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Hommage à la littérature, aux mots, l’auteur nous délivre sa vision, de son métier de son rapport boulimique à la lecture, l’écriture depuis son plus jeune âge.

Bel hymne aussi à travers ses anecdotes à sa famille, notamment à sa mère qui l’emmène pour la 1ere fois en librairie, à son père. Questionnement sur les doutes, les petits boulots pour pouvoir écrire à Budapest, réaliser cette passion. Elle s’interroge sur la légitimité de faire autant de sacrifices pour avoir son livre en rayon. J’ai apprécié ce témoignage sans fioriture, qui alterne différentes périodes comme dans une conversation. Sa lecture est à la fois touchante, agréable, tendre notamment à l’évocation de ses grands parents.

D’une plume vive et agréable, l’auteur nous raconte son histoire et on la recueille comme un confident, un lien qui se tisse à travers les mots, le seul défaut de ce livre, le faible nombre de pages. J’aurais aimé voyager un peu plus avec l’auteur dans ses pensées.

Une jolie surprise foncez découvrir cet intermède littéraire et une spéciale dédicace à tous les amoureux des mots.

Quelques phrases au vol :

"Parce que nous avions les livres et que dans les livres les phrases étaient éternelles, noires sur blanc, solides, crédibles- elles n'étaient pas en l'air, elles ne venaient pas de n'importe qui, elles avaient été polies, ordonnées, réfléchies, par des individus précis, attentifs, et elles nous livraient le monde entier, le monde accéléré, perfectionné, lavé de ses scories, sans temps mort, un cours d'eau pur et bondissant, un monde dans lequel nous pouvions nous échapper chaque fois que le monde réel cessait d'être intéressant, ce qui arrivait beaucoup trop souvent quand quelqu'un venait nous parler. Et cette leçon là était une grande leçon aussi, pour quelqu'un qui voulait devenir écrivain »

« Quand j’ai peur d’être seule, quand je doute de finir un texte, que je me sens en danger, je reviens toujours à la jeune fille que j’ai été à Budapest, il y a dix ans, qui travaillait sans se soucier de rien sinon des livres à lire et à écrire, et dont personne d’autre que moi ne peut avoir le moindre souvenir. »

« Mes deux parents croyaient aux livres, ils croyaient à la solitude, à la vie intérieure, à la patience,  à la chance, ils croyaient aux bienfaits d’une planche de bois solidement fixée dans une alcôve de ma chambre sur laquelle poser ma machine à écrire, au fond,peut-être même qu’ils aimaient le bruit que faisait la machine électrique quand elle mitraillait d’un seul coup la phrase que je venais d’inscrire dans l’écran minuscule au-dessus des touches. »