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Le poids de la neige est un huis clos étouffant québécois face à la neige. Les 2 protagonistes sont coincés dans une véranda cernée par la neige et ravitaillée par quelques personnes du village voisin: Maria la belle vétérinaire, Joseph. Tous deux aimeraient être loin, Mathias le vieil homme de passage qui veut à tout prix rejoindre la ville mais qui a fait un pacte et promis de s’occuper du jeune homme en attendant le dégel.

Chacun a ses motivations, ses ombres, son passé, on les découvre peu à peu, à la fois amis et ennemis, dépendants l’un de l’autre. Les sensations autour de la neige, de la douleur, du sentiment d’être prisonnier d’un destin, d’une fatalité sont bien retranscrites. On découvre aussi le passé du village, la vie d’autrefois à travers les récits de Mathias, de sa vie d’avant la cabane. L’autre protagoniste, ce jeune homme échoué est au départ énigmatique et se dévoile, on comprend les raisons qu’il avait d’être à proximité du village. La neige est un personnage à part entière dont on mesure la hauteur et qui influe sur la vie des personnages principaux et du village coupé du monde.

Comme dans un vieux film, un polar à l’ancienne une atmosphère s’installe d’abord lente, puis plus rapide avec la chronique du village et qui questionne, combien de temps vont-ils tenir ? Que se passe t il au village ? Dans la forêt ? le jeune va-t-il se remettre ? Mathias va-t-il pouvoir retourner en ville?

Réflexion sur la vie, la dépendance, le progrès, l’entraide, la solidarité, les secrets au travers des morceaux de vie des personnages qui se déroulent sous nos yeux. Que sommes-nous prêts à faire pour rester en vie ? Jusqu’où aller ? Comment faire face à la violence de la nature ? Des hommes ?

Avec des ambiances de fin du monde, de film d’horreur, une écriture très précise et littéraire avec les références à des classiques, à la mythologie, on assiste à ce drôle de couple et ce temps qui se dilate même pour le lecteur. Un moment de vie singulier au fil des pages et à travers les différentes parties du roman. La psychologie des personnages est intéressante à suivre, ils sont complexes tantôt attendrissants, impitoyables, inflexibles, faillibles.

La nature est aussi là dans toute sa beauté et sa dangerosité, comme cette maison à la fois abri, tombeau, prison et espoir. L’écriture de l’auteur évolue passe de longs passages descriptifs à des scènes d’actions, de la solitude à la prise en compte du reste du village.

J’ai apprécié de vivre cet hiver au fond de la campagne québécoise et de me demander comment ça allait finir, m’interroger comme les personnages sur cet hiver sans fin. Une belle réussite que ce huis clos, cette survie en milieu hostile que je vous invite fortement à découvrir.