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Ce 1e roman est un récit polyphonique, avec à la fois les voix des bourreaux et des victimes. D’un côté, la voix de Magda Goebbels qui retrace dans son récit, son passé et les heures de gloire du Reich mais aussi ses dernières heures. Elle est enfermée dans un bunker avec les derniers dirigeants nazis.

De l’autre, les histoires de différents déportés qui tentent de survivre aux sévices et à la mise à mort des nazis lors des marches de la fin de la guerre. Judah, Fela et la petite Ava sont ceux qui incarnent et portent la voix, les paroles, la mémoire et l’histoire des milliers d’êtres anonymes qui ont subit ces atrocités.

D’un chapitre à l’autre, on passe de ces 2 points de vue dans une Allemagne au bord de la défaite. Enfin, le dernier point de vue est celui des vainqueurs avec Lee (jeune reporter américaine) et Gary un soldat.

Le style est précis, minutieux et hyper réaliste et respecte les connaissances historiques que nous avons de cette période. Il donne à voir la violence sous toutes ses formes pour survivre, pour accéder au pouvoir, être reconnue quand on est dans la tête de Magda. La violence brutale, inhumaine qui claque et tombe d’un coup pour les déportés et qui frappe les personnages. Les hommes sont devenus des chasseurs les uns des autres dans cette période trouble.

Mais par moment, l’amour est aussi présent à travers les lettres de Friedländer, les témoignages des déportés, la relation de Fela et Ava par exemple. Des moments poétiques sont aussi présents notamment avec Judah dans la forêt. L’horreur n’est jamais éludée celle de la violence des camps, des marches, des exécutions.

Le pouvoir de la littérature est de nous donner matière à réfléchir sur les évènements historiques, notre condition humaine comme ce livre qui y arrive complètement. De la folie nazie de Magda, ses obsessions, son mal être, on passe à la volonté de survie, d’exister de Friedländer dans ses lettres pour ne jamais oublier. Ces paroles qui s’impriment et vous remuent les tripes en les lisant.

Comme dans une enquête, on suit les trajectoires de ces hommes ballotés par l’histoire et on s’attache à leurs pas. Magda Goebbels est finalement, un personnage secondaire après avoir été la grande dame du Reich, elle attend la fin dans ce bunker sordide. Seul, le sort de ses enfants est touchant, victimes de la monstruosité de leurs parents.

Un livre glaçant, émouvant à lire pour entendre les voix et le chant d’amour de Friedländer, sentir la présence d’Ava, Judah, Fela pour ne jamais oublier. Un 1er roman virtuose dont vous n’avez pas fini d’entendre parler. Donc ouvrez les pages de ce roman, accompagnez ces êtres tellement humains comme vous et moi qui se sont battus jusqu’au bout pour exister et vivre.