une histoireLe roman nous conte l’histoire de 2 hommes :Jodelle et Louis.Le 1er est le grand patron adoré par ses employés d’une usine d’implants mammaires qui fraude à tour de bras.Le 2e est un journaliste littéraire qui essaye d’écrire un roman et n’y arrive pas et se retrouve empêtré dans une relation toxique avec Eudoxie une jeune rwandaise qui le tyrannise dans sa vie privée.

Jodelle est auréolé de sa suffisance, de son amour pour la grande littérature, il joue de ses origines modestes et de la gloire de son grand père, il a mis en place un système social excellent pour ses employés en échange de leur complicité.

On suit le destin de ce patron Jodelle qui a embarqué tous ses employés dans cette fraude dangereuse pour la santé, à coup de promotions, avantages, mise en scène de leurs vies dans l'entreprise. Il revendique la défense des salariés, un côté littéraire qui le pousse à envoyer chaque jour de la poésie à ses subordonés. Il ne se préoccupe pas de ses victimes, des doléances des commerciaux ou des appels qui signalent les soucis de santé des femmes. C’est ce qui est glaçant par moment, cette impression de grande mascarade, de foire qui fait que les employés lors de cérémonie accepte cela, où chacun de la directrice commerciale aux trempeuses a un rôle dans cette sombre histoire. La question de la responsabilité, du collectif est posé à travers ce récit sous couvert de la fiction.

Louis est paumé entre sa nouvelle maitresse qui veut un enfant, ses enfants d’un premier lit, son chômage longue durée et il essaye de redorer son image. Il accepte de travailler dans l’usine de Jodelle qu’il a connu sur les bancs du lycée pour retrouver une place. Il se retrouve confronté à un choix éthique lui qui doit répondre aux injonctions de sécurité, sa solitude, sa conscience en font parfois un personnage touchant mais souvent on a envie de le secouer, de lui dire d’arrêter de se regarder et d’agir.

Le ton est noir, ironique, très second degré pour décrire le système, les employés de l'usine et les prétentions de Jodelle, les tourments de Louis et de sa vie de couple, son racisme inconscient, sa volonté d’ouverture et sa passion dévorante pour Eudoxie. L’auteur utilise des évènements réels pour faire réfléchir et montrer les égos de ses personnages et de notre société dominée par le paraitre, l’argent, le besoin d’être heureux sans penser aux conséquences, en faisant des compromissions. Les nombreuses références à la littérature émaillent le récit et les chapitres se lisent rapidement.

J'ai bien aimé ce livre, même s'il n'est pas un coup de coeur. Il est méchamment drôle et ironique sur un fait divers glaçant. La démesure du personnage de Jodelle, les atermoiements de Louis vis à vis d'Eudoxie, de son travail, sont parfois agaçants et il y a quelques longueurs. Mais l'humour noir et la dénonciation de la corruption, de la lâcheté sont bien présents avec un parti pris original de l'auteur que vous allez soit aimer ou détester.