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Ce roman est assez étonnant, il parle de l’histoire d’un quartier de Berlin Prenzlauer Berg et de ses habitants dont la vie est bouleversée par une grand-mère vietnamienne Hiên qui leur fait découvrir sa culture lors d’une journée à l’école primaire avec son petit fils Minh. 

A partir de là, l’auteur retranscrit pour nous Berlin, mais aussi le Vietnam et les habitants de ce quartier, qui s’ouvrent peu à peu à une autre culture celle de l’Asie.

 On découvre l’histoire des grands- parents Gâm et Hiên, puis de leur fils Sung et de sa femme Mây. Les personnages des institutrices comme Jana, Undine qui font souffler un vent de folie et utilisent les marionnettes, la mode vietnamienne pour diffuser leurs idées. Retour sur un passé proche du XX e siècle, la guerre du Vietnam, la guerre froide avec poésie, conviction et une belle galerie de personnages.

Peu à peu à travers cet évènement banal, la découverte de la culture vietnamienne avec les marionnettes amenées par Hiên, le quartier va découvrir sa population vietnamienne, ses coutumes, sa nourriture, son histoire et sa langue. Des fils vont se tisser entre les habitants qui vont commencer à voir leur quartier autrement et à le rendre vivant en s’inspirant des traditions vietnamiennes, en se libérant du carcan des bâtiments héritiers de la grisaille de Berlin Est.

D’évènement en évènement comme un tsunami, chaque habitant, du directeur, à l’institutrice, des hommes de la mairie, à un photographe japonais, un vent de folie et de bienveillance souffle sur le quartier.

L’auteur évoque aussi l’importance de l’histoire, le communisme, le mur , les conditions de vie miséreuses aussi de certains vietnamiens , le racisme ordinaire mais par petites touches. Elle dresse une sorte de fable, de conte avec ses codes, ses esprits, ses ressorts.

Et le lecteur se laisse aussi gagner par cette folie, cette ambiance, ce quartier qui devient lui-même un personnage à part entière où il fait bon vivre. Peu à peu elle fait un tableau cosmopolite de ce quartier qui devient ouvert, agréable, coloré et qui intègre des éléments de la culture vietnamienne. On passe d’un destin à l’autre avec en point de mire, le phare de la boutique de Sung qui fait vivre le quartier, lieu de passage, de rencontres des différents personnages.

Réflexion sur l’identité, le passé et le poids de l’histoire, un joli bijou à lire et à mettre dans toute les mains et vous n’oublierez pas le magasin de Sung.