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Il y a des livres comme ça, vous seriez passé à côté et puis le hasard fait bien les choses, je l’ai lu depuis un moment avril pour être précise. Et puis, la vie, le temps qui passe, les imprévus ont fait que je n’avais pas encore pu vous en parler avant. Mais comme il reste un excellent souvenir de lecture, j’ai décidé même si c’est avec beaucoup de retard de vous en parler, parce que mine de rien, il est toujours présent dans ma mémoire et qu’il a été une belle découverte.

Léo est une chanteuse à fleur de peau, à la veille d’une grande tournée et au cœur d’un marathon de promo quand on la découvre au début du livre. Elle présente sa vie, de manière très ironique,  sans fioriture. Le recul, le désespoir de l’artiste sont présentés de manière criante par l’auteur.

Au départ, elle parait un peu antipathique même si le lecteur comprend rapidement qu’elle se bat avec elle-même, qu’il y a autre chose derrière la mécanique bien huilée et « la star » qu’on nous décrit. Puis, au fil des pages, on la découvre peu à peu et on apprécie de cheminer avec elle. Loin des sentiers battus, l’auteur réussit à faire exister cet univers de fausses paillettes, d’apparence où tout est en toc, les sourires comme les amitiés la plupart du temps. Elle nous donne à voir à travers le regard du personnage principal, lucide et désabusé ce monde qui du coup ne fait plus du tout rêver.  Si tenté qu’il vous ait fait rêver un jour ce qui n’est pas le cas pour ma part.

L’auteur dresse un portrait de cette femme avec parfois des descriptions qui ne la montre pas toujours à son avantage, parfois dure, glaciale mais aussi plus fragile quand elle pense à son passé, à l’absence qui la ronge. Elle est très lucide sur sa vie et son entourage, elle est parfois agaçante quand elle s’adresse et qu’elle est horrible avec son assistante qui ne sait pas quoi faire pour lui faire plaisir. De même, elle est dans une fausse complicité avec son producteur, dont elle n’est pas dupe.

 Personnage double à la fois à l’ironie mordante, machine à promo hyper professionnelle à l’extérieur mais cette image se lézarde au fur et à mesure. Et c’est ce que j’ai aimé, ces fissures, ces blessures, cette dévastation intime que Léo ne montre pas mais qu’on découvre au fil de ses pensées.

En contrepoint au strass et aux paillettes, la douleur intime, la solitude, la drogue et la vie marginale d’Alban, le reflet inversé de Léo est aussi décrit. Son autodestruction, son envie de liberté, son amitié sans faille et sincère avec Léo malgré leur mode de vie et leur éloignement social sont un des fils conducteurs du récit. Ces quelques amis proches qui restent un repère, un point d’ancrage du passé pour l’artiste même si parfois elle préférerait oublier. J’ai aimé l’ambivalence du personnage, avec sa vision lucide, grinçante parfois et ses pensées intimes plus touchantes sur sa place, ses choix de vie. Et j’ai adoré la fin du roman.

Avec une écriture forte, précise, quasi chirurgicale, l’auteur captive et nous fait tomber dans la toile de Léo et finalement s’attacher à la femme derrière la star. C’est toujours émouvant de découvrir un 1e roman car on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est comme d’ouvrir un cadeau et celui là est rudement beau.

Donc laissez vous embarquer dans la toile des mots de Marinette Levy et ouvrez trop de lumière.