThomas l’éternel ado, Liam qui sont un peu plus en retrait. La difficulté du lien mère-fille, la relation grand-mère-petite fille sont bien analysées également, comme l’amour pour le père. Les personnages sont faillibles et touchants, bien dessinés et donnent envie de tourner les pages pour les comprendre.

Un roman intelligent, captivant qui donne la part belle aux femmes et à la nature. Une réflexion avant qu’il ne soit trop tard et que la mer monte .

Ps: la lecture de ma compatriote Nantaise pour le Paris-Nantes

" La mer monte " d'Aude Le Corff - LES LECTURES DU MOUTON

Après près de quatre années d'absence, Aude Le Corff a le courage de revenir sur la scène littéraire avec un roman d'anticipation qui tranche avec ses précédents (même si, nous le verrons, nous ne pouvons pas le réduire à ce qualificatif). C'est osé, c'est à double tranchant mais la littérature ne sert-elle pas à prendre des risques ?

http://www.leslecturesdumouton.com